Palestine occupée : sans les sanctions, l’interdiction de commercer avec les colonies n’est que de la poudre aux yeux

Des manifestants brandissent des pancartes appelant au boycott des produits et des entreprises d'Israël, lors d'une manifestation pour montrer leur solidarité avec le peuple palestinien à Yogyakarta, en Indonésie, le 11 novembre 2023 - Photo : Réseaux sociaux

Par Jonathan Cook

Le Royaume-Uni pourrait bien, en définitive, rendre service à Tel-Aviv en renforçant une distinction absurde entre les colonies juives « illégales » et un Israël prétendument « respectueux des lois ».

Ed Miliband, ministre britannique des Affaires étrangères, a annoncé cette semaine son intention d’interdire les échanges commerciaux et les prestations de services avec les colonies juives illégales d’Israël, dans le cadre d’une initiative que le gouvernement a présentée comme une « remise à zéro complète » des relations avec Israël.

Le Royaume-Uni a été rejoint par 11 autres pays occidentaux qui ont dévoilé ou proposé des sanctions similaires : le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède.

Ils espèrent sans doute donner l’impression de rassembler leurs forces grâce à leur nombre, afin d’intensifier la pression sur Israël pour qu’il mette fin à l’occupation et ouvre la voie à la création d’un État palestinien.

De manière plus réaliste, chacun espère qu’il s’avérera plus difficile pour l’administration Trump et Israël de les prendre pour cible dans le contrecoup inévitable de ces mesures bien trop modestes. En représailles rapides, Israël a pris la mesure sans précédent de fermer le consulat britannique à Jérusalem-Est – c’est-à-dire sur un territoire qu’il occupe en violation du droit international.

Selon Alex Wickham, responsable des affaires politiques britanniques de l’agence de presse, les mesures du gouvernement « n’auraient aucun impact significatif sur les relations globales du Royaume-Uni avec Israël, que ce soit en matière de commerce ou de sécurité ».

Grande-Bretagne : il n’y a rien de bon à attendre de Burnham

Les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec les colonies juives israéliennes ne représentent qu’une infime fraction de son commerce global avec Israël, qui s’élève à 6 milliards de livres sterling (8 milliards de dollars). Et après deux décennies de « menaces » largement inefficaces de la part de l’Europe visant à instaurer un étiquetage des produits provenant des colonies, Israël a depuis longtemps mis au point des moyens de dissimuler la provenance de ces échanges.

Il se contente simplement de réétiqueter les articles provenant des colonies en les indiquant comme « fabriqués en Israël ».

C’est pourquoi le ministère des Affaires étrangères soutient depuis longtemps qu’une interdiction des échanges commerciaux avec les colonies serait impossible à mettre en œuvre.

L’« impact significatif », comme le feraient savoir des diplomates britanniques à Washington, sera pratiquement nul.

Un raisonnement malhonnête

De même, les collaborateurs du Premier ministre britannique Andy Burnham ont minimisé l’importance de cette question auprès des députés travaillistes.

La veille du discours de Miliband, l’émission « Newsnight » a rapporté que les députés d’arrière-ban avaient été informés que le gouvernement éviterait soigneusement toute référence à la revendication palestinienne de longue date en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions (BDS) à l’encontre d’Israël et des colonies.

Il y a dix ans, Burnham avait qualifié le mouvement BDS – soutenu par des figures de proue de la société civile palestinienne – de « malveillant ». Lors de son discours, Miliband s’est lui aussi donné beaucoup de mal pour souligner son opposition « sans réserve » au BDS.

Mais cette approche comporte quelque chose de fondamentalement, et manifestement, malhonnête.

On fait croire à l’opinion publique britannique que le Royaume-Uni doit prendre des « mesures décisives » sous la forme de sanctions contre les colonies de Cisjordanie, tandis qu’Israël lui-même doit rester à l’écart. Et le gouvernement justifie ses mesures très limitées en affirmant que les colonies constituent la principale menace pour une solution à deux États.

Mais aucun de ces deux arguments n’a le moindre sens.

Le gouvernement britannique s’inquiète tout particulièrement d’une récente décision d’Israël de faire avancer un vaste projet de colonie appelé E1, sur des terres palestiniennes proches de Jérusalem. Cette décision est considérée comme le coup de grâce porté à la création d’un État palestinien.

La vérité, cependant, c’est qu’Israël étend ses colonies illégales en Cisjordanie depuis des décennies, en recourant à des milices armées pour chasser les Palestiniens de leurs terres. Ce n’est pas une nouveauté.

Si le Royaume-Uni était vraiment déterminé à sanctionner Israël pour ses violations du droit, il aurait « réinitialisé » ses relations au sujet d’un problème bien plus grave : le fait qu’Israël ait rasé Gaza et massacré ou mutilé des dizaines de milliers d’enfants au cours des trois dernières années.

Il est tout à fait absurde que le gouvernement de Burnham se lamente publiquement sur les dommages causés aux chances d’une solution à deux États par la construction par Israël de 1200 logements au cœur d’un futur État palestinien. Après tout, la Grande-Bretagne vient de passer trois ans à aider Israël à rayer de la carte la moitié de cet État potentiel – la moitié comprenant Gaza.

La destruction massive de cette minuscule enclave par Israël devrait être au cœur de toute justification d’un changement de politique, si Burnham avait réellement l’intention de punir Israël et de mettre fin à la complicité britannique. Au lieu de cela, le génocide perpétré par Israël a été relégué au second plan, tandis que les projecteurs sont braqués sur la violence de longue date des colons.

Ce n’est pas une « action décisive ». Ce n’est qu’une nouvelle manœuvre de diversion.

Il n’y a pas d’Israël « respectueux des lois »

Plus inquiétant encore, le Royaume-Uni pourrait en réalité aider Israël en renforçant une distinction ridicule entre, d’une part, les colonies « illégales » et, d’autre part, un Israël prétendument « respectueux des lois ».

Cela reviendrait à suggérer, à tort, que les colonies sont en quelque sorte distinctes d’Israël lui-même.

L’acquittement des militants de Palestine Action n’est que justice !

Or, c’est bien Israël qui établit ces colonies sur des terres palestiniennes volées. C’est Israël qui les dote d’infrastructures, qu’il s’agisse de routes, d’électricité, d’écoles ou de transports publics.

C’est Israël qui encourage les juifs à s’installer dans les colonies illégales grâce à des aides au logement et à d’autres subventions. C’est Israël qui envoie des soldats pour protéger les colonies et réprimer toute opposition de la part des Palestiniens.

Et c’est Israël qui arme les milices de colons pour terroriser les Palestiniens et les chasser des terres convoitées par Israël en vue d’une colonisation accrue.

C’est l’État israélien – se cachant derrière son statut « juif » autoproclamé – qui est responsable de ce processus de nettoyage ethnique, qui dure depuis des décennies, et qui vise à anéantir toute possibilité de voir émerger un État palestinien.

Malgré les références de Miliband à la « conduite du gouvernement israélien » – c’est-à-dire le gouvernement d’extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahou –, l’expansion des colonies et l’entrave à la création d’un État palestinien bénéficient d’un soutien transversal au sein des partis politiques israéliens.

Yair Lapid, le chef de l’opposition israélienne, considéré comme appartenant au centre-gauche en Israël, a fustigé les sanctions britanniques contre les colonies, les qualifiant de « coup de pouce au Hamas et aux organisations terroristes ».

Si la Grande-Bretagne veut mettre un terme aux colonies criminelles, elle doit brandir son bâton non seulement contre ces symptômes visibles de l’occupation, mais aussi contre la cause profonde : l’État israélien.

Un allié de l’apartheid

Il est indéniable que le discours de Miliband à la Chambre des communes comportait des aspects positifs – notamment la décision du gouvernement d’accepter enfin un arrêt rendu en 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ), selon lequel l’occupation par Israël de l’État de Palestine est en soi illégale, et pas seulement celle des colonies.

Son utilisation du terme « nettoyage ethnique » en référence à la Cisjordanie – mais pas, semble-t-il, à Gaza – crée un précédent qui permet déjà à certains journalistes de premier plan de s’élever contre l’occupation, même si c’est très tardivement.

Le fait que le gouvernement ait inclus dans ses mesures le financement de l’expansion des colonies, lui donne un outil potentiel pour sanctionner les entreprises étrangères et les banques israéliennes opérant au Royaume-Uni, s’il souhaite s’en servir.

Il y avait une certaine franchise dans la description que Miliband a faite des colons qui mènent actuellement des pogroms dans les communautés palestiniennes à travers la Cisjordanie occupée, qu’il a qualifiés de « terroristes ».

Un tel langage semble audacieux uniquement parce que tous les gouvernements britanniques précédents ont de longue date, évité de nommer ce qui est réalité.

Mais Miliband a minimisé le fait que tous les gouvernements israéliens ont soutenu ces colons terroristes. Il était plus commode pour Miliband de suggérer à la place que la violence résultait en grande partie du fait que le gouvernement d’extrême droite de Netanyahu « fermait les yeux » sur cette criminalité.

D’autres aspects du discours de Miliband étaient encore plus préoccupants. Il a déclaré qu’il était « inébranlable dans son soutien à l’État d’Israël ».

Or, la CIJ, la plus haute juridiction internationale, a également conclu en 2024 qu’Israël avait imposé un système d’apartheid au peuple palestinien depuis plus d’un demi-siècle.

Comment la Grande-Bretagne peut-elle prétendre occuper le haut du pavé sur le plan moral et procéder à une « remise à zéro » de ses relations, alors qu’elle exprime un « soutien indéfectible » à un État israélien pratiquant l’apartheid ?

Miliband a également déclaré : « Notre différend ne concerne pas le peuple d’Israël, avec lequel le Royaume-Uni entretient des liens inébranlables. Notre différend porte sur la conduite de son gouvernement. »

Mais comment, si nous continuons à entretenir des « liens inébranlables » avec le peuple d’Israël, pouvons-nous faire pression sur cette société – imprégnée de l’idéologie suprémaciste juive du sionisme – pour qu’elle cesse d’élire, année après année, décennie après décennie, des gouvernements qui cherchent à procéder au nettoyage ethnique des Palestiniens de leur patrie historique ?

Sondage après sondage, la population juive d’Israël se montre massivement opposée à la création d’un État palestinien – l’objectif explicite de la nouvelle politique de sanctions britannique – et favorable à l’expulsion des Palestiniens de toutes les régions de leur patrie.

En plein génocide de Gaza, près de la moitié des Israéliens ont exprimé leur soutien à l’extermination de l’ensemble de la population de l’enclave, y compris ses enfants.

Comment l’apartheid en Afrique du Sud aurait-il pu prendre fin si la Grande-Bretagne et d’autres États occidentaux avaient préféré maintenir des « liens inébranlables » avec la population blanche, plutôt que d’imposer des boycotts et des sanctions à l’ensemble de la société ?

L’objectif de Miliband est de traiter Israël comme une entité distincte de ses milices de colons et des membres les plus fanatiques du gouvernement actuel – des personnalités telles que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich.

Mais il s’agit d’une distinction sans différence significative. Elle considère à tort que la violence brute, ouverte et relativement de petite envergure des terroristes colons est catégoriquement plus importante que la violence contrôlée, dissimulée, progressive et de bien plus grande ampleur exercée contre les Palestiniens par tous les gouvernements de l’histoire d’Israël.

La responsabilité n’incombe pas à quelques éléments marginaux dans les colonies, mais à l’ensemble d’une société qui a choisi l’apartheid, le nettoyage ethnique et, finalement, le génocide comme « solutions » pour faire taire la revendication du peuple palestinien autochtone à la souveraineté sur une partie de sa patrie historique.

L’éléphant dans la pièce

L’éléphant qui saccage tout dans la pièce, celui que nous sommes censés ignorer, c’est la complicité du Royaume-Uni, depuis trois ans, dans la destruction de Gaza.

Le Parti travailliste a sapé sa crédibilité sur la question de politique étrangère la plus importante de notre époque sur le plan moral, en permettant à la Grande-Bretagne de se rendre activement complice des atrocités israéliennes. Le nouveau Premier ministre ne le sait que trop bien.

Peu avant de succéder à Keir Starmer, Burnham a présenté des excuses publiques sur les réseaux sociaux afin de se démarquer de son prédécesseur.

Dans un monologue de trois minutes face à la caméra, il a exprimé de vagues remords quant au fait que le Parti travailliste se soit « trompé » sur la question de Gaza, sans préciser en quoi.

Il a timidement noté que des crimes de guerre « semblent avoir été commis », et a déploré les souffrances « humanitaires » des Palestiniens dans l’enclave.

Burnham a également engagé le Royaume-Uni à défendre la vision d’une solution à deux États, avec un État palestinien côtoyant un État juif autoproclamé. Mais Starmer a devancé Burnham en reconnaissant l’État palestinien il y a près d’un an – même si, comme on pouvait s’y attendre, cette déclaration n’a eu qu’un effet des plus négligeables.

Qui peut croire une seconde que Starmer et Macron se soucient des Palestiniens ?

Cette reconnaissance – saluée elle aussi comme un événement majeur – s’est avérée totalement insignifiante. À tel point que, comme l’a souligné dans un e-mail John Whitbeck, conseiller juridique de longue date des négociateurs palestiniens, Miliband a fait référence à plusieurs reprises à la violence des colons dans les « territoires occupés » plutôt que – comme la politique officielle britannique devrait l’exiger – à l’« État palestinien occupé ».

À l’approche du congrès du Parti travailliste, Burnham avait besoin de son propre « lapin à sortir du chapeau » pour démontrer sa crédibilité. Il l’a trouvé dans les sanctions commerciales visant les colonies de Cisjordanie occupée. Celles-ci semblent punir Israël, tout en ayant un impact pratique minime.

Selon Burnham, la vive réaction d’Israël, de l’administration Trump et des nombreux défenseurs d’Israël au Royaume-Uni devrait permettre de regagner les électeurs de gauche chassés du Parti travailliste par Starmer et poussés dans les bras du Parti vert de Zack Polanski. Ces électeurs sont indispensables si Burnham et le Parti travailliste veulent avoir la moindre chance de remporter les prochaines élections législatives.

Mais dans le même temps, le manque de mordant réel des sanctions de son gouvernement à l’encontre des colonies vise à prévenir toute riposte significative de la part de Washington. Cela pourrait expliquer la réaction étonnamment tiède du secrétaire d’État Marco Rubio au lendemain du discours de Miliband.

Un rôle actif dans le génocide

Burnham sait qu’il doit donner l’impression d’agir. Et certains signes indiquent que l’opinion publique britannique pourrait être influencée par tout le tapage médiatique autour de ses sanctions contre les colonies, au point de croire que des mesures significatives ont été prises.

Un sondage d’opinion publié cette semaine montre que près de la moitié des Britanniques sont favorables à un embargo commercial sur les produits provenant des colonies, tandis que seuls 18 % s’y opposent. Mais malheureusement, le discours de Miliband a donné l’impression qu’il préférait changer le discours – et l’image – plutôt que le fond de la politique étrangère britannique envers Israël.

Miliband a évoqué « le traumatisme et les souffrances les plus inimaginables » des Palestiniens de Gaza, comme s’ils avaient subi une catastrophe naturelle plutôt qu’une campagne de génocide menée par Israël.

Il a reconnu éprouver un « profond sentiment de honte » face à l’inaction de la communauté internationale, tout en ignorant le rôle actif que la Grande-Bretagne a joué – et continue de jouer – dans le génocide de Gaza.

Le Royaume-Uni pourrait bientôt interdire aux commerces britanniques de vendre du vin « israélien » issu de vignes cultivées sur des terres palestiniennes volées. Mais la Grande-Bretagne continue de fournir à Israël les échanges commerciaux et les services dont il a besoin pour effacer davantage la minuscule enclave de Gaza, où quelque deux millions de Palestiniens survivants sont désormais confinés sur moins d’un tiers de ses ruines.

Le Royaume-Uni continue de vendre des armes à Israël, notamment des composants destinés à ses avions de combat F-35 et à ses drones de combat.

La Grande-Bretagne continue de faire transiter des armes américaines et allemandes via une base de la Royal Air Force à Chypre, d’effectuer des vols de surveillance au-dessus de Gaza et de fournir des renseignements à Israël.

Le Royaume-Uni continue de garder le silence alors que Washington mène une guerre contre la Cour pénale internationale pour avoir cherché à tenir Israël responsable des crimes d’occupation que le gouvernement Burnham affirme vouloir mettre fin.

La Grande-Bretagne reste tout aussi silencieuse face aux abus persistants commis par les États-Unis à l’encontre de l’experte des Nations unies sur les territoires occupés, Francesca Albanese.

Sur son propre territoire, le gouvernement continue de considérer comme une organisation terroriste Palestine Action, et il arrête et emprisonne ceux qui protestent trop bruyamment contre la complicité britannique dans le génocide.

En revanche, ce même gouvernement refuse d’enquêter sur les agissements de citoyens britanniques – au moins 2 000 d’entre eux – qui auraient participé ou apporté leur aide au génocide de Gaza. Ceux-ci continuent d’entrer et de sortir librement du Royaume-Uni.

Les groupes de pression pro-israéliens en Grande-Bretagne, honteusement trop prompts à excuser les crimes d’Israël et à inciter à la haine contre les Palestiniens, continuent d’attirer parmi leurs membres des hommes politiques britanniques, y compris des ministres du gouvernement travailliste.

Si Burnham souhaitait réellement changer les relations de la Grande-Bretagne avec Israël, tout cela devrait être abordé, et non balayé sous le tapis. Son « action décisive » concernant le commerce avec les colonies n’est, en vérité, qu’une couverture pour l’« inaction décisive » persistante du gouvernement face aux crimes génocidaires d’Israël et à la complicité britannique dans ceux-ci.

Un sous-entendu effrayant

Mais il ne faut pas passer sous silence un dernier sous-entendu effrayant du discours de Miliband.

En s’efforçant désespérément de maintenir en vie la solution à deux États prônée par l’Occident, le gouvernement de Burnham ne se contente pas d’ignorer la réalité : le fait qu’il n’y ait aucun partenaire en Israël – éligible ou non – capable de mettre en œuvre une telle vision.

Burnham et Miliband insistent également, dans l’hypothèse tout à fait improbable où un État palestinien pourrait être arraché à Israël, pour que le peuple palestinien soit contraint de faire la paix avec un État raciste, fortement militarisé et qui ne montre aucun remords, et qui a récemment commis un génocide à Gaza.

Aucun des onze États qui se sont joints au Royaume-Uni cette semaine pour sanctionner les colonies ne semble pouvoir imaginer que les Palestiniens puissent un jour vivre dans autre chose qu’un petit pseudo-État démilitarisé et économiquement dépendant, sans véritable choix quant à ses dirigeants, ni contrôle sur ses frontières et son économie.

De même, rien ne laisse entendre qu’un État israélien voisin, dont le territoire aurait été réduit, devrait subir une réforme idéologique, être contraint de s’engager dans un quelconque processus de vérité et de réconciliation, ou faire l’objet de sanctions jusqu’à ce qu’il reconnaisse ses torts.

L’idéologie suprémaciste juive du sionisme, la logique déshumanisante de la mentalité coloniale des colons israéliens et le fondamentalisme religieux d’une grande partie de la population israélienne – autant d’éléments essentiels à la justification du génocide de Gaza – resteraient incontestés.

Selon ce point de vue, il semblerait que les tendances de longue date à l’apartheid et au génocide s’évaporeraient tout simplement, alors même que l’Occident continue de se plier à tous les caprices d’Israël.

Les condamnations sans les sanctions ne sont qu’un encouragement à poursuivre le génocide

Ce n’est pas là une recette pour la paix, même imparfaite. C’est exiger que l’agneau palestinien continue de cohabiter avec le loup israélien.

La vérité que le gouvernement de Burnham refuse d’affronter, comme tous les gouvernements qui l’ont précédé, c’est que la paix ne viendra pas comme par magie avec la création d’un État palestinien.

Un État palestinien – ou, plus probablement, un État unique regroupant Palestiniens et juifs israéliens – ne pourra voir le jour que lorsque Israël aura été démantelé en tant qu’État colonial de peuplement lourdement armé, comme cela s’est produit avec l’Afrique du Sud de l’apartheid.

La société israélienne devra être rééduquée à travers un douloureux processus de vérité et de réconciliation, comme cela s’est également produit en Afrique du Sud sous l’apartheid. Il faudra amener les Israéliens à affronter la réalité d’un siècle d’atrocités commises contre le peuple palestinien autochtone.

La Grande-Bretagne n’envisage rien de tout cela – car les fils menant à la mise au jour des crimes d’Israël et du mouvement sioniste mèneraient tout droit à la porte du 10 Downing Street et d’autres puissances occidentales.

Israël n’est pas un monstre de Frankenstein. Il fait exactement ce pour quoi il a été créé : servir d’implant colonial occidental – un État-forteresse militarisé – projetant sa puissance dans un Moyen-Orient riche en pétrole.

Israël ne veut rien de moins – et, rhétorique mise à part, l’establishment britannique n’est pas près de prendre des mesures concrètes pour le ramener à sa juste mesure.

11 septembre 2026 – Middle-East Eye – Tradution : Chronique de Palestine

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