31 janvier 2026 - Des Palestiniens pleurent à l'hôpital Al Shifa leurs proches tués lors d'une frappe aérienne israélienne, ville de Gaza. Au moins 13 Palestiniens ont été tués lors d'une frappe aérienne israélienne sur un poste de police dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza. Selon des sources médicales et le ministère de la Santé de Gaza, au moins 28 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis l'aube, et ce malgré le soi-disant « cessez-le-feu ». Depuis la déclaration du « cessez-le-feu » en octobre, des centaines de Palestiniens ont été tués lors d'attaques israéliennes sur Gaza - Photo : Yousef Zaanoun / Activestills
Par Al-Mayadeen
Au moins neuf Palestiniens ont été tués alors que les violations du cessez-le-feu par Israël se poursuivaient dans toute la bande de Gaza, avec des bombardements touchant différentes zones.
Au moins neuf Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés alors que l’occupation israélienne poursuivait ses violations de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza pour le 117e jour consécutif, selon le correspondant d’Al Mayadeen.
Au cours des dernières 24 heures, les attaques israéliennes ont tué au total 13 Palestiniens, dont neuf depuis l’aube mardi, par des tirs d’artillerie et des tirs à balles réelles visant plusieurs zones du sud et de l’est de Gaza.
Trois Palestiniens ont été tués après que l’artillerie israélienne a bombardé des maisons et des tentes de déplacés dans la région de Qizan Abu Rashwan, au sud de Khan Younis, en dehors des zones contrôlées par l’armée israélienne.
Les victimes ont été identifiées comme étant Mahmoud Ayman al-Rass, 21 ans, Suleiman Abu Sitta, 28 ans, et Farid Suleiman Abu Sitta, 12 ans.
Des véhicules militaires israéliens ont également ouvert le feu à l’est, au centre et au sud de Khan Younis, tandis que des canonnières israéliennes tiraient sur le littoral de la ville.
Dans l’est de la ville de Gaza, trois Palestiniens, dont un adolescent et une adolescente, ont été tués et plusieurs autres blessés, certains étant dans un état critique, à la suite d’intenses bombardements israéliens sur des maisons et des tentes situées le long des rues Yafa, al-Sikka et al-Hajar, dans le quartier d’al-Tuffah.
Les victimes ont été identifiées comme étant Yousef Haboush, 36 ans, Bilal Haboush, 16 ans, et Rital Haboush, 12 ans. Les bombardements ont provoqué un incendie dans une maison résidentielle de la rue al-Sikka.
Plus tôt dans la nuit, la médecin palestinienne Intisar Shamlakh a été abattue par les forces israéliennes sur la place al-Shuja‘iyya, à l’est de la ville de Gaza. Elle était l’épouse du Dr Ahmad al-Rubaie, chef du service de pneumologie du complexe médical al-Shifa.
Trois autres Palestiniens, deux civils âgés et un nourrisson de cinq mois, ont été tués après que l’artillerie israélienne a frappé la rue 10 dans le quartier d’al-Zaytoun, au sud-est de la ville de Gaza. Les victimes ont été identifiées comme étant Ali Ahmad Salmi, 60 ans, Basina Mohammad Ayad, 55 ans, et le nourrisson Saqr Badr al-Hattou.
Un nombre de martyrs qui ne cesse d’augmenter
Mercredi matin, les forces israéliennes ont également procédé à des tirs d’artillerie lourde visant les zones orientales du camp de réfugiés d’al-Bureij, dans le centre de Gaza.
Selon des sources médicales, trois corps et 15 Palestiniens blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Gaza au cours des dernières 24 heures.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre, au moins 529 Palestiniens ont été tués et 1462 blessés, sans compter les 717 corps retrouvés sous les décombres.
Depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza le 7 octobre 2023, le bilan s’élève à 71 803 Palestiniens tués et au moins 171 570 blessés.
Les Israéliens refusent tout traitement au malades du cancer dans Gaza
Environ 11 000 patients atteints de cancer à Gaza se voient refuser des traitements vitaux et une évacuation médicale, car « Israël » continue de bloquer l’accès aux soins de santé et de restreindre le passage des frontières.
Le ministère de la Santé de Gaza a rapporté mercredi qu’environ 11 000 patients atteints de cancer à Gaza sont complètement privés de traitements spécialisés et de services de diagnostic, tant dans la bande de Gaza qu’à l’extérieur du territoire assiégé.
Le cancer, une nouvelle arme dans la guerre menée par Israël à Gaza ?
À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le ministère a indiqué que plus de 4000 patients ont obtenu une recommandation médicale pour un traitement en dehors de Gaza depuis plus de deux ans. Ces patients continuent d’attendre la réouverture des postes-frontières pour recevoir des soins pourtant essentiels.
Le ministère de la Santé a averti que les infrastructures destinées au traitement du cancer ont été gravement endommagées et ont épuisé leurs moyens. Les fournitures essentielles pour la chimiothérapie et les équipements de diagnostic sont en grande partie indisponibles.
Le ministère a qualifié la situation des patients atteints de cancer à Gaza de « catastrophique », soulignant que l’absence de diagnostic précoce et de suivi médical accélère la détérioration de leur état de santé.
Le ministère a appelé à une action internationale urgente afin de faciliter le déplacement des patients à l’étranger, d’autoriser l’entrée des médicaments essentiels et de réhabiliter les centres de santé dans toute la bande de Gaza.
Cette crise coïncide avec la Journée mondiale contre le cancer, attirant l’attention sur l’urgence humanitaire croissante à Gaza.
Alors que des milliers de personnes n’ont pas accès à des soins anticancéreux adéquats, le ministère de la Santé de Gaza a souligné que le système de santé était au bord de l’effondrement total sous la pression des agressions et du blocus qui n’ont jamais cessé.
Un besoin urgent de transférer des patients via le passage de Rafah
Le porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, Christian Lindmeier, a déclaré mardi que cinq patients et sept accompagnateurs avaient été transférés via le passage frontalier de Rafah, à la frontière entre Gaza et l’Égypte.
Il a ajouté que plus de 18 000 patients attendaient actuellement une évacuation médicale, citant l’impact de la guerre menée par « Israël » contre Gaza et les violations quotidiennes commises sur le territoire.
Par ailleurs, les médias palestiniens ont rapporté que 18 Palestiniens ont été tués mercredi en raison de l’escalade militaire continue. Parmi eux, 11 ont été tués dans les quartiers d’al-Tuffah et d’al-Zaytoun de la ville de Gaza.
L’Etat génocidaire envoie à Gaza 69 dépouilles et 66 caisses contenant des restes humains
Le ministère de la Santé de Gaza a reçu mercredi 4 février, les corps de 69 détenus martyrs, ainsi que 66 cercueils contenant des restes humains.
Le ministère palestinien de la Santé à Gaza a déclaré avoir reçu les corps de 54 martyrs, ainsi que 66 cercueils contenant des restes humains, remis mercredi par l’occupant israélien par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge.
Le ministère a indiqué que les équipes médicales traitent les restes conformément aux protocoles approuvés, en coordination avec les autorités compétentes, avant de les remettre aux familles.
Plus tôt dans la journée, le ministère avait annoncé l’arrivée de 15 autres corps de martyrs remis par l’occupant au complexe médical Al-Shifa, également grâce à l’intervention de la Croix-Rouge.
Preuves de torture et d’exécution
Cette récente remise de corps s’inscrit dans une tendance inquiétante qui s’est établie après le cessez-le-feu d’octobre 2025. Les corps restitués précédemment ont révélé des preuves choquantes de torture systématique et d’exécution pendant la détention israélienne.
Les équipes médicales qui ont examiné les premières restitutions de dépouilles ont constaté que presque toutes les victimes avaient les yeux bandés, étaient ligotées avec des attaches en plastique et présentaient des blessures par balle entre les yeux, ce qui indique clairement qu’il s’agit d’exécutions.
Dans une précédente interview pour Al Mayadeen, le Dr Ahmed al-Farra de l’hôpital Nasser a déclaré que les premiers groupes de corps rapatriés portaient tous « des marques de torture, sous différentes formes et à différents degrés ».
Je ne peux pas oublier les photos des otages palestiniens morts sous la torture
« Certains ont des traces de chenilles de char d’assaut sur le corps. Beaucoup ont été retrouvés les mains liées. Beaucoup ont reçu une balle entre les yeux. Beaucoup présentent des brûlures sur la peau », a expliqué le Dr al-Farra, ajoutant que « beaucoup avaient des morceaux de chair et de peau arrachés à l’aide d’outils tranchants tels que des pinces ».
Il a souligné que « les signes de torture sont inimaginables, des atrocités jamais vues auparavant dans l’histoire de l’humanité », notant que « en plus de tout cela, ces corps restent non identifiés. Il s’agissait de détenus incarcérés dans le tristement célèbre camp de Sde Teiman ».
Le Dr Munir Al-Bursh, directeur général du ministère de la Santé de Gaza, a précédemment décrit les corps rapatriés comme « ligotés comme des animaux, les yeux bandés et portant des traces horribles de torture et de brûlures… Ils ne sont pas morts de mort naturelle ; ils ont été exécutés après avoir été immobilisés ».
L’angoisse de l’identification
Sur les 360 corps palestiniens rendus à Gaza depuis le début du cessez-le-feu en octobre 2025, seuls une centaine environ ont été identifiés par leurs familles, soit moins de 30 %.
L’occupant a rendu des corps sans nom, en utilisant uniquement des codes numérotés, tandis que les six corps pour lesquels Israël a fourni des informations d’identification se sont avérés par la suite avoir été incorrectement étiquetés.
Les infrastructures médicales détruites de Gaza ne disposent pas des moyens nécessaires pour effectuer des tests ADN, ce qui oblige les familles à se rassembler dans les hôpitaux pour regarder les images des corps non identifiés sur des écrans, cherchant désespérément des traits reconnaissables parmi des restes gravement défigurés.
Incapables d’identifier la majorité d’entre eux, les autorités de Gaza ont été contraintes d’enterrer des dizaines de corps dans des fosses communes désignées comme « cimetières des inconnus ».
Les vols d’organes appartiennent à une longue histoire
Les autorités palestiniennes à Gaza ont officiellement accusé le régime israélien de vol systématique d’organes sur des corps déjà restitués. Le Dr Al-Bursh a déclaré que certains « avaient été vidés de leurs organes et bourrés de coton et de tissu, tandis que les cornées, les reins et même un foie avaient été volés ».
Le porte-parole du Bureau des médias de Gaza, le Dr Ismail al-Thawabta, a documenté des cas antérieurs de corps auxquels « les yeux, les cornées et d’autres organes, y compris le foie, avaient été prélevés ».
Ces allégations ne sont pas nouvelles. En 2009, le Dr Yehuda Hiss, ancien directeur de l’Institut médico-légal Abu Kabir « d’Israël », a admis à la télévision israélienne que les pathologistes « prélevaient régulièrement des organes sur des cadavres sans en informer les familles » dans les années 1990, prélevant des cornées, de la peau, des valves cardiaques et des os sur des Palestiniens, des Israéliens et des travailleurs étrangers.
Les corps comme monnaie d’échange
Le régime israélien détient actuellement au moins 766 corps palestiniens identifiés, dont 520 dans des morgues militaires et 256 dans des « cimetières de numéros », des tombes anonymes situées dans des zones militaires fermées.
Ce chiffre n’inclut pas les quelque 1500 corps détenus au camp de concentration de Sde Teiman.
La Cour suprême israélienne a statué en 2019 que les règlements d’urgence « israéliens » autorisaient la détention des corps palestiniens comme « monnaie d’échange » pour de futures négociations, une décision que l’organisation de défense des droits humains Adalah a qualifiée de « l’une des décisions les plus extrêmes de la Cour suprême depuis 1948 ».
Auteur : Al-Mayadeen
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4 février 2026 – Al-Mayadeen – Traduction : Chronique de Palestine

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