Rima Hassan, députée européenne - Photo : réseaux sociaux
Procès à charge contre Rima Hassan : l’apologie du terrorisme comme prétexte.
Un communiqué de l’AFPS – Association France Palestine Solidarité.
L’eurodéputée de La France insoumise était jugée après un post faisant référence à l’auteur d’un attentat à Tel-Aviv en 1972. Le parquet a requis dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité à l’occasion d’un procès à charge émaillé d’incidents et de menaces à l’encontre de Rima Hassan et de son avocat.
Comment ne pas voir que le ministère public comme les organisations partie civiles bien qu’ils s’en défendent, tentent par cette nouvelle réquisition abusive de faire taire une élue qui porte haut et fort la cause du peuple palestinien et du droit international ?
Comment ne pas voir l’acharnement politique et judiciaire orchestré par les soutiens d’Israël contre la députée au point qu’en juin dernier, cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU s’inquiétaient déjà du « harcèlement judiciaire et politique » contre la juriste franco-palestinienne et pointaient les « violations du droit à la liberté d’expression (…) résultant de l’application de l’infraction pénale d’apologie du terrorisme depuis le 7 octobre 2023 ».
Comme l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, l’AFPS dénonce « un usage totalement dévoyé de la loi » concernant l’apologie du terrorisme. « On peut aujourd’hui clamer que les bombardements sur Gaza sont légitimes sans être poursuivi, tandis qu’un simple tag en soutien à la Palestine vous fait encourir la prison. »
L’Association France Palestine Solidarité s’associe à tous ceux et toutes celles qui persistent à faire entendre les voix de la solidarité avec le peuple palestinien qui résiste avec courage à l’apartheid, à l’occupation, à la colonisation et au génocide perpétré par Israël.
Elle affirme sa solidarité pleine et entière avec Rima Hassan et demande sa relaxe lors du jugement prévu pour le 30 novembre prochain.
Le Bureau national de l’AFPS, le 22 octobre 2026.
Un communiqué de la Coordination nationale de l’UJFP – Union Juive Française pour la Paix.
Rima Hassan, l’Élue la plus poursuivie de l’histoire française en raison de ses opinions politiques : pourquoi tant d’acharnement ?
Le 20 octobre 2026, le parquet de Paris a requis contre Rima Hassan dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité. En cause : un tweet : « Kozo Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »
Elle a rapidement effacé ce message en raison des réactions qu’il suscitait.
Il faut regarder les chiffres en face.
Une vingtaine de plaintes déposées contre elle ont déjà été classées sans suite par le parquet de Paris : les infractions n’étaient pas caractérisées.
Plusieurs autres procédures sont encore ouvertes. Une cinquantaine de députés de la majorité présidentielle ont adressé un signalement à la justice et réclamé la levée de son immunité. Un ministre de l’Intérieur l’a lui-même signalée au procureur.
Le 2 avril, elle a été placée en garde à vue, une procédure de flagrance utilisée pour contourner son immunité parlementaire. Le jour de l’audience, des parties civiles se sont constituées en masse.
Pendant ce temps, Rima Hassan figure elle-même comme victime dans une dizaine de procédures, dont on parle beaucoup moins.
Alors nous posons des questions :
- Pourquoi une femme née apatride dans un camp de réfugiés palestiniens, juriste, ancienne agente de l’OFPRA, élue au Parlement européen, suscite-t-elle une telle fureur, alors même que le cœur de son discours consiste à réclamer ce que l’UJFP désigne comme « l’égalité des droits pour toutes et tous de la mer au Jourdain ? »
- Combien de plaintes classées sans suite faut-il pour reconnaître un harcèlement judiciaire ? Quel.le autre élu.e de la République a été convoqué.e, auditionné.e, placé.e en garde à vue et poursuivi.e avec une telle constance ?
Que représente-t-elle dans l’imaginaire collectif ?
- Est-ce le fait qu’une Franco-Palestinienne parle de la Palestine et de son droit à l’autodétermination ?
- Est-ce parce qu’elle nomme le génocide, — toujours en cours à Gaza —, la colonisation violente et l’apartheid, en s’appuyant sur le droit international ?
- Est-ce parce qu’elle a embarqué sur la flottille pour briser le blocus de Gaza ?
Pourquoi les médias qui consacrent des heures à ses tweets en consacrent-ils si peu aux dizaines de milliers de morts à Gaza ?
Et que dit de notre démocratie le fait qu’on veuille rendre inéligible une élue pour ses positions politiques ?
Ce qui est en jeu dépasse Rima Hassan. La qualification d’« apologie du terrorisme », brandie à tout propos, est devenue un outil pour disqualifier politiquement toute parole solidaire du peuple palestinien. Avec elle, ce sont les militant·es, les syndicalistes, les journalistes, les associations, les enseignant.es et/ou chercheur.es, les citoyen.es qui sont attaqué.es dans leur libre expression.
L’UJFP affirme avec Rima Hassan et conformément à la résolution 37/43 de 1982 de l’Assemblée Générale des Nations unies que la lutte des peuples pour l’indépendance et la libération de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère est légitime par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée, et ce, dans le respect du droit international, notamment du droit humanitaire et du droit de la guerre, dont nous réclamons la pleine application au Proche-Orient. Cette résolution cite explicitement l’Afrique du Sud, la Namibie et la Palestine.
L’Union Juive Française pour la Paix apporte son soutien plein et entier à Rima Hassan. Nous dénonçons la campagne de diabolisation dont elle est la cible et appelons à défendre, avec elle, la liberté d’expression, l’État de droit et le droit du peuple palestinien à exister.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 23 octobre 2026.

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