Extrait vidéo : madias militaires de la réssiatnce libanaise
Par Al-Mayadeen
Les opérations de précision menées par le Hezbollah à l’aide de drones FPV infligent des pertes croissantes aux unités d’invasion israéliennes dans le sud du Liban, mettant en évidence l’incapacité de l’armée d’occupation à neutraliser une menace peu coûteuse mais de plus en plus efficace.
Trois soldats de l’armée d’occupation israélienne, postés près d’un char, ont entendu un léger bourdonnement avant d’en identifier la source. En quelques secondes, le drone FPV [First Person View] équipé de fibre optique est apparu dans leur champ de vision, trop tard pour qu’ils puissent réagir.
La retransmission en direct s’est brusquement interrompue lorsque le drone a explosé à proximité, tuant un soldat et en blessant six autres, dans un incident emblématique de l’escalade de la guerre des drones menée par le Hezbollah le long de la frontière libanaise, comme le rapporte The Guardian.
Des incidents de ce type sont de plus en plus fréquents dans le sud du Liban, où le mouvement de résistance islamique Hezbollah a intégré les drones à sa campagne de guérilla contre l’agression israélienne.
Les images de drones FPV frappant des chars, des bulldozers et des soldats israéliens circulent de plus en plus largement.
La vidéo d’une minute, datée du vendredi 5 mai, commence par montrer un drone FPV (vue à la première personne) survolant une zone contrôlée par l’armée israélienne. On voit le drone suivre un soldat israélien qui se déplace près d’un char Merkava dans la position israélienne récemment établie de Nimr Al-Jamal, face à la ville frontalière libanaise d’Alma al-Shaab, dans le sud du pays.
Des drones à fibre optique
Ces drones sont peu coûteux, « consommables » et difficiles à esquiver. Contrairement aux systèmes radiocommandés classiques, ils sont reliés à leurs opérateurs par des câbles à fibre optique de plusieurs kilomètres de long, ce qui les rend imperméables au brouillage électronique.
Ils permettent également aux opérateurs, à l’aide de flux vidéo en direct, de guider directement les points d’explosion qui se déclenchent à l’impact. Cette fonctionnalité FPV aest maintenant utilisée pour prendre pour cible des unités blindées et du personnel israéliens, avec une efficacité croissante.
Le Hezbollah a utilisé ces drones pour tuer un conducteur de bulldozer, contourner le système de défense Trophy des chars Merkava « israéliens » et frapper à plusieurs reprises des positions militaires.
Un responsable militaire israélien a déclaré qu’« Israël reconnaissait la menace que représentent les drones » et qu’il s’efforçait de développer « des capacités de détection et d’interception de ces armes ». Un officier supérieur a également été chargé de trouver des solutions, car « Israël » a lui aussi déployé des drones FPV au Liban.
Une arme peu coûteuse et adaptée à la guérilla
Pour le Hezbollah, les drones FPV constituent un moyen économique d’infliger des dégâts à une force militaire mieux équipée et d’alourdir le coût de la poursuite de l’occupation « israélienne » dans le sud du Liban.
Les médias militaires du Hezbollah ont diffusé une vidéo intitulée « La fierté de l’industrie libanaise », accompagnée du texte en hébreu « בגאווה, תוצרת לבנון ». La vidéo montre des images de l’intérieur d’une des usines de fabrication de drones du Hezbollah.
Une source au sein du Hezbollah a déclaré que cette évolution reflétait des changements structurels au sein du groupe. « Cette évolution s’inscrit dans le cadre des efforts visant à surmonter les difficultés d’approvisionnement suite à la perturbation de la voie d’approvisionnement syrienne après la chute de Bachar al-Assad fin 2024 », a déclaré la source.
Le groupe s’appuie de plus en plus sur des systèmes fabriqués localement. La fabrication de chaque drone coûte environ 300 à 400 dollars (250 à 350 euros), grâce à l’impression 3D et à « des composants électroniques disponibles dans le commerce pouvant être adaptés à un double usage civil et militaire », a ajouté la source.
L’évolution des tactiques guerrières du Hezbollah
L’utilisation de drones FPV reflète également un retour à des tactiques de type guérilla, destinées à accroître la pression sur les forces d’occupation israéliennes dans le sud du Liban.
La portée estimée des drones, de plusieurs dizaines de kilomètres, oblige « Israël » à réévaluer la profondeur de sa « zone tampon » dans la région. Les plans israéliens antérieurs avaient fixé la « zone tampon » à environ 11 km, en se basant sur l’utilisation par le Hezbollah d’armes antichars guidées lors de confrontations précédentes.
Contre-mesures israéliennes et défis techniques
Malgré son système « Dôme de fer », qui a coûté plusieurs milliards de dollars, « Israël » n’a pas réussi à intercepter ces petits drones. Dans certains cas récents, des soldats ont même tenté de les abattre avec leurs armes personnelles.
Mars 2026 – Les médias militaires du Hezbollah ont diffusé des images de l’attaque menée par la Résistance islamique contre un char Merkava appartenant à l’armée israélienne ennemie, sur le site récemment établi de Markaba, dans le sud du Liban.
Une source militaire israélienne a déclaré que les unités de renseignement de l’ensemble des forces armées travaillaient sur des « modèles d’alerte plus efficaces » et faisaient progresser la recherche sur de nouvelles technologies de lutte contre les drones.
« Les FPV à câble à fibre optique ne peuvent pas être brouillés par la guerre électronique, et ils sont plus difficiles à détecter », a déclaré Rob Lee, chercheur principal au sein du programme Eurasie de l’Institut de recherche en politique étrangère.
Lee a ajouté que les armées du monde entier donnaient désormais la priorité aux contre-mesures contre les tactiques de drones observées pour la première fois en Ukraine.
Les enseignements tirés de la guerre en Ukraine
Les drones FPV à fibre optique ont fait leur apparition dans la guerre en Ukraine fin 2024, en réponse au brouillage électronique généralisé.
Les deux camps ont testé ces systèmes, mais la Russie en a fait un usage particulièrement intensif en raison de son accès plus facile aux matériaux de fibre optique.
La source du Hezbollah a reconnu que le groupe avait étudié leur impact sur le champ de bataille en Ukraine, où ces drones se sont révélés très efficaces.
Au-delà des dégâts sur le champ de bataille, les drones FPV ont également une fonction de propagande. Des vidéos montrant des soldats quelques instants avant l’impact ont largement circulé tant au Liban qu’en Ukraine, renforçant leur impact psychologique.
La branche médiatique du Hezbollah a récemment publié des images filmées par un drone entrecoupées d’images d’un aigle royal en train de chasser, accompagnées d’une musique sous le titre « We Will Hunt You Down » (Nous vous traquerons).
La vidéo montre des drones de la Résistance survolant la zone, simulant des attaques contre leurs cibles à la manière d’aigles, afin de souligner la précision et la puissance de leurs frappes.
« L’objectif de la guérilla n’est pas une victoire rapide, mais plutôt l’épuisement progressif de l’ennemi », a expliqué le général de brigade libanais à la retraite Mounir Shehadeh, ancien coordinateur du gouvernement libanais auprès de la FINUL.
« S’ils sont utilisés à bon escient, [les drones FPV] sont capables de modifier l’équilibre des forces sur le champ de bataille, en particulier dans les contextes de conflits asymétriques », a souligné M. Shehadeh.
Auteur : Al-Mayadeen
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12 mai 2026 – Al-Mayadeen – Traduction : Chronique de Palestine

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