Les Israéliens font de Gaza un « camp de la mort »

28 juin 2026 - Au complexe médical Al-Shifa de Gaza, des Palestiniens pleurent la mort de deux victimes, tuées lors d’une frappe israélienne par drone visant un groupe de personnes dans la région d’Al-Salatin, à l’ouest de Beit Lahia. Selon le ministère de la Santé de Gaza, les forces israéliennes ont assassiné 1031 Palestiniens et en ont blessé 3309 autres depuis le soi-disant « cessez-le-feu » d’octobre dernier - Photo : Yousef Zaanoun / Activestills

Par EuroMed Monitor

Israël légitime et met en œuvre un schéma systématique de siège géographique de Gaza, qui va au-delà d’un blocus total pour inclure un confinement interne forcé. Cela enferme les Palestiniens dans une zone restreinte et dévastée, dans des conditions plus difficiles et de surpeuplement plus intense que celles qui régnaient dans l’enclave de Srebrenica avant sa chute en 1995, lorsque le génocide a eu lieu.

Le génocide de Srebrenica constitue un avertissement historique clair quant aux conséquences mortelles du siège imposé à des civils et de la privation de protection et de moyens de subsistance, en particulier lorsque ces actions s’inscrivent dans un comportement systématique constituant un élément central d’un génocide en cours, comme on le constate à Gaza.

À la veille de la chute de Srebrenica en 1995, près de 40 000 personnes étaient assiégées sur une superficie d’environ 150 km². Aujourd’hui, pour la plupart des quelque 2,1 millions d’habitants de Gaza, la zone habitable restante s’est réduite à à peine 128 km².

Sur le plan géographique et démographique, Gaza se limite désormais à une superficie inférieure d’environ 15 % à celle de Srebrenica, mais avec une population plus de 50 fois plus importante et une densité de population environ 60 fois supérieure, le tout au milieu des décombres, des déchets et d’un manque criant de conditions de vie élémentaires.

Israël modifie le paysage démographique et militaire de la bande de Gaza en renforçant son contrôle de facto et en imposant de sévères restrictions sur environ 65 % de l’enclave.

Cette action prive plus de deux millions d’habitants de ressources essentielles, les empêche de regagner leurs terres et leurs foyers, et transforme de vastes parties de Gaza en zones interdites placées sous contrôle militaire israélien. Ces mesures équivalent de fait à une annexion illégale et à une saisie de terres.

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L’annonce par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l’extension du contrôle militaire à plus de 70 % de Gaza met en évidence l’objectif de poursuivre le colonialisme de peuplement et d’expulser les Palestiniens autochtones de la région, car ce plan ne laisserait qu’environ 109 km² aux habitants.

Si cela se produit, la superficie par habitant de l’espace restant passerait à environ 52 m², et la densité de population s’élèverait à environ 19 300 personnes par km², soit environ 72 fois plus que la densité enregistrée à Srebrenica en 1995.

Bien que les chiffres relatifs à la densité de population soient alarmants, ils ne reflètent pas pleinement la dure réalité de la surpopulation étouffante à laquelle sont confrontés les habitants de la bande de Gaza.

Une grande partie des terres restantes a été délibérément rendue inhabitable par une destruction systématique. Cette zone est submergée par d’énormes quantités de décombres provenant de maisons et d’infrastructures civiles. Elle est jonchée d’infrastructures détruites et de routes bloquées, ce qui entrave les déplacements, l’accès aux services et les efforts humanitaires.

De plus, les déchets, les vestiges de la guerre, la contamination des sources d’eau, l’effondrement des réseaux d’assainissement et les terrains à ciel ouvert, dépourvus d’abris ou de sites d’accueil sûrs, aggravent encore la situation.

Outre cette surpopulation extrême, la plupart des habitants vivent soit dans des tentes usées, qui n’offrent aucune protection contre la chaleur estivale, le froid hivernal ou la pluie, soit dans des maisons fortement endommagées qui pourraient s’effondrer à tout moment.

Ces structures sont menacées par les bombardements israéliens incessants ou par les éléments naturels tels que le vent et la pluie.

Cette situation fait peser de nombreux risques sur des centaines de milliers de familles, tels que l’effondrement de bâtiments sur les habitants, des incendies dans des camps de tentes surpeuplés et la propagation de maladies due au manque d’assainissement, à une mauvaise ventilation et à l’absence d’eau potable.

Elle les prive également d’intimité et de sécurité, ce qui affecte particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgées, car il n’existe aucune solution de logement sûre qui permettrait aux habitants d’échapper à cette surpopulation extrême.

Les habitants de la bande de Gaza sont confrontés à une réalité qui les soumet délibérément à des conditions visant à affaiblir la population palestinienne, que ce soit partiellement ou totalement.

Cela inclut des mesures telles que la déportation ou le transfert forcé, accompagnées d’efforts visant à légitimer et à promouvoir ce déplacement sur la scène internationale sous des termes trompeurs tels que « liberté de circulation » ou « émigration volontaire ».

Les meurtres incessants, les opérations militaires, le siège et le refus de fournir une alimentation suffisante illustrent des actions systématiques qui sapent la vie des civils.

Parmi celles-ci figurent la destruction généralisée des infrastructures civiles, le refus effectif du retour, la saisie militaire de vastes étendues de terres, les restrictions d’accès aux services médicaux, sanitaires et éducatifs, l’entrave à la reconstruction, ainsi que le fait de contraindre les habitants à s’installer dans des zones dépourvues des moyens de subsistance élémentaires.

Collectivement, ces pratiques transforment tout choix en une conséquence de la coercition physique et psychologique exercée par les autorités israéliennes. Tout départ d’habitants de la bande de Gaza dans ces conditions ne peut donc être considéré comme volontaire, mais relève du déplacement forcé, qui est interdit par le droit international.

Les tentatives de transfert forcé de la population s’inscrivent dans le prolongement direct de l’approche coloniale de peuplement d’Israël, qui perdure depuis des décennies et repose sur des politiques visant à effacer l’histoire, l’espace et la démographie palestiniens, parallèlement à l’accaparement systématique des terres.

Cette phase se caractérise par son rythme rapide et son ampleur considérable, visant à toucher plus de deux millions de personnes victimes d’un génocide en cours. Ces personnes sont privées de protection juridique et de moyens de survie élémentaires depuis près de trois ans.

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Ces mesures coercitives systématiques, ainsi que la déshumanisation qu’elles entraînent, sont délibérément conçues pour contraindre les habitants à un choix cornélien : soit faire face à l’extermination physique, soit être chassés de leur patrie.

Il ne s’agit pas d’une décision volontaire, mais d’une condition obligatoire pour survivre, ce qui fait de la situation dans la bande de Gaza un exemple bien documenté de déportation massive et de transfert forcé dans l’histoire juridique moderne.

La communauté internationale et tous les États doivent s’opposer sans équivoque à tout projet visant à dépeupler Gaza ou à forcer ses habitants à partir en utilisant des termes trompeurs tels que « émigration volontaire » ou « liberté de circulation ». De tels mouvements de population, dépourvus d’options sûres et soumis à une pression physique et psychologique constante, ne sont pas véritablement volontaires, mais constituent des crimes de déplacement forcé.

Ceux-ci sont interdits par la quatrième Convention de Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Lorsque cet acte se produit dans le cadre d’un génocide en cours, il engage la responsabilité de tous les États de prévenir et de mettre fin à ce crime, d’éviter de reconnaître toute situation illégale qui en résulte, de s’abstenir d’aider ou de soutenir sa poursuite, et de collaborer pour y mettre un terme et veiller à ce que les responsables soient traduits en justice.

Tous les États doivent mettre en œuvre des mesures punitives rapides et efficaces à l’encontre d’Israël, au lieu de se contenter de publier des déclarations de condamnation ou de lancer des appels généraux.

Cela implique notamment d’appliquer des sanctions diplomatiques, économiques et militaires ; de suspendre tout accord, privilège ou coopération permettant la poursuite des crimes ou leur fournissant une couverture politique ; d’imposer un embargo complet sur la fourniture, le transfert, l’achat ou l’importation d’armes, de munitions, d’équipements et de technologies militaires et de sécurité ; de geler les avoirs des responsables israéliens impliqués ; et de leur imposer des interdictions de déplacement.

Le fait de maintenir des relations normales avec un État qui commet un génocide et des déplacements forcés, ou de lui fournir un soutien en armes, politique et économique, peut être considéré comme une contribution à la situation illégale en cours. Cela peut également constituer une violation des obligations des États de prévenir et de mettre fin à ce crime, ainsi que d’éviter de l’encourager ou d’y contribuer.

La communauté internationale doit agir rapidement et de manière décisive pour démanteler le système illégal de contrôle, de détention et d’apartheid exercé par Israël sur les Palestiniens, y compris ceux de la bande de Gaza. Cela implique d’imposer la fin immédiate de sa présence militaire ; de supprimer les barrières, les zones tampons et les zones d’accès restreint qui réduisent la superficie de la bande de Gaza et entravent l’accès des résidents ; et de garantir le retour rapide et inconditionnel des personnes déplacées dans leurs foyers d’origine.

Ces mesures sont essentielles pour empêcher l’annexion de facto, le colonialisme de peuplement et le déplacement forcé des Palestiniens.

Euro-Med Human Rights Monitor appelle à une action internationale immédiate pour lever le blocus illégal imposé à Gaza et garantir un accès humanitaire sûr et durable. Cela implique notamment l’ouverture de couloirs humanitaires supervisés par l’ONU afin de permettre la libre circulation de denrées alimentaires, de médicaments, de carburant, de matériel médical et de matériaux de construction d’abris, sans restrictions arbitraires.

Le déploiement d’observateurs internationaux indépendants est essentiel pour vérifier le respect de ces mesures et garantir que l’aide et les services essentiels ne soient pas utilisés comme instruments de génocide.

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En outre, les donateurs, les États et les organisations internationales doivent aller au-delà de la simple gestion de la catastrophe par le biais d’une aide d’urgence temporaire.

Ils doivent agir immédiatement pour offrir aux habitants des solutions d’hébergement sûres et dignes, notamment en autorisant l’entrée sans restriction des matériaux de construction et des fournitures essentielles, et en réparant de toute urgence les établissements de santé, les réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi que les infrastructures vitales.

Il ne peut y avoir de véritable voie vers la reconstruction sans la levée du blocus, la fin des restrictions israéliennes sur l’entrée de matériaux et d’équipements, la garantie que les habitants puissent retourner dans leurs zones de résidence et l’arrêt de la destruction en cours des structures civiles.

Les efforts de reconstruction ne doivent pas se substituer à la responsabilisation ni servir à normaliser les conséquences des crimes israéliens. Au contraire, ils doivent contraindre Israël à assumer la responsabilité juridique de ces destructions massives et garantir aux victimes le droit à la réparation, à l’indemnisation et au rétablissement de conditions de vie sûres sur leurs terres.

Les États dotés de tribunaux à compétence universelle doivent délivrer des mandats d’arrêt à l’encontre des dirigeants politiques et militaires israéliens impliqués dans le génocide en cours et engager des poursuites judiciaires afin de s’acquitter de leur obligation juridique internationale de poursuivre les crimes graves et de lutter contre l’impunité.

Ils doivent également demander des comptes à leurs citoyens reconnus coupables d’avoir commis des violations à l’encontre des Palestiniens, conformément à leurs obligations juridiques nationales et internationales et dans les limites de leur compétence territoriale ou personnelle.

Les agences compétentes des Nations unies devraient mener d’urgence une évaluation indépendante de la bande de Gaza afin d’identifier les zones réellement sûres pour l’habitation et l’usage humain.

Cela mettra en évidence la fausse représentation israélienne qui considère des zones géographiques purement nominales comme habitables.

Euro-Med Monitor souligne l’importance de distinguer, tant sur le plan juridique que pratique, les régions géographiques théoriques encore accessibles aux résidents et les zones véritablement propices à la vie ou pouvant servir de centres d’accueil sûrs, lesquelles doivent être exemptes de décombres, de risques environnementaux et sanitaires, de munitions non explosées et de vestiges de guerre.

6 juillet 2026- EuroMed Monitor – Traduction : Chronique de Palestine

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