La loi de la potence : Israël se prépare à exécuter des enfants palestiniens

Territoires occupés - Kidnapping d'un enfant palestinien par les troupes israéliennes d'occupation - Photo : archives

Par Ramzy Baroud

Selon la nouvelle loi israélienne sur la peine de mort, les enfants palestiniens, tout comme les adultes, pourraient, dans la pratique, se retrouver face à la potence. Cela pourrait en surprendre certains, voire être considéré comme une exagération. Malheureusement, il n’en est rien.

La loi sur la peine de mort, adoptée par la Knesset israélienne le 30 mars, prévoit la peine capitale pour les Palestiniens reconnus coupables d’avoir perpétré des attentats meurtriers.

Cette législation, souvent qualifiée de « loi sur la peine de mort pour les terroristes », exige que les exécutions aient lieu rapidement, dans un délai de 90 jours, tout en limitant fortement les possibilités de recours ou de commutation de peine, selon des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch.

Elle répond à une revendication politique de longue date des dirigeants d’extrême droite israéliens visant à officialiser l’exécution comme outil de contrôle sur les Palestiniens.

Comme l’a affirmé à plusieurs reprises le ministre israélien de la Sécurité nationale, le fasciste Itamar Ben-Gvir, les personnes accusées de tels actes « méritent la mort », présentant ainsi la loi non pas comme une exception, mais comme une politique nécessaire.

Bien que la loi elle-même ne mentionne pas explicitement les enfants, elle ne les exclut pas non plus. Compte tenu du traitement réservé aux enfants palestiniens par Israël et de leur classification juridique, cette distinction n’est pas mineure : elle est décisive.

Defense for Children International–Palestine a indiqué dans son rapport de 2023 intitulé « Arbitrary by Default » que le système de détention militaire israélien soumet les mineurs palestiniens à des « mauvais traitements systématiques », institutionnalisés et « généralisés ».

Les rapports d’Amnesty International, d’Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits de l’homme font état de pratiques abusives récurrentes, notamment des arrestations nocturnes, des violences physiques, des menaces et des pressions psychologiques.

Ces organisations soulignent que de nombreux enfants sont interrogés sans garanties juridiques adéquates, dans des conditions propices à la coercition et à l’obtention de faux aveux.

En vertu du droit international, les enfants sont des personnes protégées, ayant droit à des garanties spéciales imposées par la Quatrième Convention de Genève et de la Convention relative aux droits de l’enfant — qui interdisent toutes deux les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ce n’est toutefois pas le cas en Israël — un État qui a toujours considéré le droit international non pas comme contraignant, mais comme un obstacle à ses objectifs politiques et militaires.

Pour Israël, les enfants palestiniens sont souvent considérés non pas comme des civils, mais comme des menaces potentielles. Cette conception constitue une atteinte profonde à l’humanité et aux droits fondamentaux – une atteinte qui va encore plus loin que le langage cynique des « dommages collatéraux », en dépouillant préventivement les enfants de leur statut de civils.

Les responsables israéliens ont clairement exprimé ces points de vue.

La déclarationde Ben-Gvir n’était pas une aberration, mais le reflet d’un discours politique dans lequel la déshumanisation est banalisée.

Cela aussi a souvent été qualifié de simple racisme habituel dans la politique israélienne. C’est pourtant bien plus que cela.

Depuis le 7 octobre 2023, les enfants de Gaza ont été tués en nombre effarant : au moins 21 289 enfants recensés parmi plus de 71 800 Palestiniens tués, et plus de 44 500 blessés, selon la mise à jour de l’UNICEF de février 2026.

En Cisjordanie occupée, la tendance persiste, les enfants palestiniens étant de plus en plus souvent tués lors de raids militaires israéliens et de violences commises par les colons.

Compte tenu de tout cela, il n’est pas surprenant que la loi sur la peine de mort n’exempte pas les enfants du sort horrible qu’elle réserve aux Palestiniens qui résistent à l’occupation israélienne.

Pour être clair, la loi sur la peine de mort ne vise ni à punir ni à dissuader. Israël n’a pas besoin d’une loi pour tuer des Palestiniens, qu’il s’agisse de personnes engagées dans la résistance armée ou, comme cela a si souvent été le cas, de civils n’ayant aucune implication dans les hostilités.

Depuis des décennies, Israël procède à des assassinats, à des exécutions sommaires et à des opérations militaires de grande envergure qui ont causé la mort de milliers et milliers de Palestiniens.

Cette loi vise donc autre chose : la démonstration de force.

Elle ne diffère pas fondamentalement de la brutalité ostentatoire associée à des personnalités telles que Ben-Gvir, dont la rhétorique et le comportement envers les prisonniers palestiniens ont mis l’accent sur la domination, l’humiliation et le contrôle.

Mais cette démonstration de force comporte une conséquence mortelle : de nombreuses personnes risquent d’être tuées, y compris des enfants.

Bien que certaines voix au sein de la communauté internationale se soient élevées contre cette loi, ces réactions ont été limitées et de courte durée, rapidement éclipsées par d’autres événements.

Sans pression soutenue, Israël n’a aucune raison de s’abstenir de procéder à des exécutions – des décisions qui seront prises par des tribunaux militaires dépourvus des normes les plus élémentaires d’équité ou de respect du droit international.

Une fois que cela aussi sera normalisé, le seuil se déplacera à nouveau. Et les enfants seront inévitablement entraînés dans cette spirale.

Israël a déjà normalisé des pratiques autrefois jugées impensables. S’il normalise désormais l’exécution d’enfants, il franchira un seuil que même de nombreux régimes coloniaux n’ont pas ouvertement franchi.

Il doit y avoir une limite – car la poursuite de cette pratique ne se contentera pas de dévaster les Palestiniens, mais aura des répercussions bien au-delà, érodant les protections les plus élémentaires de la vie humaine elle-même.

8 avril 2026 – Middle East Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

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