Jeudi 18 juin 2026 - Des milliers de personnes se sont rassemblées au mausolée de l'imam Khomeini, fondateur de la République islamique d'Iran, pour commémorer le 37e anniversaire de son décès - Photo : IRNA
Par Adam Hanieh, Diana Buttu
La guerre américano-israélienne contre l’Iran et le Liban, ainsi que le génocide en cours en Palestine, sont en train de redessiner le paysage politique de la région. Les alliances sont en pleine restructuration et les vieilles certitudes concernant la puissance américaine sont remises en question.
La guerre a également prouvé que l’économie mondiale reste profondément liée aux combustibles fossiles et confirmé l’importance stratégique du Golfe au sein des réseaux internationaux d’énergie et de commerce.
Ces crises révèlent également que ce qui se passe en Palestine ne se confine pas à la Palestine.
Au contraire, la violence impérialiste et l’exploitation qu’elle subit de plein fouet touchent maintenant toute la région, et leurs répercussions se font vivement sentir dans l’ensemble du Sud global à travers la hausse des prix de l’énergie, l’insécurité alimentaire, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’aggravation de la précarité économique.
Par conséquent, comprendre ce qui se passe en Palestine, c’est comprendre ce qui engendre ces crises.
Dans cette table ronde, les analystes palestiniens Diana Buttu et Adam Hanieh examinent ce que ce moment révèle sur l’évolution de l’architecture du pouvoir impérialiste américain, l’ordre régional qui se dessine actuellement et les implications pour la lutte pour la libération palestinienne.
Cette table ronde est adaptée d’une conversation enregistrée le 19 mai 2026 pour un épisode de podcast de Rethinking Palestine. Elle a été éditée en vue de sa publication.
Comment la guerre régionale actuelle redéfinit-elle les relations entre les États-Unis, Israël et les États arabes du Golfe ?
Adam Hanieh
Ce que nous avons observé au cours des deux dernières décennies, c’est une tentative des États-Unis de normaliser les relations entre les États arabes du Golfe et le régime israélien, qui constituent, en effet, les deux piliers de leur projet impérial au Moyen-Orient.
Cela précède clairement le génocide à Gaza et la guerre actuelle menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et le Liban.
Pour comprendre cette trajectoire, il faut la replacer dans le contexte géopolitique plus large. En réponse au relatif déclin de la puissance américaine à l’échelle mondiale, Washington a cherché à réaffirmer sa primauté dans des régions telles que le Moyen-Orient.
L’une des façons dont il a tenté d’y parvenir a été de rassembler ces deux piliers sous une même égide américaine.
Au cœur de cette stratégie se trouvent l’essor de la Chine et le rôle du Golfe dans l’économie énergétique mondiale. La Chine dépend du Moyen-Orient pour environ 60 % de ses importations de pétrole et une grande partie de son gaz naturel liquéfié (GNL), tandis que le Golfe est également devenu une plaque tournante logistique essentielle pour les ambitions commerciales mondiales de Pékin.
Dans le même temps, malgré des investissements croissants dans les énergies renouvelables, nous n’assistons pas à une véritable alternance aux combustibles fossiles.

Soldats iraniens des Gardiens de la Révolution, lors d’une parade militaire à Téhéran – Photo : archives
Au contraire, la production mondiale de pétrole, de charbon et de gaz a atteint des niveaux records l’année dernière. Ce à quoi nous assistons plutôt, c’est un processus additif dans lequel les énergies renouvelables viennent se superposer à une base de combustibles fossiles en expansion.
Les monarchies du Golfe illustrent parfaitement cette dynamique, menant l’expansion des énergies renouvelables dans toute la région tout en augmentant simultanément la production de pétrole et de gaz, principalement pour réduire la consommation nationale de combustibles fossiles destinée à la production d’électricité et pour exporter davantage de pétrole et de gaz à l’étranger.
Pour ces raisons, le Golfe reste stratégiquement central dans cet ordre mondial dominé par les combustibles fossiles, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour la Chine et l’économie mondiale dans son ensemble.
Un volet plus large de la stratégie américaine consiste donc à contrer l’influence croissante de la Chine dans la région par le biais du projet de normalisation, tout en s’assurant simultanément le contrôle continu des réseaux énergétiques et commerciaux qui sous-tendent l’économie mondiale.
Diana Buttu
Au lendemain d’octobre 2023, l’opinion publique israélienne a tout simplement cessé de s’intéresser à la normalisation. Ce n’était plus une priorité, et ce n’en est toujours pas une. Au lieu de cela, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tourné son attention vers l’affaiblissement des États arabes et la réduction de leur influence politique et économique.
C’est pourquoi, au cours des derniers mois de guerre – une guerre menée par Israël –, l’un des objectifs du régime israélien a été de créer une fracture entre ces États arabes. Il a réussi dans une certaine mesure.
En même temps, le régime israélien a cherché à affaiblir économiquement les États arabes, dans le but plus large de s’imposer comme la puissance régionale dominante. La question n’est plus la normalisation, mais la création d’un ordre régional qui oblige ces pays à traiter avec l’État sioniste, car le seul moyen d’atteindre les États-Unis passe par lui.
Ce que Netanyahu, son gouvernement et une grande partie de l’opinion publique israélienne semblent désormais privilégier, c’est la domination régionale — non seulement la domination militaire et politique, qu’Israël exerce depuis longtemps grâce à ses relations avec les États-Unis, mais une forme plus large de suprématie dans laquelle aucune puissance concurrente n’est autorisée à émerger dans la région.
Cela inclut l’affaiblissement de l’influence économique des États du Golfe.
Dans cette perspective, des actions telles que la frappe israélienne contre le Qatar en septembre 2025 et la poursuite de la confrontation avec l’Iran reflètent une logique stratégique plus large. Même les attaques de représailles contre Israël sont considérées comme des coûts acceptables si elles servent des objectifs plus larges : l’expansion territoriale dans des endroits comme le Liban, la Syrie et Gaza, et l’affaiblissement des autres centres de pouvoir économique et politique arabes.
Mais, au sein du Golfe, différents camps commencent à émerger. Certains acteurs se demandent pourquoi ils ont tant investi dans les États-Unis — et, dans le cas des Émirats arabes unis, dans des accords avec Israël — si aucun des deux ne s’est révélé capable d’offrir une protection ou une assistance significative.
D’autres, en revanche, redoublent d’efforts et soutiennent qu’un alignement plus profond reste la seule voie viable pour l’avenir. Ce qui est significatif, c’est qu’il ne semble plus y avoir d’approche régionale unique et unifiée, comme cela semblait être le cas par le passé.
La décision des Émirats arabes unis de quitter l’OPEP marque-t-elle un renforcement plus profond de leur alliance avec le régime israélien ?
Adam Hanieh
Une partie de la décision des Émirats arabes unis de se retirer de l’OPEP est liée à l’état actuel du marché mondial du pétrole. Le rôle principal de l’OPEP a traditionnellement été de modérer l’offre de pétrole sur le marché mondial, mais dans un contexte où les prix du pétrole sont élevés — et devraient le rester dans un avenir prévisible —, les Émirats arabes unis semblent veulent pouvoir augmenter librement leur production et leurs exportations.
Cette décision reflète également des tensions plus générales entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, qui reste la force dominante au sein de l’OPEP.
L’économie des Émirats arabes unis s’est également davantage diversifiée ces dernières années. Le pétrole reste central, mais des secteurs tels que la logistique, la finance, la pétrochimie, l’IA, les centres de données et les énergies renouvelables ont tous connu une croissance significative, ce qui signifie que le pétrole joue désormais un rôle un peu moins éminent qu’avant.
Cela dit, il est clair que les Émirats arabes unis, en particulier, ont récemment approfondi leurs relations avec Israël et les États-Unis — dans le cadre d’une volonté stratégique plus large de renforcer les liens avec Israël à travers le projet de normalisation issu des Accords d’Abraham.
On le constate dans les rapports faisant état de la fourniture par Israël de systèmes d’armement aux Émirats arabes unis pendant la guerre actuelle, ainsi que dans les spéculations de la presse israélienne concernant la visite de Netanyahu aux Émirats arabes unis il y a quelques mois. Ainsi, du moins dans le cas des Émirats arabes unis, la normalisation semble bien s’approfondir.
Malgré tout, je ne serais pas surpris qu’il y ait des débats au sein de l’élite politique émiratie pour savoir si c’est vraiment la meilleure stratégie.
Dans le cas de l’Arabie saoudite, en revanche, la situation reste plus compliquée et reflète en partie la fracture entre ce pays et les Émirats arabes unis. Reste à voir si l’Arabie saoudite finira par suivre la même voie.
Que révèle l’approche du régime israélien en matière de normalisation avec les États arabes sur la façon dont il perçoit sa place dans la région ?
Diana Buttu
Avant octobre 2023, il y avait une forte pression en Israël pour faire avancer le projet de normalisation avec les États arabes. Ce projet visait, en grande partie, à mettre les Palestiniens sur la touche et à faire passer le message à l’opinion publique israélienne que le régime n’avait jamais vraiment eu besoin de régler la question palestinienne.

2 mai 2025 – La mère de Saif Al-Ghaid, âgé de treize ans, le porte de son fauteuil roulant jusqu’à son lit, à l’intérieur de la tente familiale située dans la région d’Al-Zawaida, au centre de la bande de Gaza. Il a été blessé lors d’un bombardement visant le quartier de Shuja’iya alors qu’il était déplacé avec son oncle. Il a subi une grave lésion médullaire qui l’a laissé paralysé des jambes, ainsi que des problèmes rénaux et des fièvres récurrentes. Le père de Saif a été tué au début du génocide perpétré par Israël à Gaza, le laissant déplacé avec sa mère et ses frères et sœurs du nord de la bande de Gaza vers le sud. Les ressources médicales étant limitées en raison du blocus israélien en cours, la santé de Saif se détériore, et sa mère affirme que son fils doit être transféré d’urgence à l’étranger pour y être soigné – Photo : Doaa Albaz / Activestills
Au contraire, il pouvait établir des relations de paix et des liens économiques avec le monde arabe sans mettre fin à l’occupation, sans démanteler le projet colonial et, bien sûr, sans aborder les droits fondamentaux des Palestiniens et, surtout, le droit au retour.
Le régime israélien affirme depuis longtemps vouloir « la paix avec ses voisins », mais il n’a jamais connu ce que l’on pourrait véritablement qualifier de paix chaleureuse avec l’Égypte, malgré un accord de paix en vigueur depuis 1979. Il en va de même pour la Jordanie, malgré l’accord de 1994.
Et bien que le régime israélien n’ait jamais été en guerre avec les Émirats arabes unis, les relations avec ce pays ont également été très asymétriques. On voit certes des Israéliens se rendre aux Émirats arabes unis, mais on ne constate pas le même mouvement dans l’autre sens.
Depuis octobre 2023, cependant, même le débat sur la normalisation a largement disparu du discours public israélien. En fait, je serais surprise que la plupart des Israéliens puissent citer cinq pays arabes en plus des quatre que nous venons de mentionner.
Cela s’explique en partie par le fait qu’Israël se perçoit comme différent des autres pays de la région. Les Israéliens n’apprennent généralement pas l’arabe, et Israël s’est historiquement considéré comme aligné sur l’Europe plutôt qu’ancré au Moyen-Orient.
Pour cette raison, la normalisation n’a jamais vraiment porté sur son intégration dans la région. Et depuis octobre 2023, le discours politique israélien s’est encore davantage polarisé et la normalisation ne semble plus être l’objectif central.
On pourrait même dire qu’il ne l’a jamais été. Le discours a toujours porté sur la « paix », mais la trajectoire politique a de plus en plus été axée sur la domination plutôt que sur la coexistence.
Quel rôle joue la Chine dans le contexte de l’affaiblissement relatif de la domination américaine dans la région ?
Adam Hanieh
Bien que les États-Unis restent dominants sur les plans militaire et financier, je pense que nous assistons à un affaiblissement relatif de leur puissance à l’échelle mondiale. Leur position n’est plus aussi incontestée qu’elle l’était autrefois.
Parallèlement, je pense qu’un débat est en cours en Chine sur le degré d’implication qu’elle devrait avoir au Moyen-Orient — ou s’il vaut mieux laisser les États-Unis continuer à se débattre face à l’affaiblissement de leur domination régionale.
Pour faire suite à mon intervention précédente, ce débat est façonné par la reconnaissance par la Chine de l’importance de la région, compte tenu de sa dépendance vis-à-vis des importations d’énergie du Moyen-Orient, en particulier des États du Golfe.
Il existe également un lien plus large entre le commerce du pétrole et la domination du dollar américain à l’échelle mondiale, ce qui est important car cela sous-tend la capacité de Washington à imposer des sanctions à des États et des entreprises en Chine et ailleurs.
Ces dernières années, la Chine a déployé des efforts déterminés tant pour constituer ses stocks de pétrole que pour diversifier ses importations énergétiques, s’éloignant du Moyen-Orient pour se tourner vers des partenaires tels que la Russie. À l’heure où nous parlons, la Chine et la Russie mènent des discussions intensives sur de nouveaux projets de gazoducs reliant les deux pays.
Mais au-delà de l’énergie, la région est devenue de plus en plus centrale dans la stratégie mondiale plus large de la Chine. L’initiative « Belt and Road », par exemple, s’appuie fortement sur le Golfe en tant que plaque tournante logistique clé : environ 60 % des échanges commerciaux de la Chine avec l’Europe et l’Afrique transitent par Dubaï.
La région revêt donc une importance stratégique considérable pour les ambitions commerciales mondiales de la Chine.
Pour toutes ces raisons, je pense que les décideurs politiques chinois sont très conscients de ce qui se passe au Moyen-Orient et de la question plus large concernant l’avenir de la puissance américaine dans la région.
Il est toutefois difficile d’imaginer la Chine assumer le même type de rôle en matière de sécurité que celui que les États-Unis ont historiquement joué dans la région. La Chine ne dispose pas du même réseau de bases militaires ni de la même capacité de projection militaire.
Diana Buttu
En ce qui concerne plus spécifiquement la Palestine, la Chine a historiquement adopté une position assez cohérente : elle s’oppose à l’occupation et soutient une solution à deux États, à l’instar de nombreux autres pays. Mais au-delà de cela, elle a généralement évité de s’impliquer profondément dans la lutte palestinienne.
Il existe peut-être une exception notable, à savoir l’organisation par la Chine de pourparlers de réconciliation entre les organisations politiques palestiniennes pendant le génocide. L’objectif déclaré était d’encourager une certaine forme d’unité palestinienne afin qu’il puisse au moins y avoir une stratégie politique unifiée pour faire face au régime israélien.
Mais au-delà de cela, le rôle de la Chine semble assez limité. Dans mes conversations avec des Chinois, l’avis qui ressort systématiquement est que, bien que Pékin soutienne la Palestine, sa politique étrangère ne repose fondamentalement pas sur une intervention directe ou un engagement politique plus profond.
Cela dit, cela reste très différent de la position des États-Unis, qui n’ont jamais vraiment pris position en faveur de la libération d’une partie quelconque de la Palestine.
Comment le choc économique mondial actuel provoqué par la guerre affecte-t-il les communautés vulnérables, en particulier dans les pays du Sud ?
Adam Hanieh
Nous devons cesser de considérer la région comme un simple gigantesque robinet de pétrole. Le Golfe est profondément intégré aux chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui signifie que les guerres impliquant l’Iran ou le Liban ont des répercussions bien au-delà du Moyen-Orient, en particulier dans les pays vulnérables du reste du Sud.
L’une des évolutions majeures de ces dernières années est que les économies du Golfe se sont diversifiées au-delà de la simple exportation de pétrole brut et de gaz. Elles sont désormais de grands exportateurs de produits chimiques, d’engrais et d’autres produits pétrochimiques.

Les équipes de secours et d’autres intervenants s’efforcent de récupérer les corps des écolières tuées lors d’une frappe américano-israélienne à Minab, en Iran, le 28 février 2026 – Photo : Abbas Zakeri/Mehr News
Environ un tiers des expéditions mondiales d’engrais transitent par le détroit d’Ormuz, aux côtés d’exportations telles que le soufre et l’hélium.
L’impact de la hausse des prix de ces produits, ainsi que la possibilité de perturbations de l’approvisionnement, font que les pays du Sud risquent de subir des chocs bien plus importants sur leurs systèmes alimentaires.
La hausse des prix du gaz augmente le coût des machines, de l’irrigation et du transport maritime. Les prix des engrais augmentent également. Même les plastiques utilisés pour emballer les aliments dépendent fortement des exportations pétrochimiques du Golfe.
De nombreux pays dépendants des importations du Golfe étaient déjà confrontés à de graves crises avant le début de la guerre. Le Soudan en est un exemple flagrant. Le pays est dévasté par la guerre civile depuis des années et était déjà confronté à une grave insécurité alimentaire tout en dépendant fortement des importations d’engrais du Golfe.
Le Yémen et le Liban sont confrontés à des vulnérabilités similaires.
Ainsi, les chocs émanant du Golfe sont amplifiés par ces crises préexistantes. En ce sens, les pays du Sud seront probablement touchés bien plus profondément que des pays comme le Royaume-Uni ou d’autres États européens.
Comment tout cela affecte-t-il la lutte pour la libération de la Palestine ?
Diana Buttu
Il suffit de peu pour que le monde cesse de s’intéresser à la Palestine. Les deux premières années du génocide ont forcé les gens à regarder vers Gaza en raison de l’ampleur même de la destruction : des villes entières rayées de la carte, des dizaines de milliers d’enfants tués et près de 100 000 morts selon certaines estimations.
Mais même à cette époque, une grande partie de ce que le régime israélien faisait ailleurs restait ignorée : en Cisjordanie, à Jérusalem, à l’intérieur des territoires occupés en 1948 et au Liban. Et aujourd’hui, alors que la guerre régionale s’étend et que le génocide persiste, il est devenu très facile pour le monde de revenir à ce que l’on appelle le « statu quo », ce qui, dans la pratique, signifie ignorer à nouveau la Palestine.
Pour aider véritablement la Palestine, il faudrait s’opposer au régime israélien — et les États-Unis, le Canada et les pays d’Europe occidentale ne veulent tout simplement pas le faire. L’attention s’est donc détournée de Gaza pour se porter sur l’Iran, ce qui est précisément ce que Netanyahu voulait.
Pendant ce temps, depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, les forces d’occupation israéliennes ont continué à bombarder Gaza quotidiennement. Des centaines de Palestiniens ont été tués et des milliers blessés depuis lors, mais très peu d’acteurs internationaux en parlent.
Il n’y a eu aucune reconstruction significative, aucune entrée notable de denrées alimentaires ou de matériel de reconstruction, et Israël a continué à étendre son contrôle sur Gaza. Netanyahu lui-même s’est récemment vanté que les forces israéliennes contrôlent désormais 60 % du territoire et ont l’intention d’en prendre davantage.
L’attention internationale s’est détournée vers d’autres sujets et les Palestiniens ont, une fois de plus, été abandonnés. Malheureusement, tout cela était parfaitement prévisible.
Auteur : Diana Buttu
* Diana Buttu est avocate et analyste palestinienne. Conseillère politique de Al-Shabaka, Diana Buttu est une avocate qui a été conseillère juridique de l’équipe de négociateurs palestiniens et membre de l’équipe qui a participé aux poursuites contre le Mur devant la Cour internationale de Justice. Elle intervient fréquemment sur la Palestine sur des chaînes de télévision internationales comme CNN et la BBC. Elle est également une analyste politique d’Al Jazeera International et elle contribue régulièrement à The Middle East magazine et à Zeteo. Diana Buttu conserve une activité juridique en Palestine, principalement en droit international appliqué aux droits de l’homme.Elle a écrit « Gaza : The Story of a Genocide », un recueil d'essais qu'elle a coédité, et ses mémoires, « The Hour of the Wolf ».
Auteur : Adam Hanieh
* Adam Hanieh est professeur d'économie politique et de développement mondial à l'Institut d'études arabes et islamiques de l'université d'Exeter et chercheur émérite à l'Institut d'études internationales et régionales (IIAS) de l'université Tsinghua, à Pékin, en Chine. En tant qu'éminent spécialiste de l'économie politique du Moyen-Orient, Hanieh s'est particulièrement intéressé à la dynamique de la formation des classes et des États dans les six monarchies arabes du Golfe riches en pétrole, ainsi qu'à l'impact profond du capitalisme du Golfe sur les développements socio-économiques et politiques dans le Moyen-Orient au sens large. Outre ses travaux sur le Golfe, Hanieh a beaucoup écrit sur la Palestine et a été l'un des membres fondateurs du Centre d'études sur la Palestine à la SOAS, Université de Londres
10 juin 2026 – Al-Shabaka – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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