22 juin 2026 - Un jeune Palestinien tenant un ballon au milieu des ruines du stade du Khan Yunis Services Club, où un campement de tentes pour personnes déplacées a été installé dans le sud de la bande de Gaza. Les Palestiniens déplacés vivent dans des conditions désastreuses dans ce campement de tentes situé en face du terrain de sport et autour des installations endommagées du club, l’un des principaux clubs sportifs du sud de Gaza. Selon les données sportives locales, 265 installations sportives de la bande de Gaza ont été endommagées ou détruites depuis le début du génocide perpétré par Israël contre Gaza, dont 184 ont été entièrement détruites. Selon les Nations unies, 92 % des habitations de la bande de Gaza ont été détruites ou endommagées à la suite des attaques israéliennes. Près de 90 % de la population de Gaza a été déplacée au moins une fois depuis le 7 octobre 2023, la plupart ayant perdu leur logement ou étant dans l’impossibilité d’y retourner - Photo : Doaa Albaz / Activestills
Par Garsha Vazirian
Les vols de terres par Israël et l’implantation d’une nouvelle base militaire américaine ne font que consolider, en temps réel, le cadre colonial mis en place par Trump.
Près de la colonie de Reim, des sous-traitants militaires américains s’affairent à couler les fondations d’un centre de commandement de 350 acres pouvant accueillir 5000 personnes, selon Israel Hayom.
Ce complexe constitue l’infrastructure physique de ce que Washington qualifie d’« initiative de stabilisation », masquant ainsi un projet colonial plus vaste visant à une recolonisation permanente.
Remplaçant l’installation abandonnée après la récente campagne d’agression contre l’Iran, il est le pilier du projet immobilier de Donald Trump visant à déplacer plus de deux millions de Palestiniens et à construire une enclave d’affaires surnommée « la Riviera du Moyen-Orient ».
Les mécanismes d’une annexion rampante
Cette construction reflète une stratégie d’expansion territoriale discrètement menée.
À la suite d’informations diffusées par Channel 13, l’administration Trump a déconseillé le lancement d’une nouvelle attaque de grande envergure afin d’éviter des frictions diplomatiques, ce qui a conduit à une annexion rampante sur le terrain.
Depuis le prétendu « cessez-le-feu » d’octobre 2025, le contrôle militaire israélien à l’intérieur de Gaza s’est étendu, passant de 53 % à environ 59 %.
Cette ingénierie géographique est confirmée par une enquête d’Al Jazeera, qui révèle qu’Israël s’est emparé d’environ 1000 kilomètres carrés de zones militaires à travers Gaza, le sud du Liban et le sud de la Syrie.
Dans le nord de Gaza seulement, le régime a annexé 54,7 % du territoire. En l’absence de véritable victoire sur le champ de bataille, Tel-Aviv a substitué au succès militaire un vol permanent de terres afin de satisfaire les exigences nationales en matière de conquête.
Atrocités sous un cessez-le-feu de pure forme
Cette expansion territoriale repose sur l’application violente d’un cessez-le-feu des plus frauduleux.
Alors que les organisations palestiniennes ont respecté leurs obligations concernant les prisonniers, Israël a profité de cette période pour consolider ses avant-postes et mener des campagnes quotidiennes d’usure.
Depuis octobre 2025, les attaques israéliennes ont tué environ 1000 Palestiniens et en ont blessé plus de 3100 autres.
Les exactions se poursuivent sans pitié. Le 16 juin, les forces israéliennes ont fait exploser des quartiers résidentiels entiers au nord-ouest de Beit Lahia, empêchant ainsi le retour des familles déplacées.
Le même jour, des tirs de snipers ont visé des civils dans le quartier d’Al-Atatra et blessé un enfant à l’intérieur de la zone de sécurité d’Al-Mawasi.
Cette guerre psychologique est illustrée par l’assassinat, le 14 juin, de l’enfant Rayyan Abu al-Ajin à Deir al-Balah, qui a reçu une balle directement dans l’œil ; son corps a ensuite été enlevé par les troupes israéliennes pendant plusieurs heures avant d’être rendu à son père blessé.
Effacement médico-légal et la génération silencieuse
Alors que les chiffres officiels dépassent les 73 000 morts, des modèles démographiques indépendants tenant compte de la famine forcée et de l’effondrement du système de santé suggèrent que le bilan réel pourrait être supérieur de plus de 700 %.
Le Comité international de la Croix-Rouge signale que jusqu’à 14 000 corps non identifiés restent ensevelis sous 61 millions de tonnes de décombres toxiques.
En bloquant l’accès aux pelleteuses et aux réactifs ADN, l’occupant laisse ces corps se décomposer, effaçant délibérément les preuves du génocide.
Parallèlement, des ondes de choc dévastatrices ont laissé 40 000 enfants souffrant d’une perte auditive profonde, coupés des bruits annonçant l’approche des menaces militaires, tandis que le blocus en cours empêche l’entrée des importations de matériel médical.
Rejeter le piège du désarmement
Face à ce tableau de dévastation totale, les puissances occidentales et leurs alliés exigent que la résistance démantèle ses seuls moyens d’autodéfense.
Le 13 juin, à l’issue de réunions intenses au Caire aux côtés de médiateurs régionaux, le Hamas a livré une réponse unifiée à la feuille de route diplomatique proposée par le soi-disant « Conseil de la paix ».
S’exprimant au nom de l’ensemble des groupes de résistance palestiniens unifiés, c’est-à-dire l’ensemble des organisations politiques et militaires combattant sur le terrain, les dirigeants ont établi une position nationale inaliénable : la phase initiale de l’accord de cessez-le-feu, connue sous le nom de « Phase 1 », doit être pleinement mise en œuvre avant que toute future négociation sur la sécurité puisse même commencer.
Pour les Palestiniens, la phase 1 constitue la condition minimale de leur survie.
Cette phase initiale impose strictement la cessation totale de l’agression israélienne, l’acheminement sans entrave d’une aide humanitaire massive et le retrait militaire complet d’Israël de toutes les zones peuplées, y compris le couloir stratégique de Netzarim qui divise actuellement la bande de Gaza en deux.
Aujourd’hui, Washington et Tel-Aviv tentent une manœuvre diplomatique de « leurre et substitution » en exigeant la « Phase 2 », c’est-à-dire le désarmement de la résistance, alors même que les troupes israéliennes occupent toujours le territoire.
Le « Conseil de la paix » fait office d’instrument de pacification impérialiste, transformant en arme les fonds essentiels à la reconstruction au moyen de règles discriminatoires telles que l’article 17, qui stipule que l’aide ne sera acheminée que vers les quartiers se soumettant au contrôle militaire absolu d’Israël.
C’est là le piège ultime : exiger que les victimes déposent les armes tandis que l’agresseur construit des forteresses de béton permanentes à leurs frontières.
L’histoire démontre qu’aucun mouvement de libération nationale légitime n’a jamais volontairement renoncé à ses armes défensives alors que des forces étrangères occupaient son sol souverain.
En résistant fermement à cette pression, la résistance unifiée met à nu la supercherie fondamentale d’un processus de paix conçu pour imposer une capitulation silencieuse et bâtir une colonie de grandes entreprises sur les tombes des Palestiniens.
Auteur : Garsha Vazirian
* Garsha Vazirian est contributeur au Tehran Times.
17 juin 2026 – Tehran Times – Traduction : Chronique de Palestine

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