La Palestine et l’Iran marquent le prélude de l’effondrement de l’Occident

Illustration : Mahdi Rtail / Al-Mayadeen

Par Tareq Baconi, Yara Hawari

Partout dans le monde, les populations traversent une crise profonde. Le génocide en cours à Gaza, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et le Liban, les chocs énergétiques et économiques qui en résultent, ainsi que l’érosion de l’ordre juridique international se déroulent parallèlement à la fragmentation du système mondial dirigé par l’Occident.

Ensemble, ces secousses convergentes mettent en évidence les limites de l’hégémonie américaine, redéfinissent les positions stratégiques des États arabes du Golfe et de la Chine, et intensifient les débats sur la multipolarité, le réalignement régional et la solidarité Sud-Sud.

Dans cette table ronde, Yara Hawari et Tareq Baconi réfléchissent à cette impasse, soulignant le rôle central de la Palestine pour comprendre les transformations historiques auxquelles le monde assiste aujourd’hui.

Ils abordent la faillite de l’ordre international libéral, l’évolution de la dynamique du pouvoir impérial américano-israélien en Asie occidentale, ainsi que la manière dont la Palestine s’est imposée comme un point de convergence à travers lequel un ordre mondial différent pourrait être contraint de voir le jour.

Cette table ronde est adaptée d’une présentation donnée par Yara Hawari et Tareq Baconi en avril 2026. Elle a été révisée en vue de sa publication.

En quoi le présent s’inscrit-il dans une longue histoire de violence coloniale et impériale ?

Yara Hawari :

C’est un moment décisif, non seulement pour les pays qui ont subi la violence coloniale et impérialiste, mais aussi pour le monde entier.

L’Europe n’est pas à l’abri. Lorsque l’Espagne a refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser ses bases militaires pour mener des frappes contre l’Iran, le président Donald Trump a réagi en déclarant que les États-Unis pourraient les utiliser quand même, menaçant ainsi directement la souveraineté de l’Espagne.

Je pense que les gouvernements commencent à comprendre qu’ils ne peuvent plus considérer ces déclarations comme des divagations imprévisibles de Trump, mais doivent au contraire les reconnaître comme des signes inquiétants de ce qui nous attend.

Pourtant, alors que des initiatives sont déployés pour redessiner la politique mondiale, nous devons également considérer ce moment non pas comme une aberration dans l’histoire des États-Unis, mais comme une trajectoire prévisible.

Les Iraniens ont participé vendredi 20 juin à des manifestations dans tout le pays pour exprimer leur haine envers le régime sioniste et leur soutien indéfectible à leur patrie, alors qu’Israël poursuit sa guerre d’agression – Photo : Muhammad Ghorbani, via Tasnim News Agency

En effet, les administrations successives en ont posé les fondements, de George W. Bush à Barack Obama et au-delà.

La Palestine se trouve au cœur de ces dynamiques. La brutalité de l’attaque américano-israélienne contre l’humanité est, à bien des égards, la conséquence de décennies d’impunité sans limite.

Les États occidentaux ont donné au régime israélien carte blanche sur les Palestiniens : un génocide a été diffusé en direct au monde entier tandis que les relations commerciales se poursuivent et que la couverture diplomatique est maintenue. Le coût de ce calcul s’est avéré bien plus élevé que prévu.

Les conséquences de cette impunité ne se limitent plus aux Palestiniens ou à la population du sud du Liban. Les citoyens ordinaires en Occident sont désormais confrontés à une crise croissante du coût de la vie parce que les régimes américain et israélien – enhardis par des décennies de violence impunie contre les Palestiniens – ont décidé de déclencher une guerre contre l’Iran.

Tout le monde paie désormais le prix de cette impunité. La constance et l’ampleur de cette impunité, ainsi que la profondeur de la complicité occidentale, sont les variables qui expliquent la trajectoire sur laquelle nous nous trouvons actuellement.

Tareq Baconi :

La guerre contre l’Iran révèle un aspect crucial des positions à partir desquelles les puissances américaine et israélienne opèrent actuellement.

Nous assistons à une résurgence d’un discours ouvertement impérialiste et colonialiste sur la scène internationale : un président américain dont la rhétorique fait écho au langage que le régime israélien a toujours utilisé à l’égard des Palestiniens, soutenu par une force militaire et une agressivité hors du commun.

Mais cette agression est un signe de déclin, et non de force. Aujourd’hui, l’hégémonie américaine et le colonialisme de peuplement israélien s’exercent tous deux par le recours à une force excessive, à une violence extrême et à une escalade, précisément parce que leur légitimité s’érode.

Nous le voyons clairement au sein du sionisme : à bien des égards, il se trouve à son point le plus faible de son histoire, et cette faiblesse se manifeste par l’agression, la dévastation et les massacres.

Comprendre cette dynamique est essentiel pour saisir la place de la Palestine dans ces changements du pouvoir mondial. En effet, un empire devient le plus violent lorsqu’il a encore la capacité de recourir à la force mais a perdu la capacité de maintenir sa légitimité ou sa stabilité.

Comment faut-il analyser les relations entre les États-Unis et Israël à l’heure actuelle ?

Tareq Baconi

Quant à savoir qui tire les ficelles dans les relations américano-israéliennes, il convient de souligner un point précis concernant la guerre contre l’Iran : ce n’est pas la guerre de Washington, mais celle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, une guerre qu’il prône depuis des années et pour laquelle il a enfin trouvé une porte ouverte auprès de l’administration Trump.

Mais pour comprendre comment cela a été possible, il faut examiner de plus près les relations structurelles entre les deux États.

Cette relation s’articule sur deux plans. Le premier est idéologique. Les États-Unis et Israël sont tous deux des colonies de peuplement — en d’autres termes, des États fondés sur l’extermination de masse, les déplacements forcés et le nettoyage ethnique, et soutenus par une infrastructure raciste et capitaliste.

Israël fascine depuis longtemps les États-Unis car il a réussi à se présenter comme une démocratie tout en mettant en œuvre un système d’apartheid. Et les États-Unis fascinent le régime israélien parce qu’ils représentent, dans l’imaginaire colonialiste, un projet qui a « réussi » : un État qui a dépossédé sa population autochtone puis a réussi à faire passer cette dépossession pour le fondement de la « démocratie ».

Aucun de ces récits n’est vrai : les peuples autochtones de Palestine et de l’Île de la Tortue continuent de résister. Mais le récit des colons est celui de la victoire, et il crée un lien idéologique profond entre les régimes coloniaux. Si Israël venait à échouer en tant que projet colonial de peuplement, cela reviendrait à accuser les États-Unis eux-mêmes.

Le deuxième niveau est géopolitique. Le régime israélien n’est pas simplement un allié ; il est au cœur du colonialisme de peuplement américain et de la projection de son empire à l’échelle mondiale. Il permet aux États-Unis de projeter leur force impériale non seulement à travers la région, mais aussi au-delà.

Tout le discours sur la « relation spéciale », sur l’« absence de divergence » entre Washington et Tel-Aviv, et sur les « valeurs communes » reflète non seulement un sentiment, mais surtout une nécessité structurelle.

Ce qui rend cette guerre en cours particulièrement révélatrice, c’est qu’elle met également à nu les fissures au sein de cette relation.

En poussant les États-Unis dans cette guerre contre l’Iran, le régime israélien exacerbe les contradictions qui existent déjà au niveau national parmi les Américains.

De plus en plus de gens se demandent s’il s’agit véritablement de valeurs communes que les États-Unis prétendent partager avec le régime israélien, et si des guerres sans fin de ce type servent les intérêts de qui que ce soit.

28 avril 2026 – Un cortège funèbre défile devant l’hôpital Al-Shifa en hommage aux quatre Palestiniens tués lors d’une frappe aérienne israélienne visant un véhicule civil au carrefour de Haider, à l’ouest de la ville de Gaza, dans la bande de Gaza, le 28 avril 2026. Israël a intensifié ses attaques contre la bande de Gaza au cours de la semaine dernière, portant à plus de 800 le nombre total de Palestiniens tués depuis le soi-disant « cessez-le-feu » d’octobre 2025 – Photo : Yousef Zanoun / Activestills

En effet, la manière dont le régime israélien continue d’entraîner les États-Unis dans une violence permanente ne sert pas le peuple américain, et cela devient impossible à ignorer.

Yara Hawari

Ce qui est apparu clairement au cours des mois qui ont suivi le début de la guerre contre l’Iran, c’est que Trump et son entourage n’ont pas de plan. Les discussions initiales visant à affaiblir les capacités balistiques iraniennes et à éliminer l’uranium enrichi n’ont abouti à rien.

L’idée d’un changement de régime a été évoquée, puis abandonnée. Il n’y a pas de stratégie américaine cohérente. Netanyahu, en revanche, en a clairement une. Nous assistons à l’aboutissement de sa vision du « Grand Israël », qui ne se limite pas à une expansion territoriale, mais vise également à faire d’Israël la puissance prééminente de la région.

Des informations provenant de l’intérieur de la Maison Blanche laissent entendre que Netanyahu a présenté à Trump un projet de guerre visant à renverser le régime et que, malgré de graves divisions internes, le président américain a finalement adhéré à ce que le Premier ministre israélien lui proposait.

Cela est en grande partie dû à une petite poignée de bellicistes et de sionistes purs et durs, parmi lesquels le sénateur Lindsey Graham et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui sont devenus des figures centrales de l’administration Trump.

Cela ne signifie pas pour autant que les États-Unis soient par ailleurs réticents à infliger de la violence au monde. Mais sur la question spécifique d’une guerre avec l’Iran, le consensus de longue date au sein des agences gouvernementales américaines était qu’une telle guerre serait catastrophique pour les États-Unis et pour l’économie mondiale. Ils avaient raison.

Nous devons toutefois veiller à ne pas confondre cela avec une soumission des États-Unis à Netanyahu – un discours désormais repris par l’extrême droite anti-israélienne aux États-Unis. Ce serait occulter la longue histoire de l’interventionnisme violent des États-Unis en Asie occidentale et décharger Washington de sa propre responsabilité en ce moment.

Trump, pour sa part, n’est pas un idéologue. Il n’est pas sioniste — certainement pas au sens où l’est, par exemple, l’ancien président américain Joe Biden. En effet, d’autres forces sont en jeu.

Il y a une dimension transactionnelle : la milliardaire israélo-américaine Miriam Adelson a été la plus grande donatrice de la campagne de Trump pour 2024, et de tels méga-dons s’accompagnent d’une attentes de retours.

Il y a la dimension de l’ego : on a vendu à Trump l’idée qu’il pourrait être le président qui renverserait enfin le régime iranien. Et, enfin, il y a la dimension du profit, peut-être la plus importante de toutes : Trump privatise tous les aspects de la gouvernance américaine, y compris la diplomatie, au service de la richesse dynastique.

Trump reste imprévisible, et les mois à venir recèlent de réelles inconnues. Ce qui est clair, c’est que quelque chose a changé au sein d’une partie importante de MAGA, le mouvement populiste nationaliste de droite organisé autour du programme « America First » de Trump.

Beaucoup parmi ses partisans pensent désormais qu’il les a trahis au profit d’une puissance étrangère. Ce préjudice semble irréparable.

Yara Hawari

Les États arabes du Golfe sont aujourd’hui confrontés à un dilemme aigu. Une formule qui a fait ses preuves se dégage de cette guerre : si l’Iran est attaqué par le régime israélien ou par les États-Unis, la riposte visera les États du Golfe, en tant qu’alliés des États-Unis et hôtes de leurs installations militaires.

Dans le même temps, les États-Unis se sont révélés incapables de garantir la sécurité des États du Golfe, un principe fondamental des relations entre les États-Unis et la région. En conséquence, la crédibilité de Washington en tant qu’hégémon régional a été sérieusement érodée.

Il n’est donc pas surprenant que la Chine s’impose comme un acteur clé dans la région. Il convient de noter qu’au cours des derniers mois, les diplomates chinois se sont engagés dans une diplomatie intensive mais subtile avec les États du Golfe.

La présence de la Chine dans la région n’est pas nouvelle ; elle s’intègre dans la région depuis des années à travers des projets tels que l’initiative « Route de la Soie ». Il n’est donc pas surprenant que Pékin propose une vision multipolaire d’un ordre régional orienté vers son propre continent.

Ce réalignement géopolitique est également significatif pour le mouvement de libération palestinien, comme en témoignent les efforts actuels visant à approfondir l’engagement avec les pays du Sud. Pendant des années, une grande partie de la société civile palestinienne et de l’organisation populaire s’est concentrée sur les États-Unis et l’Europe.

Pourtant, des décennies d’engagement auprès des décideurs politiques et des journalistes occidentaux n’ont pas réussi à produire le changement structurel nécessaire pour mettre fin au génocide. Cette prise de conscience a été douloureuse, mais aussi nécessaire.

Les questions qui émergent aujourd’hui de l’engagement avec les pays du Sud portent sur la manière de construire un véritable ordre mondial multipolaire et sur la façon dont la Palestine peut servir de point de convergence pour faire advenir cet ordre.

En effet, le génocide de Gaza a mis à nu les limites de l’architecture internationale de l’après-guerre. La tâche urgente consiste désormais à imaginer et à construire ce qui viendra ensuite.

Tareq Baconi

Si l’on s’intéresse plus particulièrement au mouvement national palestinien et à la lutte de libération, il est clair que nous traversons une période très délicate.

Mis à part cette brève période des années 1960 et 1970, durant laquelle la révolution palestinienne entretenait un dialogue actif avec d’autres mouvements anticolonialistes mondiaux, la diplomatie palestinienne s’est orientée presque exclusivement vers l’Occident.

2 mars 2026 – De la fumée s’élève au-dessus des bâtiments à la suite d’intenses frappes aériennes israéliennes visant la zone de Burj al-Barajneh, dans le sud de Beyrouth, au Liban – Photo : Houssam Shbaro / AA

Elle a été façonnée par le langage de l’universalisme libéral et par une confiance dans les institutions de gouvernance internationale dirigées par l’Occident. Cette orientation a profondément influencé la manière dont les Palestiniens ont mené leur lutte.

Nous comprenons désormais que ces systèmes libéraux occidentaux ont échoué. Beaucoup d’entre nous le soutiennent depuis longtemps, mais le génocide à Gaza l’a rendu indéniable.

La dure réalité est que les Palestiniens et leurs alliés à travers les pays du Sud n’ont pas encore mis en place les infrastructures nécessaires pour dépasser cette dépendance.

Pour y parvenir, il faut aller au-delà d’une acceptation implicite de l’hégémonie, de l’empire et du colonialisme occidentaux, et s’orienter vers une réalité différente : une réalité dans laquelle les systèmes de gouvernance internationale peuvent réellement protéger la vie humaine sans racisme ni domination impériale. Ce n’est pas une transition aisée.

Mais je pense aussi que ce moment offre une opportunité extraordinaire, qui permet de sortir la Palestine de son état d’exception. Lorsque nous parlons de remodeler la région ou de construire des alliances plus solides à travers les pays du Sud, de nombreux acteurs ont tout intérêt à s’opposer au régime israélien.

La violence coloniale israélienne ne s’est pas arrêtée à Gaza ; ses tactiques sont déjà exportées vers la Syrie, le Liban et l’Iran, et la logique expansionniste s’étend au-delà du présent vers d’autres lieux à l’avenir.

Le débat plus large qui doit désormais avoir lieu est le suivant : alors que l’empire américain recule et que les systèmes existants de gouvernance internationale vacillent, quelle alternative le Sud peut-il construire ? La Palestine est au cœur de ce débat.

À quoi devons-nous prêter attention dans les mois à venir, et de quoi le mouvement de libération palestinien a-t-il besoin pour faire face à ce qui l’attend ?

Yara Hawari

Plusieurs choses me viennent à l’esprit. Avant tout, le régime israélien va tout mettre en œuvre pour achever ce qu’il a commencé à Gaza et dans le reste de la Palestine. Le génocide n’a eu que peu de conséquences jusqu’à présent, et selon le calcul de Netanyahu, c’est le moment idéal pour mener ce projet à son terme.

Les prochaines élections israéliennes n’y changeront rien. Les sondages montrent systématiquement que les politiques du régime bénéficient d’un soutien majoritaire parmi les citoyens juifs israéliens. Tout changement de gouvernement reflétera une lassitude à l’égard de Netanyahou, et non à l’égard de la guerre ou du nettoyage ethnique des Palestiniens.

Il est donc essentiel que l’attention reste focalisée sur la Palestine, en particulier sur Gaza, où le génocide n’a pas pris fin mais est plutôt entré dans une nouvelle phase.

Deuxièmement, à la lumière des changements géopolitiques en cours, le mouvement doit prendre les devants. Cela implique un engagement soutenu auprès des pays du Sud, y compris, et peut-être de manière plus urgente, auprès des populations beaucoup plus proches de chez nous dans toute la région.

Le génocide a révélé la profondeur de l’oppression subie par nos camarades à travers l’Asie occidentale.

Enfin, le mouvement doit rester fidèle à ses principes et à son éthique, car ceux-ci seront mis à l’épreuve à mesure qu’il continuera de croître. Il est essentiel de construire un mouvement de large envergure, mais pas au détriment de nos lignes rouges et de nos valeurs fondamentales.

Un exemple concret est le débat émergent sur la manière d’aborder les fractures qui s’ouvrent au sein du mouvement MAGA et de l’extrême droite américaine au sujet d’Israël.

Ces fractures sont réelles et peuvent être utiles sur le plan tactique. Mais tout engagement ne doit pas compromettre les fondements progressistes du mouvement. Notre mouvement est vaste mais aussi fragile, et doit être protégé.

Tareq Baconi

Au-delà de la guerre immédiate et du génocide en cours — qui exigent tous deux que nous y restions attentifs —, plusieurs évolutions méritent d’être suivies de près.

Au niveau régional, une question cruciale est de savoir si l’Iran pourrait tirer un avantage stratégique de cette guerre. Cela déterminera si le régime israélien parviendra à établir l’hégémonie militaire régionale qu’il poursuit.

La manière dont l’Iran saura gérer cette période et ce qu’il en retirera au final façonneront l’ensemble des rapports de force régionaux.

Tout aussi importante est la manière dont les États du Golfe réagissent et les leçons qu’ils en tirent. Le cadre qui a précédé cette guerre – la domination militaire américaine soutenue par l’hégémonie israélienne, les accords d’Abraham et l’alignement de l’autoritarisme du Golfe sur l’impérialisme américain et israélien – s’est effectivement effondré.

La manière dont les États du Golfe se repositionneront à la suite de cela, ainsi que les rôles que joueront la Chine et la Russie dans ce repositionnement, seront déterminants.

La Turquie est une autre variable clé. Il est clair que la Turquie est dans le collimateur du régime israélien ; la neutraliser fait partie de ce qu’exigerait l’hégémonie régionale du régime sioniste. Sa position dans la constellation régionale émergente aura une importance considérable.

Au sein même de la Palestine, la situation est alarmante. Le régime israélien étend et accélère sa colonisation de Gaza et de la Cisjordanie par le biais d’une violence effroyable.

La ainsi-nommée ligne jaune à Gaza a été déclarée unilatéralement comme une nouvelle frontière. La menace d’un nettoyage ethnique pèse sur la Cisjordanie.

À travers la Palestine historique, le projet du Grand Israël est activement consolidé, alors même que le discours de la reconstruction, du cessez-le-feu et d’un retour à la normalité est déployé pour le dissimuler.

Cette expansion s’étend également à la Syrie et au Liban, où une politique de colonisation de la terre brûlée est en cours.

En fin de compte, les Palestiniens doivent résister à la pression visant à les ramener à un statu quo d’avant la guerre génocidaire, déguisé en progrès. Ce qu’a fait le 7 octobre, c’est placer l’ensemble du projet colonial sioniste en Palestine à un niveau d’exposition sans précédent.

Les Palestiniens doivent saisir cette opportunité et insister sur le fait que ce que ce moment exige, ce n’est pas un cessez-le-feu qui normalise le génocide et le nettoyage ethnique, mais une décolonisation totale.


26 mai 2026 – Al-Shabaka – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

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