Élections en Israël : c’est l’extrême-droite religieuse qui est aux commandes

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Colon juif apprenant à son fils comment devenir un criminel - Photo : Archives Info-palestine.eu
Jonathan CookL’élection du mois prochain n’est pas une lutte entre la droite et le centre-gauche. C’est une lutte entre différents camps nationalistes.

Le vrai combat dans le nouveau tour électoral du mois prochain en Israël, disent des analystes, ne sera pas entre la droite et un prétendu centre-gauche, mais entre deux camps rivaux au sein de la droite nationaliste.

L’issue de ce scrutin sera peut-être un moment de vérité pour la droite laïque dont la force ne cesse de s’amenuiser et qui devra affronter une fois encore un camp plus fort que jamais et qui allie religion et ultra-nationalisme.

La droite laïque en émergera-t’elle avec suffisamment de poids politique pour se poser en acteur incontournable dans les négociations post-électorales ou bien assisterons-nous à une situation où la droite religieuse pourra former un gouvernement sans avoir besoin du soutien des partis laïques ? Tel est l’enjeu dont décideront les élections.

L’élection précédente, tenue en avril, n’est pas arrivée à départager de façon décisive les deux camps mais elle a néanmoins confirmé la domination absolue de la droite. Les partis sionistes de centre-droite, incluant le Parti Travailliste, ont subi une déroute en ne gagnant que dix sièges dans un parlement de 120 membres.

Netanyahu, le premier ministre israélien par intérim, a été forcé d’organiser de nouvelles élections qui doivent se tenir le 17 septembre, quand il s’est avéré que le scrutin d’avril ne lui avait pas permis de former un bloc de droite incluant partis laïques et religieux.

Afin d’assurer une majorité au parlement, il a dû inclure les cinq sièges du parti anti-religieux Yisrael Beitenu dirigé par Avidgor Lieberman.

Lieberman est par la suite sorti des pourparlers en vue d’une coalition en disant qu’il n’était pas préparé à s’asseoir aux côtés de partis dirigés de fait par le rabbinat ultra-orthodoxe. Cette fois-ci il a indiqué qu’il ne s’assiérait avec aucun des partis religieux.

Un support pour la protestation

Une bonne partie de ce qui restait de la droite laïque a déserté le parti du Likoud de Netanyahu. Durant les dernières élections, elle a trouvé un refuge politique principalement dans le nouveau parti Bleu et Blanc dirigé par un ancien chef d’état-major, Benny Gantz.

Des sondages suggèrent que Lieberman pourrait attirer une plus grande partie de ces votants après son affrontement récent avec Netanyahu, affrontement sans vainqueur ni vaincu. Il avait exigé un gouvernement de droite exclusivement laïque comprenant le Likoud, le parti Bleu et Blanc et son propre parti Yisrael Beitenou.

Le parti Bleu et Blanc s’était présenté essentiellement comme support de la protestation contre Netanyahu.

Il s’attaque à une décennie de gouvernement durant laquelle, tout en favorisant la montée d’une droite religieuse de plus en plus sûre d’elle, Netanyahu s’étant impliqué dans des scandales de corruption chaque fois plus graves. Des inculpations pour escroquerie et abus de confiance pourront tomber sur lui juste au lendemain des élections du mois prochain.

Le parti Bleu et Blanc a, à tort, été étiqueté comme centriste par certains observateurs alors qu’il n’a pu obtenir la parité avec le Likoud – 35 sièges chacun – en avril qu’en attirant à lui une certaine droite nationaliste essentiellement laïque qui était, il y a trois décennies, la chasse gardée du parti Likoud.

A présent, Netanyahu et la droite religieuse espèrent travailler en tandem afin d’assurer une majorité même étroite qui leur permettrait de former un gouvernement qui se passerait des partis laïques de droite, que ce soit celui de Lieberman ou de Gantz.

Israël plus polarisé

Yossi Gurvitz, un journaliste et chercheur israélien sur l’extrémisme religieux, a avancé l’idée que la montée de la droite religieuse était signe de clivages plus profonds dans la société israélienne.

Voici ce qu’il a déclaré au Middle East Eye : « Israël devient de plus en plus religieux alors que ses partis religieux deviennent plus extrémistes, ce qui pousse ce qu’il reste de la société israélienne vers une laïcité plus militante. »

« Israël se polarise et chaque camp devient de plus en plus intolérant à l’égard de l’autre. »

Mais il faut dire que le camp laïque a vu son importance s’amenuiser à chaque changement de gouvernement.

Menahem Klein, un professeur de sciences politiques à l’Université de Bar Ilan près de Tel Aviv, a déclaré qu’il était peu probable qu’un gouvernement laïque puisse être établi sans que soient inclus en son sein un certain nombre de partis religieux.

Ce serait, a-t’il dit au même journal, un véritable cauchemar. « Toute décision, qu’elle se rapporte au transport durant le Sabbat ou au démantèlement des colonies ou bien aux discussions avec la direction palestinienne, si elle se faisait sans l’aval des factions religieuses, ferait face à une énorme levée de boucliers dans la société.

« Peuple élu »

Un sondage effectué l’année dernière auprès des juifs israéliens par le journal israélien de gauche Haaretz, a mis en relief la religiosité croissante de la société israélienne, religiosité qui semble être étroitement corrélée à la montée de l’ultra- nationalisme. Environ 54% du public juif a exprimé sa croyance en Dieu et ce chiffre monte à 78% pour ceux qui se disent être à droite dans l’échiquier politique.

Une majorité écrasante de juifs de droite – 79% – considèrent les juifs comme le « Peuple Élu » alors qu’une proportion très proche, soit 74%, pensent qu’Israël existe en tant que réalisation d’une promesse divine.

Les votants les plus jeunes sont nettement plus religieux que leurs grands-parents – 64% au lieu de 22%. Par ailleurs, exactement la moitié des jeunes Israéliens rejettent la théorie scientifique de l’évolution alors que 58% croient à la vie après la mort. Haaretz a noté une corrélation étroite entre la religiosité croissante des jeunes et leur adhésion aux opinions de droite.

« Si vous pensez qu’Israël est déjà suffisamment religieux, conservateur et enclin à la guerre, attendez la théocratie fondamentaliste qui attend son heure au coin du bois. » Telle est la conclusion à laquelle est arrivé Chemi Shalev, un analyste du même journal.

Rallier la droite

Ce que réservent les élections israéliennes dépendra du succès que rencontreront les efforts de Netanyahu pour attirer les votants religieux vers les urnes en faveur soit du Likoud soit d’un petit nombre de partis plus ouvertement religieux.

La droite religieuse elle-même est marquée par la présence de trois blocs en son sein. Tous néanmoins entretenant la croyance que les territoires occupés sont la propriété exclusive du peuple juif, sont unis autour de leur soutien sans concession aux colonies et au renforcement de l’occupation.

Les différences d’ordre politique entre ces blocs concernent surtout les questions de savoir à quelle vitesse et selon quelle démarche – audacieuse ou prudente – se fera l’annexion des territoires occupés et quel traitement réserver à la population palestinienne.

Mais plus importantes que les différences idéologiques, il y a les divers clivages religieux au sein de la population que ces blocs représentent.

Le Likoud de Netanyahu est le plus important des partis et il tire essentiellement sa force du soutien des religieux traditionalistes, c’est-à-dire des juifs qui sont généralement pratiquants et socialement conservateurs.

Le Likoud, note Gurvitz, a fait une entrée plus décidée dans le camp religieux depuis que son leader à l’époque, Ariel Sharon, a retiré les derniers colons de Gaza. La réaction hostile des colons à cette décision a incité Sharon et ses supporters à quitter le Likoud, les amenant à créer Kadima, une formation laïque éphémère.

« Il n’est alors resté du Likoud que la droite dure » constate-t’il. « Le parti est allé encore plus loin à droite sous Netanyahu. »

Depuis, les colons et leurs alliés en sont arrivés à dominer les commissions internes du Likoud, conclut Gurvitz.

Une politique menée par des rabbins

Le second bloc comprend deux partis ultra-orthodoxes, Shas et United Torah Judaism, qui font de leurs rabbins leurs mentors politiques. A eux deux, ils ont gagné 16 sièges en avril.

La différence principale entre ces deux formations est d’ordre ethnique. United Torah Judaism [UTJ] représente la communauté ultra-orthodoxe ashkenaze dont l’ascendance récente est européenne alors que Shas représente les Mizrahim, les juifs dont les familles viennent essentiellement du monde arabe.

Shas, observe Gurvitz, a pu allier croyance rigide en la loi divine et nationalisme plus facilement que ne l’a fait UTJ grâce à ses positions de tous temps anti-arabes. Une partie de sa base est dans l’armée. Certains d’entre eux travaillent aussi, ce qui n’est pas le cas des hommes askhenazi ultra-orthodoxes qui se consacrent entièrement à l’étude de la Torah.

L’UTJ, par contraste, s’est adapté plus lentement. Historiquement, c’était un mouvement anti-sioniste rejetant les institutions laïques d’un État israélien – incluant l’armée et les tribunaux- jusqu’à l’arrivée supposée du Messie qui édifiera le Royaume de Dieu.

Mais durant les deux dernières décennies, ses dirigeants se sont progressivement et avec une certaine prudence mis sous le giron nationaliste.

Ce changement, d’après Gurvitz, s’est effectué pour la raison suivante : les taux de natalité élevés des ultra-orthodoxes les poussent à chercher des solutions de logement peu onéreuses dans les colonies. »Et dès qu’ils emménagent dans les colonies, leurs opinions politiques glissent vite plus loin encore à droite », remarque Gurvitz.

Aujourd’hui ils poussent, sous peine de protestations véhémentes, leurs dirigeants à adopter des positions ultra- nationalistes et à s’abstenir de composer avec des partis en dehors de la droite.

Gurvitz ajoute: « tout cela veut dire que les partis ultra-orthodoxes sont dans la poche de Netanyahu ».

Ordres divins

Le troisième bloc regroupe divers petits partis d’extrême droite représentant ce qu’on appelle en Israël le camp national-religieux – ceux qui adhèrent à l’idéologie de la communauté des colons.

Gurvitz estime que le camp regroupe près d’un million de personnes, soit environ un 7e de la population juive d’Israël. Environ la moitié vit dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. La majorité sont des religieux, mais pas tous.

Ce camp s’est révélé peu uni, mais ses trois principaux partis ont mis en place une coalition électorale la semaine dernière appelée Droite Unie, qui, selon les sondages, pourrait remporter jusqu’à 14 sièges.

Le plus ancien des partis est Foyer Juif, dont le nouveau chef est Rafael Peretz, ancien grand rabbin de l’armée israélienne, qui occupe actuellement le poste de ministre de l’éducation par intérim de Netanyahu.

Peretz a récemment suscité la controverse en qualifiant une tendance des juifs américains à épouser des non-juifs de « second holocauste » et en se prononçant en faveur d’un « traitement thérapeutique » de l’homosexualité, affirmant l’avoir exécuté avec succès par le passé.

Le second parti, Tkuma, est dirigé par Bezalel Smotrich, actuellement ministre des Transports. Après avoir été nommé, il a déclaré qu’il prenait ses ordres de Dieu, et pas de Netanyahu …

Dans le passé, Smotrich a appelé à une politique consistant à tuer les enfants palestiniens qui jettent des pierres et à exiger des maternités séparées pour empêcher les citoyens israéliens et palestiniens de se mélanger. Il s’est également décrit comme un « homophobe fier de l’être ».

Peretz et Smotrich devaient tous deux prononcer un discours cette semaine lors d’une cérémonie en l’honneur de Yitzchak Ginsburgh. Ce rabbin controversé a fait l’éloge de la Torah du Roi, un manuel connu qui incite clairement aux meurtres d’enfants palestiniens, et a déjà rendu hommage à Baruch Goldstein qui a massacré des dizaines de Palestiniens dans une mosquée à Hébron en 1994.

Les « Petits serpents » de Gaza

Le troisième parti de la coalition, Nouvelle Droite, qui a quitté Foyer Juif fin 2004, a failli passer le seuil électoral en avril, ce qui a coûté sa victoire à Netanyahu.

Maintenant dirigé par Ayelet Shaked, une politicienne laïque, Nouvelle Droite minimise le rôle de la loi religieuse juive. cE partri a tenté de faire appel à des juifs nationalistes laïques en adoptant une position plus tolérante vis-à-vis des questions d’identité, telles que les droits des homosexuels et le féminisme.

Shaked, qui a précédemment occupé le poste de ministre de la Justice, s’est montrée claire en rejetant les valeurs démocratiques libérales, les qualifiant d’ « utopiques ». Elle a déclaré : « Le sionisme ne devrait pas – et ne veut pas – s’incliner devant un système de droits individuels interprété universellement ».

Lors de l’attaque israélienne de Gaza en 2014, elle a également déclaré que « le peuple palestinien tout entier était l’ennemi » et approuvait le massacre des civils de Gaza, appelant au meurtre des mères palestiniennes pour les empêcher de donner naissance à « de petits serpents ».

Trois petits partis nationaux-religieux ne font pas partie de la coalition de la Droite Unie et, à moins de changements de dernière minute, ne devraient pas faire partie du parlement.

Noam est un parti du camp national-religieux opposé au libéralisme social de Nouvelle Droite de Shaked, exigeant une vie de famille juive « normative ».

Le Pouvoir juif comprend les restes impénitents du parti Kach violemment anti-arabe et fondé à l’origine par le rabbin Meir Kahane, ensuite interdit en Israël dans les années 1990.

Et le parti Libertaire-Nationaliste Zehut, dirigé par Moshe Feiglin, un transfuge du Likoud, exige l’annexion complète de la Cisjordanie.

Les agences de l’État infiltrées

Gurvitz a observé que les trois principales factions nationales-religieuses accordaient toutes une grande importance au service militaire et avaient pour premier objectif de faire en sorte que les colons occupent des postes de responsabilité dans l’armée.

Plutôt que de rejeter les institutions laïques de l’État, comme le font habituellement les ultra-orthodoxes, les partis des colons s’efforcent d’infiltrer ces institutions et de s’en emparer progressivement, avec un certain succès dans le cas de la police, des tribunaux, du système éducatif et même du parti au pouvoir, le Likoud.

Ils se considèrent comme dans une guerre culturelle, essayant de donner à Israël une identité juive plus forte.

Les trois partis ont des divergences mineures sur leurs approches de l’annexion de la Cisjordanie, probablement la plus grosse question à laquelle le prochain parlement sera confronté.

Nouvelle Droite de Shaked et Foyer Juif de Peretz réclament l’annexion officielle de la plus grande partie de la Cisjordanie, privant les Palestiniens de l’égalité des droits et leur imposant un régime inspiré de l’apartheid.

Depuis que Donald Trump est devenu président des États-Unis, le Likoud s’est rapproché de cette politique.

Smotrich, quant à lui, préférerait annexer l’ensemble de la Cisjordanie et a été plus explicite en suggérant qu’il serait nécessaire de « nettoyer ethniquement » les Palestiniens dans le cadre de ce processus d’annexion.

Les tribunaux intimidés

Paradoxalement, deux des trois blocs à dominance religieuse sont dirigés par des hommes politiques laïcs : le Likoud par Netanyahu et la coalition des partis des colons par Shaked.

Le rôle de leader de Shaked est d’autant plus surprenant que des rabbins nationaux-religieux incitent à exclure les femmes de la vie publique.

Cependant, Shaked a obtenu le soutien de personnalités influentes telles que Avichai Rontski, un ancien chef rabbin de l’armée. Celui-ci a approuvé des partenariats avec des représentants politiques laïcs et nationalistes, les qualifiant de « religieux au sens large du terme ».

Les analystes ont noté que Shaked avait gagné un rôle dominant dans la direction politique du public national-religieux, malgré les objections des rabbins, pour deux raisons.

Premièrement, elle s’est révélée être un ministre de la justice très efficace pour les colons du dernier gouvernement de Netanyahu. Elle a intimidé les tribunaux et a promu un grand nombre de juges religieux conservateurs, notamment à la Cour suprême.

De manière tout aussi importante, a noté Gurvitz, elle a modifié la position du ministère de la Justice concernant les « avant-postes » de colonies, construits en violation du gel des colonies convenu par Israël dans les accords d’Oslo du milieu des années 90.

Traditionnellement, les responsables du ministère de la Justice reconnaissaient – du moins publiquement – que cette centaine d’avant-postes étaient illégaux et qu’ils devaient être démantelés lorsque l’armée ou le gouvernement considéreraient le moment opportun.

Mais les responsables sous l’autorité de Shaked ont changé de tactique, arguant devant les tribunaux que les avant-postes étaient en principe légaux, mais qu’ils avaient été créés avec des irrégularités administratives qu’il fallait corriger. La Loi sur la Régularisation a officialisé cette approche, ouvrant la voie à l’annexion future d’une grande partie de la Cisjordanie.

Un nationalisme qui sert de « pont » entre laïques et religieux

En second lieu, a souligné Klein, Shaked était considérée comme un pont entre les droites nationaliste religieuse et laïque qui pourrait maximiser son résultat électoral.

La complexité de la situation à droite, a-t-il dit, a été causée par le fait que l’identité « juive » avait des composantes religieuses et ethniques.

« Pour certaines personnes, leur nationalisme juif est basé sur la théologie et l’observance religieuse. Pour d’autres, comme Shaked et Netanyahu, leur nationalisme découle d’une idée du statut de peuple juif, sans élément religieux. Vous pouvez trouver les deux types soutenant le Likoud et le bloc national-religieux.

« Les ‘nationalistes populaires’ ne s’intéressent pas aux valeurs universelles. Ils pensent que le peuple juif est spécial et qu’il a des droits supplémentaires en tant que juif. Tous les sentiments religieux qu’ils véhiculent sont subordonnés à cette idée de peuple », a-t-il déclaré.

Les sondages ont montré que Shaked était remarquablement populaire parmi les nationalistes religieux, devançant de loin ses rivaux.

Pour que les trois partis franchissent le seuil électoral et évitent de gaspiller les votes, a observé Klein, ils doivent s’unir.

En fait, pour maximiser le nombre de voix pour la droite religieuse et éviter d’avoir besoin des sièges de Lieberman, Netanyahu a tout fait pour que le parti Pouvoir Juif ouvertement anti-arabe se joigne à la coalition de la droite unie, mais sans succès.

Klein a noté que Netanyahu préférait travailler avec les religieux que la droite laïque. À l’approche des élections, tous les partis religieux ont tenu à prêter allégeance au gouvernement Netanyahu.

« Ce sont des partenaires très faciles pour Netanyahu », a-t-il déclaré. « Donnez-leur quelques ministères et quelques budgets pour leur communauté et ils seront prêts à faire ce qu’il veut. »

« Des pas de danse compliqués » pour gagner des voix

Shaked et Netanyahu sont politiquement proches. Shaked a travaillé en tant que chef de bureau de Netanyahu en 2006 et peu de temps après, elle a fait venir Naftali Bennett, son partenaire actuel à Nouvelle Droite. Tous deux sont partis quatre ans plus tard après une brouille personnelle avec Netanyahu.

Les médias israéliens ont largement relaté les efforts de Shaked pour revenir au Likoud avant les élections de septembre. Mais Netanyahu la repoussa. Cela s’explique peut-être en partie par le fait qu’il craint qu’elle ne devienne un important challenger pour sa couronne au Likoud si elle réussissait à prendre pied.

Gurvitz a observé que Netanyahu était impliqué dans « des pas de danse compliqués » avec les partis des colons pour obtenir leurs voix.

« Il a besoin de leurs voix pour pouvoir former un gouvernement, mais il ne les veut pas si forts qu’ils peuvent lui dicter des conditions », a-t-il déclaré.

Gurvitz pensait qu’à l’heure actuelle, avec Droite Unie, Netanyahu chercherait à leur voler des votes lors de la phase finale de l’élection comme il l’avait fait auparavant.

Le fait que le Likoud et Droite Unie se disputent en grande partie le même groupe d’électeurs a alimenté des positions encore plus extrémistes à droite, a-t-il ajouté.

« Les partis religieux nationaux doivent proposer des politiques plus extrêmes pour se distinguer du Likoud, sinon ils perdront des voix au profit de Netanyahu », a-t-il déclaré.

« Mais cela encourage alors Netanyahu à prendre des positions plus extrêmes pour s’assurer qu’il n’a pas l’air moins nationaliste que ses rivaux. Cela finit par créer une spirale d’extrémisme. »

Jonathan Cook * Jonathan Cook a obtenu le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Il est le seul correspondant étranger en poste permanent en Israël (Nazareth depuis 2001). Ses derniers livres sont : « Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East » (Pluto Press) et « Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair » (Zed Books). Consultez son site personnel.

2 septembre 2019 – The Palestine Chronicle – Traduction: Chronique de Palestine – Najib Aloui & Lotfallah