Les Israéliens ont fait de Gaza le plus grand ghetto de l’histoire humaine

23 septembre 2026 - Des proches font leurs adieux à deux personnes tuées lorsque leur véhicule a été pris pour cible par une frappe aérienne israélienne dans le quartier d’Al-Mawasi, à Khan Yunis, dans la bande de Gaza. Cette attaque, qui a également fait plusieurs blessés, s’est produite alors qu’Israël poursuivait ses bombardements sur la bande de Gaza, notamment sur des zones abritant des personnes déplacées, créant un climat de peur et d’angoisse parmi les familles palestiniennes. Plus de 1300 Palestiniens, dont 301 enfants, ont été tués par les bombardements israéliens à Gaza depuis la proclamation du soi-disant « accord de cessez-le-feu » en octobre 2025 - Photo : Doaa Albaz/Activestills

Par EuroMed Monitor

Israël transforme Gaza en plus grand ghetto de l’histoire moderne, tuant ses habitants les uns après les autres alors que le génocide, qui dure depuis trois ans, se poursuit.

Israël a transformé la bande de Gaza, qui était la plus grande « prison à ciel ouvert » du monde, en plus grand « ghetto » de l’histoire, avec plus de deux millions de Palestiniens isolés sous le poids d’un double blocus sans précédent.

Ce double blocus combine un contrôle militaire sur environ 70 % de la superficie de l’enclave, contraignant les habitants à vivre dans des conditions de surpeuplement et les privant de leur droit au logement, et la fermeture des points de passage afin de contrôler systématiquement l’entrée des produits de première nécessité.

En conséquence, les habitants sont piégés dans une zone appauvrie, dépourvue du minimum nécessaire à leur survie, au milieu d’un génocide qui se poursuit.

Le blocus extérieur total et illégal, mis en œuvre par la fermeture des points de passages, resserre l’étau autour de millions de personnes déplacées de force dans la bande de Gaza. Il perpétue une privation systématique en empêchant l’entrée de fournitures vitales, notamment de nourriture, de médicaments, de carburant et de matériaux de construction pour les abris.

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Cela s’inscrit dans le cadre d’une restriction humanitaire qui s’accompagne d’une destruction généralisée des habitations et des établissements de santé, privant les habitants de leurs droits les plus fondamentaux et de leur capacité à survivre ou à bénéficier de soins médicaux.

Quant au blocus intérieur, la zone soumise au contrôle militaire israélien illégal et aux restrictions d’accès s’est étendue pour couvrir environ 70 % de la bande de Gaza, s’étendant au-delà des positions militaires situées derrière la « ligne jaune » et s’enfonçant profondément dans les zones peuplées.

Cela renforce une politique de déplacement forcé, privant les habitants de l’accès à leurs terres, à leurs logements et aux infrastructures vitales, tout en les contraignant à vivre dans des conditions de surpeuplement étouffantes, dans une zone qui ne cesse de rétrécir, sans abri sûr ni aucune garantie quant à leur droit au retour.

Qualifier Gaza de « plus grand ghetto de l’histoire » reflète une réalité démographique et spatiale sans précédent. Israël concentre délibérément plus de deux millions de personnes dans une zone appauvrie couvrant moins de 30 % de la bande de Gaza, créant ainsi une densité de population étouffante, la plus élevée au monde.

L’énorme population isolée de Gaza, combinée au contrôle militaire des points de passage et à la privation systématique des besoins fondamentaux à la survie, engendre un isolement et une destruction massive d’une ampleur qui en font le ghetto le plus vaste et le plus cruel de l’ère moderne.

Israël utilise la famine comme une arme meurtrière pour anéantir la population, ce qui constitue une violation persistante et un crime de guerre à part entière. En entravant délibérément l’approvisionnement alimentaire et en empêchant l’entrée de carburant, il a mis hors service les usines de dessalement et les pompes à eau, forçant ainsi des centaines de milliers de personnes à boire de l’eau contaminée.

Cette situation a entraîné la propagation de maladies infectieuses et cutanées, ainsi qu’une malnutrition aiguë parmi les personnes déplacées qui vivent sans disposer des conditions les plus élémentaires en matière d’hygiène et de logement. Selon les données officielles, 460 Palestiniens, dont 164 enfants, sont morts de faim.

Des dizaines d’autres sont décédés dans des circonstances similaires, mais leur décès n’a pas été recensé en raison de l’effondrement total des systèmes sanitaires et institutionnels de la bande de Gaza.

Les restrictions imposées aux évacuations médicales privent des dizaines de milliers de patients et de blessés de la bande de Gaza des soins spécialisés dont ils ont besoin.

Seuls 19 des 36 hôpitaux de Gaza restent opérationnels, et tous ne fonctionnent que partiellement en raison de graves pénuries de médicaments, de matériel et de carburant.

Retarder le départ de patients nécessitant un traitement urgent à l’étranger alors que leur état s’aggrave au sein d’un système de santé détruit les expose à un risque de décès qui pourrait être évité.

Le génocide en cours a dévasté les structures familiales palestiniennes. Environ 60 000 enfants ont perdu un ou leurs deux parents, et plus de 26 000 femmes ont perdu leur mari.

Beaucoup sont également confrontés à des déplacements répétés, à la perte de leurs revenus et à la crainte des bombardements, même à l’intérieur des abris.

La perte de membres de leur famille, combinée à l’effondrement des services de santé, d’éducation et de protection, fait peser un fardeau extrême sur les femmes et les enfants et affaiblit les réseaux d’entraide et de solidarité dont dépend la société pour survivre.

Les conséquences de la transformation de Gaza en ghetto vont au-delà de la menace constante de mort : elles frappent au cœur de sa structure économique et sociale et sapent les fondements de la stabilité humaine.

Environ 1,7 million de personnes restent déplacées et coupées de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. Le chômage a atteint 78 % en 2025, tandis que la pauvreté s’est étendue à la grande majorité de la population.

Des familles entières sont devenues totalement dépendantes de l’aide humanitaire pour survivre après avoir perdu leur logement et leurs revenus, sans aucune perspective de retrouver une vie normale.

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La politique de déplacements forcés répétés prive non seulement les Palestiniens de leurs foyers, mais elle déchire délibérément le tissu social et sape les réseaux de solidarité et d’entraide qui soutiennent les familles en temps de crise.

Les difficultés liées à la prise en charge des familles s’accumulent à l’intérieur de tentes surpeuplées et de bâtiments endommagés, dans un contexte d’absence d’intimité et de menace sécuritaire permanente, tandis que les restrictions systématiques à l’entrée des matériaux de construction et à l’accès aux terres éliminent toute possibilité de réparer les habitations ou de rétablir les moyens de subsistance.

La persistance de cette réalité enracine le déplacement et la paupérisation et sape fondamentalement toute capacité de la société palestinienne à se relever et à se reconstruire.

Les déplacements répétés pèsent particulièrement lourd sur les enfants et les femmes. Environ 700 000 enfants sont privés d’une scolarité régulière en présentiel depuis près de trois ans, tandis que 91,8 % des enfants ayant participé aux consultations menées par l’UNICEF ont déclaré craindre les bombardements.

Dans les sites d’accueil surpeuplés, les femmes assument la responsabilité de trouver de la nourriture et de l’eau et de s’occuper de leur famille, souvent sans aucune intimité et alors que les services de santé se détériorent.

Le taux d’anémie chez les femmes enceintes a atteint 57,1 % au cours du premier semestre 2026. Les déplacements constants entre les tentes et les bâtiments endommagés privent les enfants d’un lieu sûr où apprendre ou jouer, tandis que les familles n’ont aucune possibilité de stabiliser leur situation ou de se remettre de leurs pertes.

Israël continue de violer les mesures provisoires contraignantes ordonnées par la Cour internationale de justice, qui lui imposent de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour empêcher les actes interdits par la Convention sur le génocide et veiller à ce que les services essentiels et l’aide humanitaire parviennent sans entrave à la population de Gaza.

Les attaques visant les travailleurs humanitaires et les comités locaux de distribution de l’aide s’accompagnent de restrictions qui empêchent la réparation des réseaux d’eau et d’assainissement.

Parallèlement, les eaux usées non traitées inondent l’environnement et les maladies se propagent parmi les personnes déplacées. La poursuite de ces pratiques, malgré la connaissance de leurs conséquences et les ordonnances de la Cour, renforce les preuves selon lesquelles la population est délibérément soumise à des conditions de vie qui menacent sa survie.

Tous les États doivent agir immédiatement pour mettre fin aux meurtres, à la famine et aux déplacements de civils ; lever le blocus de la bande de Gaza et supprimer les restrictions d’accès imposées à ses habitants ; ouvrir de manière permanente les points de passage terrestres aux personnes et aux marchandises ; et garantir l’entrée sans entrave de denrées alimentaires, de médicaments, de carburant, de matériaux de construction d’abris et d’équipements destinés à la réparation des réseaux d’eau et d’assainissement.

Euro-Med Human Rights Monitor appelle à l’évacuation des patients et des blessés qui ne peuvent être soignés dans la bande de Gaza, tout en garantissant leur droit au retour et en permettant aux personnes déplacées d’accéder en toute sécurité à leurs foyers et à leurs terres.

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Il faut imposer une interdiction totale du commerce des armes, des munitions et de leurs composants à destination d’Israël. La coopération militaire et en matière de sécurité susceptible de contribuer à des violations doit cesser, parallèlement à la suspension des accords commerciaux et préférentiels et à l’imposition de sanctions à l’encontre des responsables de ces crimes.

Les États devraient mettre fin aux échanges commerciaux et aux investissements qui soutiennent la présence illégale d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, plutôt que de se contenter de condamner les crimes tout en continuant à financer les moyens utilisés pour les commettre.

Il est essentiel de mettre en œuvre les mesures provisoires prononcées par la Cour internationale de justice, de soutenir les enquêtes menées par la Cour pénale internationale, de coopérer à l’exécution de ses deux mandats d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahu et de Yoav Gallant, et de poursuivre tous les autres responsables de crimes sur la base des preuves disponibles, y compris devant les juridictions nationales compétentes.

Euro-Med Monitor appelle à la préservation des preuves, à l’octroi de réparations pour les préjudices subis par les victimes et à la garantie du droit des Palestiniens de rester sur leurs terres, de retourner dans les lieux d’où ils ont été déplacés et de participer à la reconstruction de leur société.

Tout État qui continue d’armer Israël ou de lui permettre de poursuivre ces actes tout en ayant conscience des risques s’expose à devoir rendre des comptes pour son rôle.

29 septembre 2026 – EuroMed Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Éléa Asselineau

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