Appel international pour que cessent les pogroms en Cisjordanie

18 juillet 2026 - Les amis et la famille de Fadi A-Na’asan, âgé de 17 ans, assistent à ses funérailles, après qu’il a été abattu par des soldats israéliens dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie, à l’est de Ramallah. Fadi avait été touché à la jambe alors qu’il s’opposait à des soldats et des colons israéliens qui tentaient de s’introduire dans une maison de son village le samedi précédent. Une semaine après avoir été blessé, il a succombé à ses blessures. La maison que Fadi tentait de protéger faisait l’objet de menaces constantes et avait été attaquée à plusieurs reprises au cours des jours précédant la fusillade. Il s’agit de la maison palestinienne la plus à l’est du district de Ramallah, située tout près de la route d’Alon, et elle est actuellement la cible de mesures visant à expulser la famille qui y réside - Photo : Oren Ziv/Activestills

Par Alex MacDonald

B’Tselem et Rabbis for Human Rights entre autres appellent à l’action après l’assassinat de quatre Palestiniens par des colons près de Naplouse

Des organisations israéliennes de défense des droits humains demandent à la communauté internationale d’intervenir pour prévenir un « pogrom » en Cisjordanie occupée.

Des organisations dont B’Tselem, Rabbis for Human Rights et Adalah ont déclaré qu’il était nécessaire d’agir pour empêcher qu’il n’y ait des morts supplémentaires après l’assassinat vendredi de quatre Palestiniens par des colons israéliens.

Un groupe de colons armés a tué les quatre Palestiniens dans le village de Tel, près de Naplouse, tandis qu’un Palestinien a saisi l’arme d’un des colons et a ouvert le feu, tuant deux d’entre eux.

Bien qu’une enquête de l’armée israélienne ait constaté que les colons avaient pénétré dans une zone hors limite, le gouvernement israélien a ordonné à l’armée de détruire la maison du Palestinien accusé d’avoir tué les deux colons.

L’armée a déclaré mener une opération à Naplouse pour arrêter des dizaines de Palestiniens qui “ont participé à l’incident”.

Des organisations de défense des droits humains disent qu’il faut exercer “une pression immédiate” sur Israël pour prévenir de nouvelles attaques, ainsi que des pogroms, et défendre le droit international.

« Ces derniers jours, la violence perpétrée par des milices de colons, facilitée et soutenue par l’armée israélienne, s’est intensifiée dans toute la Cisjordanie, avec notamment l’incendie et la destruction de biens palestiniens, ainsi que l’expulsion par la force de familles et de communautés entières, » ont-elles déclaré dans un communiqué.

« Ces attaques se sont heurtées au silence et à l’inaction d’une bonne partie de la communauté internationale, permettant à la violence de continuer et d’aller croissant. »

Le mois dernier, B’tselem a déclaré que les forces israéliennes tuaient des enfants palestiniens en Cisjordanie occupée à un niveau jamais atteint depuis 1967, de 54 enfants assassinés rien qu’en 2025.

L’organisation de défense des droits humains dit que près d’un Palestinien sur quatre tués par les forces israéliennes en territoire occupé depuis octobre 2023 est un mineur, ce qui en fait le taux le plus élevé depuis le début de l’occupation.

Malgré ce taux élevé d’enfants tués, personne n’a été tenu pour responsable et il n’y a pas d’actes d’accusations connus en lien avec les assassinats depuis octobre 2023.

Selon B’Tselem les morts n’étaient pas « des erreurs isolées ou des violations d’ordres militaires ». Au contraire, l’organisation affirme qu’elles résultent d’une politique israélienne qui favorise des règles d’engagement laxistes, qualifie systématiquement les Palestiniens de « terroristes », et protège les soldats qui recourent à la force léthale.

24 juillet 2026 – Middle East Eye – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

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