28 mai 2026 - Les Nations unies ont ajouté des entités israéliennes à leur liste noire mondiale annuelle des auteurs de violences sexuelles dans les zones de conflit. L'administration pénitentiaire israélienne figurera dans le rapport de 2026, tandis que d'autres organismes israéliens ont été placés sous étroite surveillance en vue d'une éventuelle inclusion future. Cette mesure sans précédent prise par l'ONU fait suite à des années de rapports documentés faisant état d'abus sexuels généralisés et graves commis à l'encontre de Palestiniens dans les prisons israéliennes - Image : extrait vidéo
Par Al-Mayadeen
L’ONU a placé « Israël » sous un dispositif de surveillance des violences sexuelles en situation de conflit, ce qui a poussé les autorités d’occupation à geler leurs relations avec le bureau du Secrétaire général de l’ONU.
Les Nations unies ont ajouté « Israël » à une liste noire des parties accusées de violences sexuelles dans les zones de conflit, ont rapporté les médias israéliens. Cette désignation concernerait notamment l’administration pénitentiaire israélienne et d’autres autorités israéliennes, qui ont été placées sous un mécanisme de surveillance pouvant déboucher sur leur inscription officielle sur la liste noire du Secrétaire général de l’ONU en 2026.
Les entités répertoriées dans ce cadre restent sous examen pendant au moins un an dans le cadre des procédures internes de l’ONU en matière d’inscription sur liste.
Des témoignages de détenus palestiniens, de militants étrangers et d’organisations de défense des droits humains ont maintes fois mis en évidence les abus sexuels et les violences subis dans les centres de détention israéliens.
L’année dernière, des images divulguées provenant du tristement célèbre camp de concentration de Sde Teiman ont montré des soldats israéliens en train de violer collectivement un détenu palestinien aux yeux bandés. Les dirigeants israéliens ont salué le comportement des soldats au lieu de les poursuivre en justice.
D’anciens détenus palestiniens, ainsi que des militants étrangers détenus en « Israël », ont également révélé les agressions sexuelles et les traitements dégradants dont ils ont été victimes pendant leur détention.
Plus récemment, les militants de la flottille Global Sumud, qui ont été illégalement enlevés [dans les eaux internationales] et détenus par les forces d’occupation israéliennes, ont révélé qu’ils avaient été agressés sexuellement pendant leur détention.
Outre les témoignages des victimes, des soldats israéliens eux-mêmes se sont vantés d’avoir agressé sexuellement des femmes et des enfants palestiniens.
Dans une vidéo enregistrée et diffusée, un soldat israélien a pointé du doigt Gaza et a admis : « Nous avons tué des femmes et des enfants », avant d’ajouter : « Et au fait, ne vous inquiétez pas… nous les violons aussi. »
Malgré les preuves qui s’accumulent, les responsables israéliens ont affirmé que la décision du Secrétaire général de l’ONU faisait suite à des pressions extérieures visant à inclure « Israël » sur la liste, en particulier après que la Résistance palestinienne, le Hamas, y ait été désignée en 2025, bien que toutes les allégations d’inconduite sexuelle de la part de la Résistance aient été efficacement réfutées.
En août 2025, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, aurait « mis en garde » « Israël » quant à son inclusion éventuelle dans ce cadre, invoquant des préoccupations concernant des abus systématiques.
À la suite de cette décision, « Israël » a annoncé qu’il gelait ses relations avec le bureau du Secrétaire général de l’ONU et a annulé la visite prévue de la représentante spéciale de l’ONU, Pramila Patten.
Selon le Jerusalem Post, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Danny Danon, a vomi que cette décision revenait à placer « Israël sur la même liste noire que le Hamas, Daech et les organisations terroristes les plus dépravées au monde », la qualifiant de « honte morale » et d’« effondrement de la crédibilité » de l’ONU.
Danon a osé affirmer qu’« Israël » avait pleinement coopéré avec les procédures de l’ONU et a accusé l’organisation d’ignorer les preuves et de faire valoir des allégations à motivation politique.
Des experts de l’ONU avaient précédemment mené des enquêtes qui avaient mis au jour des preuves tangibles d’abus sexuels généralisés commis par les forces israéliennes.
Comment « Israël » dissimule ses crimes
À la mi-mai, le New York Times a publié un reportage approfondi du journaliste Nicholas Kristof faisant état d’abus sexuels généralisés à l’encontre de prisonniers palestiniens.
Ce reportage comprenait des entretiens avec 14 hommes et femmes, corroborés dans la mesure du possible par des témoins, des proches et des avocats, et recoupés avec des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, des enquêtes et des témoignages devant les Nations unies.
« Israël » a alors annoncé qu’il engagerait une action en justice contre The New York Times à la suite de cette publication, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar ayant conjointement ordonné l’ouverture d’une procédure en diffamation contre le journaliste, qui couvre depuis des décennies les violences sexuelles à l’échelle mondiale et est largement considéré comme l’un des journalistes les plus éminents dans la documentation des abus commis dans les zones de conflit.
Yuli Novak, directrice exécutive de l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem, a déclaré que la réaction au reportage de Kristof suivait un scénario qui lui est, selon elle, très familier : nier les abus, attaquer ceux qui les documentent et protéger le système qui les rend possibles.
Dans un article publié dans The Guardian, Novak a fait valoir que la controverse ne portait pas simplement sur la contestation d’allégations spécifiques, mais sur la question de savoir quelles souffrances sont autorisées à entrer dans le débat public.
B’Tselem a documenté de manière indépendante les témoignages de détenus palestiniens libérés décrivant des abus sexuels systématiques, la nudité forcée, la privation de nourriture et de graves tortures physiques et psychologiques dans les centres de détention israéliens.
Plus de 88 détenus palestiniens [cas identifiés] ont été tués en détention israélienne depuis octobre 2023.
De nombreuses organisations internationales et israéliennes de défense des droits humains, dont B’Tselem et Save the Children, ont documenté des abus sexuels commis sur des Palestiniens en détention israélienne.
Auteur : Al-Mayadeen
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29 mai 2026 – Al-Mayadeen – Traduction : Chronique de Palestine

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