27 mai 2026 - Un enfant tient un ballon, tandis que des Palestiniens accomplissent les prières de l’Aïd al-Adha près de la mosquée Al-Huda détruite à Jurt Al-Aqad, au nord de Khan Yunis, à moins d’un kilomètre de la « ligne jaune » israélienne, dans la bande de Gaza. Pour la troisième année consécutive, l’Aïd a été célébré durant le génocide et une crise humanitaire aiguë dans la bande de Gaza, ainsi qu’avec une forte recrudescence des violences commises par les colons soutenus par l’État, des appropriations de terres et des déplacements forcés en Cisjordanie - Photo : Doaa Albaz / Activestills
Par Huwaida Arraf
Huwaida Arraf est Palestinienne, née d’un père originaire de Miilya en Galilée, et d’une mère de Beit Sahour. Elle est née à Detroit dans l’état du Michigan, où elle a également étudié le droit. Au début des années 2000, elle a cofondé avec d’autres militants l’International Solidarity Movement (ISM) en soutien à la Palestine.
Une interview menée par Ayham Al-Sahli.
Je l’ai rencontrée à Istanbul, en novembre 2025, en marge d’un congrès auquel elle participait. Nous avons alors mené un entretien autour de la solidarité avec la Palestine, des flottilles visant à briser le blocus de la bande de Gaza, et de plusieurs enjeux liés à l’engagement international.
Ce texte est resté inédit jusqu’à aujourd’hui, au moment où surviennent l’attaque et l’arraisonnement de la Flottille mondiale de la Résilience il y a quelques jours, ainsi que l’arrestation des militants Saif Abu Keshek et Thiago Ávila dans les eaux internationales.
Quelle est ta conception de la solidarité internationale avec la Palestine ?
Avant de répondre, je tiens à préciser qu’en tant que Palestinienne, je ne “me solidarise” pas avec ma propre cause, car elle est mienne. Ce que je fais, c’est œuvrer depuis de nombreuses années dans le domaine de la solidarité avec le peuple palestinien, en cherchant à étendre et à renforcer cette solidarité à l’échelle mondiale.
La solidarité, dans son essence, consiste à se tenir aux côtés de l’autre, non pas par pitié ou compassion, mais par conviction profonde de ses droits, et par volonté de devenir un partenaire dans leur réalisation, car ces droits sont indissociables du droit et de la justice humaine universelle.
En réalité, la tendance dominante dans le monde aujourd’hui est que les peuples opprimés se trouvent confrontés, de façon presque identique, aux mêmes puissances, aux mêmes intérêts et à la même mentalité coloniale.
Cela implique que ce qui frappe un peuple peut, en fin de compte, toucher les autres également, et souvent bien plus qu’ils ne l’imaginent.
L’action humanitaire en faveur des autres n’est pas séparée de mon propre intérêt, car leur intérêt est lié au mien, et la justice ne peut être morcelée.
Est-ce que tu fais une distinction entre la solidarité politique et la solidarité humanitaire ? Laquelle est la plus importante ?
Je ne fais pas de distinction entre les deux, car elles sont étroitement liées. Laisse-moi te raconter une petite histoire : il y a un ou trois ans, mon fils, alors âgé de neuf ans, est allé à l’école avec une casquette portant l’inscription « Black Lives Matter ».
À l’école, ils affirmaient ne pas faire de politique, et l’enseignant lui a demandé d’enlever sa casquette. Il en a été contrarié, et nous en avons discuté. Il m’a alors dit : « Life is political » (la vie est politique), car le droit, notre droit à vivre et notre manière de vivre sont tous liés aux décisions politiques qui sont prises.
C’est pourquoi je ne sépare pas le politique de l’humain. La solidarité humaine est aussi une solidarité contre les décisions politiques prises à l’encontre de quelqu’un.
Qu’est-ce qui a changé en Occident après la guerre qui a duré deux ans et qui se poursuit encore aujourd’hui ?
La guerre, sans aucun doute, se poursuit jusqu’à aujourd’hui, mais elle n’oppose pas deux parties : c’est une guerre contre le peuple palestinien et contre son existence même. Elle a commencé avant la création d’Israël, et le projet colonial en est la preuve : ils déplacent les populations et s’emparent de leurs terres… comme ce fut le cas en 1948.
Et malgré le maintien d’un petit nombre de Palestiniens, ils ont mis en place des politiques à notre encontre, nous maintenant sous une surveillance constante, car leur projet ne peut se perpétuer autrement.
J’ai vécu en Palestine entre 2000 et 2004, puis j’y suis retourné en 2007 et 2008, et j’ai pu constater sur le terrain les actes de l’occupation, qui restent impunis.
À chaque fois, ils vont plus loin : lorsqu’ils ont frappé un grand bâtiment pendant la guerre de 2014, cela a été présenté comme un événement majeur, mais Israël n’a pas été tenu responsable, jusqu’à ce que nous arrivions aujourd’hui à la destruction de villes entières. Ils cherchent à habituer les gens à ce schéma.
Pour revenir à ta question, Israël a commis un génocide sous nos yeux au cours de cette guerre, suscitant la colère des gens qui sont descendus dans les rues, car ce que nous voyons ne peut rester sous silence, cela touche la conscience.
Beaucoup ne savaient pas quoi faire, tandis que d’autres ont trouvé des moyens d’agir : certains ont manifesté, d’autres ont utilisé les réseaux sociaux, et d’autres encore ont fait des dons.
Mouvement des universités
Nous avons observé un mouvement et une mobilisation dans les universités, où les étudiants ne se contentaient pas de faire pression sur les administrations pour qu’elles retirent leurs investissements, mais cherchaient également à tenir pour responsables les entités qui soutiennent Israël, c’est-à-dire celles qui lui donnent le pouvoir et l’autorisation de tuer le peuple palestinien.
Nous avons pris conscience de cet aspect après le 7 octobre 2023. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, mais le fruit de longues années de travail dans les domaines de la solidarité et de la sensibilisation : le travail avec les gens, l’organisation de conférences, la construction d’institutions et de relations, non seulement avec des acteurs aux États-Unis, mais aussi en reliant la cause palestinienne à d’autres formes d’oppression dans le monde.
Il est vrai que beaucoup de personnes ont pris conscience pour la première fois de ce qui se passe, mais parallèlement, certaines disposent déjà d’une base de compréhension grâce à un travail patient et de longue haleine mené avec elles.
Mouvement de solidarité internationale
A propos de mon expérience personnelle, comme je l’ai mentionné, en 2000, après avoir terminé mes études universitaires, je me suis rendue en Palestine, au moment même où éclatait la deuxième Intifada. Je ressentais le besoin de m’impliquer concrètement.
Sur place, les soldats de l’occupation israélienne ouvraient le feu sur des manifestants désarmés, tuant des civils sans qu’aucune responsabilité ne soit jamais engagée ni aucune sanction.
Et pourtant, les médias internationaux rapportaient souvent les événements sous un autre angle, accusant le peuple palestinien d’avoir commencé, d’avoir déclenché l’Intifada, de tourner le dos au processus de paix, entre autres récits biaisés.
Tout cela nous a poussés à créer le « Mouvement de solidarité internationale », qui appelait des personnes du monde entier à venir soutenir le peuple palestinien dans le cadre de la résistance populaire.
L’un de nos objectifs était de renforcer cette résistance à l’échelle mondiale et de permettre à des militants internationaux de s’engager aux côtés des Palestiniens sur le terrain.
Cette démarche présentait plusieurs avantages : d’une part, les volontaires constituaient une forme de protection, même si, par la suite, Israël a commencé à cibler également les militants internationaux.
D’autre part, leur présence jouait un rôle crucial auprès des médias : une personne étrangère, venant par exemple du Kansas aux États-Unis, pouvait expliquer dans son pays pourquoi elle était là, en précisant qu’elle n’était ni contre les juifs ni antisémite, mais qu’elle soutenait la liberté et l’idée que tous les peuples doivent être libres.
Nous avons également travaillé à aider les étrangers à faire comprendre que le conflit n’est pas un conflit entre les Palestiniens et les juifs, ou entre l’islam et les juifs comme Israël cherche à le présenter, mais plutôt un conflit entre un peuple qui impose sa domination sur un autre et l’empêche d’être libre, et un peuple dominé.
C’est cette équation que nous avons cherché à clarifier, et les militants solidaires ont joué un rôle dans sa diffusion.
De solides liens se sont tissés entre les Palestiniens et les militants internationaux, ainsi qu’entre les groupes palestiniens et leurs homologues à l’étranger.
Les volontaires, en venant sur le terrain, ont pu constater par eux-mêmes la réalité quotidienne, avant de transmettre ensuite leur expérience vécue sur le terrain dans leurs pays d’origine.
Génocide et solidarité internationale
De quelle manière la solidarité en Occident a-t-elle évolué suite à la guerre génocidaire contre la bande de Gaza ?
Je travaille au sein du « Mouvement de solidarité internationale » depuis 2001, et au moins 10 000 personnes, voire 20 000 ou plus, y ont participé. Ces volontaires venaient de tous horizons et se sont engagés activement dans le mouvement. Un certain nombre d’entre eux se sont rendus en Palestine, y ont vécu aux côtés des Palestiniens et les ont accompagnés lors des manifestations.
Ces militants solidaires ont été frappés, arrêtés, et certains de nos collègues internationaux ont même été assassinés, comme Rachel Corrie.
Ces volontaires sont ensuite retournés dans leurs pays et ont partagé leur expérience dans leurs différents cercles, que ce soit à l’université ou sur leur lieu de travail, contribuant ainsi à sensibiliser un public toujours plus large à la situation en Palestine. Ce travail est le fruit de longues années d’efforts continus.
Quant à l’évolution de l’opinion en Occident, elle résulte à la fois de la brutalité récente des pratiques israéliennes et de nombreuses années de travail patient : construction de relations, sensibilisation, organisation de séminaires et efforts cumulés et continus qui se sont prolongés dans le temps et ont trouvé un écho particulier au moment de l’escalade actuelle.
La forme de la solidarité a évolué, mais son essence reste la même. Ce qui change, c’est l’augmentation du nombre de participants.
Une barrière symbolique a également été franchie : auparavant, beaucoup préféraient ne pas s’exprimer ou détourner le regard, jugé plus sûr, en particulier dans des secteurs comme Hollywood ou d’autres environnements où prendre position pouvait nuire à leur revenu ou à leur statut.
Cette barrière est en train de tomber, entraînant une véritable libération de la parole, et le silence qui prévalait autrefois se fissure peu à peu. On observe également de nombreuses initiatives médiatiques, notamment portées par la jeune génération.
Il faut également souligner le rôle majeur des réseaux sociaux : les médias traditionnels ne restituaient pas fidèlement la réalité, même lorsqu’ils couvraient les événements. Aujourd’hui, les Palestiniens eux-mêmes documentent la situation en images, publient et communiquent directement entre eux, contribuant ainsi à la visibilité et à la compréhension de ce qui se passe sur le terrain.
Enfin, la mentalité de cette génération est davantage tournée vers une approche morale de la question. Elle est moins encline à justifier ou à soutenir le projet israélien, même dans des contextes auparavant considérés comme sensibles ou tabous. Cette génération voit les choses avec plus de clarté et agit avec un courage et un engagement renouvelés.
Que faut-il, selon vous, pour préserver cet élan de solidarité ?
Il faut partir du principe que nous sommes tous des êtres humains et que les valeurs humaines doivent être universelles. La question ne peut se réduire à des descriptions limitées, comme considérer l’apartheid, par exemple, comme une situation isolée.
Il est également essentiel d’affirmer que la liberté, la justice et la dignité sont des droits pour tous. Dans ce cadre, personne ne peut se considérer comme un cas exceptionnel ou séparé des autres.
En même temps, face à cette oppression, notamment dans le contexte sioniste, le message que doivent porter à la fois nous-mêmes et les mouvements de solidarité est clair : il s’agit de refuser cette injustice et d’agir pour y faire face dans un cadre humaniste universel.
C’est ici qu’apparaît une question pratique : quelle est la prochaine étape ? Comment exercer une pression plus efficace ? À mon avis, cette pression serait beaucoup plus forte si une voix palestinienne unifiée pouvait s’exprimer, portée par un programme politique clair et émanant d’une direction qui représente réellement le peuple palestinien.
Le problème le plus profond réside dans le programme politique officiel palestinien, qui, à certains égards, marginalise ou dépasse le cadre du droit international.
Cela rejoint les orientations d’Israël et des États-Unis, qui cherchent à faire avancer un processus politique en contournant les normes légales internationales et en les remplaçant par des arrangements politiques imposant un fait accompli.
Cette situation est extrêmement dangereuse, car le droit international constitue le fondement des droits du peuple palestinien, y compris son droit à la liberté et à l’autodétermination.
Les décisions de la Cour internationale de justice ont confirmé la responsabilité d’Israël et appelé à prendre des mesures, notamment à retirer tout soutien à ses actions illégales.
Cependant, des tentatives existent pour contourner ces décisions ou en vider le contenu, ce qui constitue un recul dangereux. Si de telles démarches sont acceptées par l’Autorité palestinienne, elles pourraient entraîner une régression sur des acquis essentiels.
Il est donc indispensable de poursuivre le travail en s’appuyant sur le droit international et les référentiels des droits humains, en les considérant comme le fondement de la lutte. Cependant, l’absence d’une voix palestinienne unifiée ou d’un programme politique clair, reflétant sincèrement les aspirations du peuple palestinien, demeure une faiblesse majeure.
À mon avis, il est nécessaire de travailler à l’élaboration d’un programme palestinien unifié, capable de coordonner les efforts tant à l’intérieur de la Palestine que dans le cadre des mouvements internationaux de solidarité.
Ces mouvements s’activent effectivement dans le domaine des droits humains et à travers des campagnes comme le boycott, mais ils ont besoin d’une vision politique palestinienne claire pour les soutenir.
En l’absence de cette clarté, la trajectoire demeure floue et aucune garantie concrète ne permet de sécuriser le minimum des droits du peuple palestinien.
Flottes pour briser le blocus
Parle-nous de ton expérience avec les flottes de brisement du blocus. Il convient de rappeler que tu as participé à l’avant dernier convoi (au milieu de l’année 2025), qui est parti de Barcelone vers Gaza.
On oublie souvent que nous avons lancé ce mouvement en réaction au blocus imposé sur Gaza en 2008.
L’idée a émergé au sein de certains membres du « Mouvement de solidarité internationale » après qu’Israël eut assassiné notre collègue Rachel Corrie, ciblé d’autres militants à Gaza, fermé les points de passage, empêché certains pays d’autoriser l’entrée des volontaires et imposé un blocus qui ne fit que se renforcer par la suite.
À cette époque, aucune initiative réelle n’existait.
C’est alors qu’une idée presque irréaliste a été proposée : tenter d’envoyer un navire depuis l’Europe vers Gaza. Au départ, je pensais que cela serait impossible, mais nous avons réussi à obtenir un navire et à rassembler un groupe de participants, puis à commencer à travailler sur le projet.
Nous nous sommes réunis : quatre personnes sur deux petites embarcations, et nous avons annoncé notre départ vers Gaza, sans nous laisser intimider par les menaces israéliennes.
En réalité, nous ne nous attendions pas à atteindre Gaza, mais notre objectif était de dénoncer le blocus et de souligner la nécessité d’une action directe pour contrecarrer les politiques de l’occupation.
Nous constations que le monde entier savait que le blocus était illégal, mais qu’il était malgré tout toléré, laissant Israël contrôler tout ce qui entrait à Gaza, y compris les denrées alimentaires.
Israël nous avait menacés d’interdire notre passage, mais a finalement reculé en 2008, nous permettant d’atteindre Gaza. Nous y sommes parvenus cinq fois par la mer et restions déterminés à ouvrir une voie maritime vers la bande de Gaza.
Cependant, par la suite, lorsque nous avons tenté d’envoyer d’autres navires, Israël a commencé à passer à l’attaque : l’un des navires a été bombardé et a failli couler, un autre a été endommagé, et un troisième a été saisi.
Puis, en 2010, nous avons organisé la « Flottille de la liberté », incluant le navire Mavi Marmara, attaqué par l’armée israélienne, entraînant la mort de plusieurs militants. Malgré le tollé international, Israël n’a été ni tenu responsable ni sanctionné.
Pour autant, nous sommes restés fidèles à notre promesse faite au peuple palestinien : dès le départ, nous avions affirmé que nous n’en resterions pas à une seule tentative, mais que nous continuerions à ouvrir une voie maritime vers Gaza. Nous avons donc poursuivi nos efforts pour briser le blocus.
Mais ensuite, certains pays méditerranéens comme Chypre, la Grèce et la Turquie ont commencé à imposer des restrictions et à empêcher le départ des navires. Après le 7 octobre 2023, nous avons lancé de nouvelles tentatives, mais elles n’ont pas eu l’ampleur de la flotte de 2010.
Parle-nous de la flottille de 2024
En 2024, nous avons décidé d’organiser une grande flottille malgré toutes les difficultés. Nous nous sommes réunis à Istanbul : des centaines de personnes ont participé et nous avons préparé trois grands navires, dont l’un transportait environ cinq tonnes d’aide humanitaire.
Cependant, les pays fournissant les navires ont d’abord retiré leurs drapeaux sous pression politique avant le départ, pour finalement les restituer. Le gouvernement turc, quant à lui, nous a empêchés de partir et a retenu les navires.
Nous avons alors organisé un sit-in qui a duré cinq mois dans le port pour demander la permission de partir. Finalement, un seul navire a été autorisé : le « Al-Damir » (La Conscience), qui devait se rendre d’abord à Malte avant de continuer vers Gaza. Cependant, Israël l’a ciblé.[1]
Bien que le bombardement d’un navire civil dans les eaux européennes constitue une violation grave, cela ne nous a pas arrêtés ; au contraire, cela a suscité un tollé médiatique. Nous avons ensuite lancé d’autres navires, y compris un petit navire transportant des civils, qui a été confronté à la marine israélienne.
Les initiatives se sont multipliées et de nombreux groupes ont cherché à y participer. Pour ma part, j’ai été à bord de plusieurs navires : l’un transportait 21 personnes, il était principalement dédié aux enfants de Gaza, et a été attaqué par Israël.
J’ai ensuite embarqué sur un autre navire, puis sur le « Al-Damir », qui transportait 92 personnes, principalement des médecins et des journalistes, afin de mettre en lumière le ciblage de ces groupes à Gaza.
Ces vagues de navires exerçaient une pression constante. Nous voulions montrer que ce qui se passe à Gaza ne se limite pas à des assassinats, mais relève d’une politique d’extermination, ciblant également les professionnels du secteur médical et médiatique. Les syndicats et les institutions internationales ne jouent pas pleinement leur rôle et élèvent trop peu leur voix.
Notre message est que les États ont une responsabilité légale. La plupart des pays du monde, y compris plusieurs pays arabes et islamiques, envoient de l’aide, mais la retiennent dans des lieux comme Al-Arish, laissant Israël contrôler son entrée à Gaza.
Cela est inacceptable, car la partie accusée d’extermination décide elle-même si l’aide passe ou non, ce qui revient pratiquement à participer au blocus. Si les États affirment s’opposer à la famine mais laissent cette situation perdurer, ils contribuent aussi au blocus et à l’extermination.
Ainsi, si les États ne remplissent pas leur devoir, ce sont les peuples qui doivent agir. Nous poursuivons cette voie et continuerons à agir, quelles que soient les difficultés. L’objectif ne se limite pas à briser le blocus, mais vise à mettre fin à cette situation dans son ensemble.
Ce qui se passe aujourd’hui révèle également la tentative d’Israël et des États-Unis de saper le droit international, ce qui est extrêmement dangereux, car ce droit constitue le fondement de la protection des droits des peuples. La responsabilité incombe donc à tous, non seulement envers la Palestine, mais aussi envers l’avenir des droits humains à l’échelle mondiale.
Notes :
[1] Selon un rapport des garde-côtes maltais, le navire « Al-Damir » a été touché par deux frappes aériennes israéliennes dans les eaux internationales, provoquant d’importants dégâts et des incendies à bord. D’après un communiqué de la « Coalition de la Flottille de la Liberté », ce rapport réfute les récits qui tentaient de justifier l’attaque et confirme que le navire menait une mission civile et pacifique, ne représentant aucune menace.
Auteur : Huwaida Arraf
* Huwaida Arraf, militante palestinienne-américaine des droits de l'homme, avocate et cofondatrice du Mouvement de solidarité internationale (ISM)
19 mai 2026 – The Palestine Studies – Traduction de l’arabe : Chronique de Palestine – Fadhma N’Soumer

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