Le jumelage de Mulhouse avec la ville israélienne de Givatayim doit être abandonné

3 septembre 2026 - Les proches de Khalil Abu Alia, âgé de 18 ans, pleurent sa mort lors de ses funérailles, qui se sont déroulées en même temps que celles d’Omar al-Naasan, âgé de 19 ans, dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie, le 3 septembre 2026. Tous deux ont été tués la veille lors d’un raid mené par des colons israéliens et l’armée. Ces décès portent à neuf le nombre total d'habitants du village tués depuis avril 2024, dont six ont été tués rien qu'en 2026. Mercredi soir, des colons israéliens et des soldats ont mené un raid à al-Mughayyir, abattant Khalil Abu Alia, âgé de 18 ans, touché au cou par un tireur d’élite, et Omar al-Naasan, âgé de 19 ans, touché dans le dos. Selon des témoins oculaires, al-Naasan a été tué à l’intérieur du village par un colon - Photo : Oren Ziv/Activestills

Par AFPS Alsace

A Monsieur Frédéric MARQUET, Maire de Mulhouse.

Monsieur le Maire,

Le retour de vacances signifie, pour bon nombre d’entre nous, une reprise d’activités et une mise à jour des événements qui ont eu lieu durant cette période estivale. Cet « ajustement » nous réserve parfois des surprises.

Ainsi nous avons appris, par les réseaux sociaux, que le Conseil Municipal, mis en place à Mulhouse après le 22 mars dernier, avait réactivé le jumelage avec la ville israélienne de Givatayim. Ce jumelage avait été signé en novembre 1991 par Jean-Marie BOCKEL et était en sommeil depuis plusieurs mandats, selon les affirmations de l’ancienne municipalité.

Les recherches sur Internet nous précisent que les objectifs de ce jumelage étaient de favoriser les échanges culturels, sportifs, économiques et le partage de bonnes pratiques, ainsi que le dialogue pour la paix…

Vous le savez très bien, Monsieur le Maire, pendant que votre Adjointe, en charge des relations internationales, Anne-Catherine GOETZ, assistée de Rodolphe CAHN, Adjoint en charge des relations avec les cultes et de la laïcité…, donnaient l’accolade au maire de cette ville israélienne, la destruction systématique de Gaza se poursuivait sans relâche.

Au 24 août 2026, le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies annonçaient des chiffres terrifiants : 73 407 Palestiniens tués à Gaza, dont 21 283 enfants et 10 983 femmes, ainsi que 174 335 blessés. Une population de 2,1 millions de personnes déplacées de force, affamées, privées de médicaments et de logement est parquée sur 30 % d’un territoire dévasté.

Ces trois dernières années, à Gaza, des milliers de familles ont perdu des êtres chers ou ont été anéanties. Nombreux sont ceux qui n’ont pas pu enterrer et pleurer leurs proches, contraints de laisser les corps se décomposer dans les maisons, dans la rue ou sous les décombres. Ces victimes ne sont pas prises en compte dans les chiffres cités.

Des milliers de Palestiniens ont été et sont encore détenus et systématiquement soumis à de graves maltraitances, à de graves tortures.

Vous savez également, Monsieur le Maire, que sur tout le territoire de la Cisjordanie les violences perpétrées par les milices de colons, assistées par l’armée israélienne, font quotidiennement des blessés graves et des morts.

Incendies volontaires, destructions de maisons, de bâtiments (y compris construits avec des aides françaises et européennes), arrachages de champs d’oliviers, dégradations de puits et de conduites d’eau, vols de bétails : tel est le mode opératoire des colons qui volent, frappent et torturent, assassinent hommes, femmes et enfants palestiniens.

Les militants israéliens, comme ceux du mouvement « Standing together », mouvement qui s’oppose, en Israël, à la colonisation et à l’occupation israélienne des territoires palestiniens, les militants internationaux, les journalistes, ne sont pas épargnés.

Tous ces faits, Monsieur le Maire, vous en avez connaissance parce qu’ils sont documentés, non seulement sur les réseaux sociaux, mais par la presse israélienne, notamment dans le Haaretz. Ils sont démontrés par des enquêtes de médias indépendants et par les plus hautes instances des Nations Unies.

Les décisions de la Cour Pénale Internationale, de la Cour Internationale de Justice, tous les jugements et arrêts, toutes les décisions de justice prises contre la barbarie des autorités israéliennes, y compris par les juridictions françaises, décrivent la violence qu’Israël déchaîne, en toute impunité, contre le peuple de Palestine et démontrent le génocide, orchestré et perpétré par l’État d’Israël pour éliminer systématiquement ce peuple et procéder au grand remplacement.

Et que ce soit en Palestine, en Syrie ou au Liban, les pratiques de l’armée israélienne sont les mêmes : violence coordonnée, massacres, nettoyage ethnique, déplacements forcés et confiscation des terres. Le génocide et la destruction de la mémoire palestinienne à Gaza représentent l’apogée de cette violence.

Nous avons découvert, sur les réseaux, que Mulhouse a décidé de « favoriser le dialogue, les échanges et l’amitié entre les peuples… dans la continuité de sa politique internationale ». Notre monde compte 195 pays reconnus officiellement et vous choisissez Israël, l’Etat d’Israël accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité pour « vos échanges d’amitié entre les peuples » ? Si nous étions plus véhéments nous pourrions qualifier ce geste d’indécent et d’irrespect de l’humain.

L’Association France Palestine Solidarité Alsace n’est pas née après le 7 octobre 2023. Depuis plus de 20 ans, nous nous battons pour l’autodétermination du peuple palestinien et l’indignation et la colère que nous ressentons aujourd’hui ne sont pas à associer à la haine de l’autre, tout comme les accusations d’antisémitisme ne seraient pas recevables.

D’ailleurs, nos amis israéliens nous rejoignent dans nos luttes et plus d’une centaine d’anciens représentants diplomatiques de la France et du Royaume-Uni, appellent leurs gouvernements à agir à travers une série de sanctions contre Israël pour préserver l’Etat de droit, contre l’impunité sans faille accordée par l’Occident à cet Etat scélérat.

Mais nous voulons terminer notre courrier sur une note positive et constructive. Ce jumelage, en 1991, visait à favoriser le partage de bonnes pratiques, ainsi que le dialogue pour la Paix. Nous vous proposons donc d’inscrire « dans la continuité de votre politique internationale » la signature d’un jumelage entre la ville de Mulhouse et une ville palestinienne.

Nous sommes à votre disposition pour vous accompagner dans la réalisation de ce projet.

Nous vous présentons, Monsieur le Maire, nos salutations.

Résolument.

Pour l’AFPS Alsace, la Présidente,
Mireille PELKA

1er septembre 2026 – AFPS Alsace

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