En pleine folie meurtrière, l’Etat génocidaire bombarde le Liban

2 mars 2026 - De la fumée s'élève au-dessus des bâtiments à la suite d'intenses frappes aériennes israéliennes visant la zone de Burj al-Barajneh, dans le sud de Beyrouth, au Liban - Photo : Houssam Shbaro / AA

Par Al-Mayadeen

Des avions de combat et des pièces d’artillerie israéliens ont frappé lundi des villes du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth.

Les forces d’occupation israéliennes ont lancé lundi une offensive à grande échelle dans le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth, faisant au moins 31 morts et 149 blessés selon le bilan préliminaire du ministère libanais de la Santé.

L’agression a commencé aux premières heures de l’aube, l’artillerie d’occupation israélienne prenant pour cible la périphérie d’Aita al-Shaab et les raids israéliens frappant les villes d’al-Shahabiya dans le district de Tyr et d’al-Sultaniya dans le district de Bint Jbeil, tuant trois civils à al-Shahabiya et quatre à al-Sultaniya.

Des frappes ont également touché Qalaway, tandis que les forces d’occupation ont simultanément pris pour cible Nabatieh, Adshit, Harouf, Toul et Kfour.

Le long de la frontière sud, les forces israéliennes ont pris pour cible des maisons et les zones environnantes à Yaroun, Aitaroun et Khiam, tandis que des tirs d’artillerie lourde pilonnaient les zones frontalières.

Une frappe de drone israélien a même visé le centre de Mays al-Jabal. Dans l’est du Liban, des avions de combat israéliens ont survolé à basse altitude les vallées occidentale et septentrionale de la Bekaa.

À l’aube, les frappes se sont intensifiées dans le district de Tyr, les avions de combat israéliens prenant pour cible Qana, Hallousia, Mahrouneh et Aiteet, tandis que des frappes ont touché des zones situées entre al-Taybeh et al-Qantara. Hadatha, dans le district de Bint Jbeil, a également été prise pour cible.

En milieu de matinée, l’assaut s’était encore élargi. Les avions de combat israéliens ont frappé deux fois Ain Qana, Kounin, Arab Salim, Mansouri et Srifa, tandis que des raids ont visé al-Majdal dans le district de Tyr pour la deuxième fois.

Toujours dans le district de Tyr, les avions de combat ont pris pour cible Burj al-Shamali et Wadi Jilo, tandis que Ma’roub a été frappé pour la deuxième fois. Des frappes ont également touché Jmeijmeh, Siddiqin, la zone entre Yanouh et Ma’arakeh, ainsi que la périphérie de Zarariya, Al-Hawsh et Tayr Daba.

Au moins 14 des 31 martyrs se trouvaient dans le sud du Liban, tandis que les autres se trouvaient dans la banlieue sud de Beyrouth, où une agression israélienne tôt à l’aube a visé des immeubles résidentiels à Haret Hreik et Jamous.

Un cessez-le-feu qui n’en a que le nom

L’agression de lundi s’inscrit dans la continuité d’un schéma qui persiste depuis le prétendu accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024.

Fin février 2026, la FINUL et le gouvernement libanais avaient recensé plus de 15 400 violations du cessez-le-feu par Israël, les estimations officielles les plus détaillées faisant état d’au moins 17 000 violations au total.

Parmi celles-ci, on compte plus de 7500 violations aériennes et près de 2500 incursions terrestres au nord de la Ligne bleue.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a recensé 2036 violations au cours des trois derniers mois de 2025 seulement, soit 542 en octobre, 691 en novembre et 803 en décembre, dans une plainte officielle déposée auprès des Nations unies en janvier 2026.

Au moins 370 personnes ont été tuées et environ 1000 blessées au Liban dans le cadre de l’agression israélienne depuis le 27 novembre 2024.

Après des mois de violations et d’agressions contre le Liban, la Résistance islamique au Liban a annoncé avoir lancé une salve de missiles et un essaim de drones visant le site de défense aérienne de Mishmar HaCarmel, au sud de Haïfa, dans la nuit de dimanche à lundi.

Cette opération a été menée en représailles à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei et en réponse aux attaques israéliennes en cours contre le Liban.

Un gouvernement fantoche

Par ailleurs, le gouvernement libanais a convoqué une session d’urgence en présence du commandant de l’armée, qui s’est ouverte par une minute de silence en hommage aux martyrs de la journée.

Cette session devrait aboutir à une décision concernant les derniers développements, en particulier les tirs de roquettes. Le ministre libanais de la Justice a demandé l’arrestation des personnes qui ont lancé des roquettes depuis le Liban.

La position du gouvernement, qui consiste à continuer de céder aux exigences israéliennes et à rester inactif face aux milliers de violations documentées, n’a guère contribué à protéger les civils libanais ou à affirmer la souveraineté sur le territoire libanais, alors même que le nombre de morts depuis le cessez-le-feu dépasse les 400.

Le problème au Liban n’est pas simplement celui de « l’autorité de l’État », mais celui de sa capacité d’action. Le gouvernement libanais agit comme s’il pouvait imposer des mesures de sécurité intérieure de grande envergure, tandis qu’« Israël » poursuit ses frappes, ses incursions et ses assassinats sans aucune contrainte.

Au cours des 15 derniers mois, « Israël » a continué à occuper et à étendre ses avant-postes dans plusieurs positions stratégiques à l’intérieur du Liban, tandis que le gouvernement était incapable de mettre en place un mécanisme d’application capable d’imposer le retrait ou de dissuader de nouvelles violations.

Les décisions prises lundi ne font qu’accentuer l’asymétrie existante. L’État concentre son pouvoir coercitif vers l’intérieur, poursuivant des mesures de désarmement politiquement explosives sous le feu des critiques, tandis que les facteurs externes d’instabilité, à savoir les attaques israéliennes continues, les points d’occupation persistants, la reconstruction au point mort et les dossiers non résolus des détenus, restent pratiquement intacts.

2 mars 2026 – Al-Mayadeen – Traduction : Chronique de Palestine

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