23 juin 2026 - Des habitants palestiniens réagissent alors que les forces israéliennes d'occupation démolissent leur maison dans le village de Qilqis, au sud de la ville d’Hébron (Al-Khalil), en Cisjordanie. La maison appartenait à Saud Al-Atrash et abritait une famille de dix personnes. Cette démolition, menée sous prétexte d’une construction dans la zone C sans permis délivré par l'occupant, les laisse sans abri - Photo : Mosab Shawer / Activestills
Par Zahid Hussain
L’aspect le plus effroyable du génocide qui se déroule actuellement à Gaza — relégué au second plan par le conflit entre les États-Unis et l’Iran — est le fait que les forces de sécurité israéliennes prennent délibérément pour cible des enfants palestiniens.
Plus de 60 000 enfants palestiniens auraient été tués ou blessés par les forces sionistes dans l’enclave au cours des 32 derniers mois, et le génocide se poursuit malgré le cessez-le-feu. Selon l’Unicef, un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque jour depuis le début de la trêve en octobre dernier.
On peut affirmer qu’il n’existe aucun cas comparable de génocide contre des enfants dans l’histoire connue.
Un rapport publié la semaine dernière par la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël — composée de trois membres et mise en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies — fournit de nouveaux détails poignants.
Il documente les graves préjudices physiques et psychologiques infligés aux enfants palestiniens par les forces de sécurité israéliennes depuis le 7 octobre 2023, ayant entraîné la mort d’au moins 20 179 enfants et blessé 44 143 autres.
Nations Unies : Israël enfin sur la liste noire des tueurs d’enfants
La Commission a examiné comment les conditions de vie imposées par Israël à Gaza « entraînent une mortalité infantile évitable ».
Des blessures physiques et mentales graves, des traumatismes de masse, l’orphelinage, la séparation, le handicap, les déplacements répétés, la famine et l’effondrement des systèmes éducatif et sanitaire ont anéanti l’enfance à Gaza, selon l’une des conclusions du rapport. Cette situation continuera de marquer les enfants du territoire pour le reste de leur vie.
« En prenant pour cible les enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir », a déclaré le juge indien Srinivasan Muralidhar, qui préside l’enquête.
Israël, ajoute le rapport, « sape les fondements de la société palestinienne [et] affaiblit la vitalité démographique… ». Cela a provoqué une « grave crise des orphelins », et les jeunes blessés « sont confrontés à un handicap à vie » — ce qui constitue désormais « une réalité démographique déterminante » parmi les enfants de Gaza.
Le siège « a directement compromis la santé reproductive et néonatale », tandis que l’effondrement des programmes de santé publique a « sapé les conditions nécessaires à une génération future en bonne santé ».
Pourtant, aucune sanction n’est infligée au pays qui commet ces crimes de guerre. Le silence criminel du soi-disant monde occidental « civilisé » et l’apathie des gouvernements des pays environnants ont permis à l’État sioniste de bénéficier d’une impunité totale, et malgré le soi-disant cessez-le-feu, environ 300 enfants de plus ont été tués sur ce territoire — dont la majeure partie reste sous contrôle israélien.
L’Unicef a indiqué que des enfants ont été « abattus, bombardés et touchés par des drones, tués dans des tentes, dans des écoles et alors qu’ils jouaient au football ou pêchaient ».
Israël a anéanti toute une jeune génération palestinienne.
Au-delà de Gaza, le tableau est tout aussi sombre. La Commission a constaté une forte recrudescence des violences commises par les colons israéliens à l’encontre d’enfants palestiniens en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
Elle a noté que « les autorités et les forces de sécurité israéliennes ont délibérément pris pour cible des enfants palestiniens, ce qui a entraîné un génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans la bande de Gaza, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie ».
Le rapport expose le fait que des enfants de Gaza et de Cisjordanie — en particulier des adolescents de sexe masculin — ont été « arrêtés, torturés et maltraités dans les prisons et les centres de détention israéliens », et recense « des cas de violences sexuelles et de genre visant des enfants palestiniens, souvent lors d’arrestations ou en détention ».
Il accuse Israël d’utiliser la famine comme arme de guerre et met en garde contre le fait que les restrictions imposées à l’aide humanitaire ont « entraîné une malnutrition aiguë et chronique chez les enfants de Gaza, privant ces derniers des conditions élémentaires nécessaires à leur survie ».
Le rapport cite nommément des divisions, brigades et unités israéliennes spécifiques qui pourraient être responsables du meurtre d’enfants lors d’incidents recensés à Gaza et en Cisjordanie.
Comme l’a détaillé une organisation israélienne de défense des droits de l’homme dans son récent rapport, « Unshielded Childhood » [Une enfance sans protection], les meurtres généralisés et sans précédent d’enfants et d’adolescents palestiniens en Cisjordanie sont le résultat d’une politique plus large menée par Israël consistant à tuer des Palestiniens en toute impunité.
La complicité américaine dans la guerre génocidaire menée par Israël contre les enfants palestiniens est tout aussi évidente. Sans surprise, le Département d’État s’est rallié à Israël pour rejeter le rapport de l’ONU, le qualifiant de partial.
L’administration Trump a maintenu sa politique de soutien militaire et diplomatique inconditionnel à Israël — ne se contentant pas de couvrir les crimes de guerre de l’État sioniste, mais les encourageant activement.
La réaction de certains pays occidentaux face à ce rapport a également été apathique, certains semblant même sceptiques.
La Cour internationale de justice examine déjà une plainte déposée par l’Afrique du Sud, soutenue par 65 autres pays en vertu de la Convention de 1948 sur le génocide, accusant Israël d’actes visant à détruire le peuple palestinien à Gaza.
En janvier 2024, la CIJ a ordonné à Israël de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour empêcher le génocide et autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Une ordonnance complémentaire rendue en mars 2024 exigeait l’acheminement sans entrave de nourriture, d’eau, d’électricité, de carburant et de fournitures médicales.
La CIJ a jugé plausible que le droit d’être protégé contre le génocide soit menacé. Les déclarations de hauts responsables israéliens — qualifiant les Palestiniens d’« animaux humains », exigeant que Gaza soit « rasée » et menaçant de les affamer — ont été jugées suffisantes pour engager des poursuites contre Israël en vertu de la Convention sur le génocide.
Israël souhaite que l’affaire soit classée sans suite, arguant que le litige porte sur un conflit armé et non sur un génocide. Les États-Unis, qui contestent souvent l’autorité de la CIJ, soutiennent la position d’Israël.
Le dernier rapport de l’ONU sur les assassinats ciblés d’enfants palestiniens renforce ce qui semble être l’intention génocidaire d’Israël. Ce qui se passe à Gaza et dans les autres territoires palestiniens occupés rappelle à beaucoup l’Holocauste. Pourtant, le génocide des enfants palestiniens est perpétré par ceux qui se disent les descendants des victimes de cette même tragédie.
Les États-Unis et d’autres pays occidentaux ne sont pas moins responsables du génocide en cours contre les enfants de Gaza.
Comme l’a souligné la Commission des Nations unies, en prenant pour cible les enfants, Israël « sape les fondements de la société palestinienne, affaiblit la vitalité démographique et la capacité globale du peuple palestinien à préserver et à exercer son droit à déterminer son avenir en tant que peuple ».
Le monde entend-il les cris des mères et des enfants palestiniens ?
Auteur : Zahid Hussain
* Zahid Hussain est un journaliste et auteur primé. Il a été chercheur au Woodrow Wilson Center et est actuellement chercheur invité au Wolfson College de l'université de Cambridge, ainsi qu'au Stimson Center à Washington.
1e juillet 2026 – Dawn – Traduction : Chronique de Palestine

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