Un spectre sinistre hante le monde : celui du néofascisme

« L'Allemagne d'abord ! » - Rassemblement néo-nazi à Berlin en octobre 2022 - Photo : réseaux sociaux

Par Casa de las Américas

Même ce que nous considérions comme un grand événement sportif, censé mettre entre parenthèses – fût-ce de manière artificielle et provisoire – les conflits de ce monde, n’y échappe pas.

Omar Artan, premier Somalien désigné pour arbitrer une Coupe du monde de football, s’en est rapidement rendu compte lorsqu’on lui a refusé l’entrée aux États-Unis, l’un des pays hôtes.

Ce n’était qu’un avant-goût de ce qui allait suivre : les restrictions de visa imposées à l’équipe iranienne, ainsi que le racisme subi par les footballeurs et les équipes, qui a atteint un paroxysme tel que la France qui a subi des attaques racistes de la part de l’extrême droite internationale parce que ses joueurs incarnent la diversité culturelle et ethnique de la société française d’aujourd’hui.

Le gouvernement américain n’a pas attendu la fin de la fête pour annoncer que ces jours-ci, alors que se déroulent les derniers matchs, se tiendra un sommet antiterroriste visant à lutter contre la « résurgence de l’extrémisme politique transnational et des réseaux violents d’extrême gauche ».

Convoqué par le secrétaire d’État, Marco Rubio, ce sommet réunira – selon les annonces – des représentants de plus de soixante pays.

Le recours fasciste primitif consistant à attiser la peur d’une prétendue « menace rouge » refait surface pour justifier la répression et la barbarie, précisément au moment où notre région assiste aux victoires de candidats d’extrême droite prêts non seulement à démanteler les programmes progressistes, mais aussi à servir d’écuyers à l’agenda impérialiste.

La définition du terrorisme donnée par le porte-parole du Département d’État à l’occasion de cette convocation ressemble, plus que tout autre chose, à une description des activités secrètes ou ouvertes de son propre gouvernement : « assassinats, enlèvements, menaces contre les installations et les forces de l’ordre, ainsi que des attaques contre les infrastructures critiques, le personnel militaire et la population civile ».

Nous devons prendre cela très au sérieux. Lorsque les dirigeants des États-Unis et leurs acolytes parlent de démocratie et de droits de l’homme, cela cache souvent une violation des droits déguisée en bonnes manières.

Lorsqu’ils parlent de terrorisme, ce qui s’ensuit, c’est le Plan Condor, des milliers de personnes torturées et disparues, comme le sait trop bien l’Amérique latine ; ou encore des bombardements et le chaos, comme ceux dont ont souffert d’autres régions du monde.

Cuba, qui a été victime du terrorisme et l’a payé au prix d’un nombre douloureux de morts et de mutilés, ainsi que de dégâts matériels incalculables, sait où mènent les stratégies et les accusations cyniques des Yankees.

Il appartient aux peuples d’Amérique latine et des Caraïbes, au peuple américain lui-même, à ses intellectuels, aux mouvements sociaux et aux secteurs attachés aux droits les plus élémentaires à la dignité, à la souveraineté et à la justice, de faire face à cette nouvelle offensive néofasciste menaçante.

13 juillet 2026 – Granma – Traduction : Chronique de Palestine

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