Aujourd’hui, la Vierge rouge serait à Gaza

La participation des femmes a été élevée pendant la Grande Marche du Retour et de nombreuses femmes sont en première ligne des manifestations. Plus de 100 femmes ont été blessées par balles réelles au cours des six premiers mois de protestation et une a été tuée - Photo : Mohammed Zaanoun / Active Stills / Al Jazeera

Par Dominique Muselet

« Il y a une sorte d’alliance naturelle entre le malheur et la vérité parce que tous les deux sont condamnés à demeurer sans voix, devant nous, comme un vagabond accusé en correctionnelle d’avoir pris une carotte dans un champ se tient debout devant le juge qui, commodément assis, enfile élégamment questions, commentaires et plaisanteries, tandis que l’autre ne parvient pas même à balbutier » Simone Weil.

La Vierge rouge était un des surnoms donnés par ses camarades de Lycée à Simone Weil, la philosophe. Pendant sa courte vie (1909 – 1943), elle a fait preuve d’une indépendance d’esprit à toute épreuve et d’un refus absolu de pactiser avec les riches contre leurs victimes. Au lycée, elle cachait sous son grand manteau noir des tracts révolutionnaires, des journaux ouvriers et des manifestes anarchistes. Alain, son professeur au lycée Henri-IV l’appelait la Martienne. « Albert Camus la décrivit comme le seul grand esprit de son temps. T. S. Eliot l’appela la plus grande sainte du vingtième siècle. Charles de Gaulle l’a dite folle », comme le rappelle Étienne Beaumont, dans sa récente vidéo autobiographique de Simone Weil, dont je me suis servi pour écrire cet article. Merci à lui !

Comment vivre dans un monde où d’autres souffrent ? 

En 1914, à cinq ans, Simone Weil a décidé de se priver de sucre, après avoir entendu dire que les soldats français sur le front n’en avaient pas. Toute sa vie elle a été hantée par la question : « Comment vivre dans un monde où d’autres souffrent ? ». Dotée d’une « lucidité sans concession, d’une sensibilité morale d’une rare cohérence et d’une allergie congénitale à l’injustice, elle était incapable de séparer la pensée de l’acte ».

Après avoir été reçue première au concours de Normale Sup (pendant que Simone de Beauvoir prenait la deuxième place), elle enseigne quelques années la philosophie en province, mais, outre que l’Institution a du mal à supporter ses extravagances anarchistes, cette activité ne répond pas à son besoin de comprendre et de partager le sort des malheureux.

A 25 ans, malgré ses migraines et sa myopie invalidantes, elle entre en usine, notamment à l’usine Renauld de Boulogne Billancourt, comme simple ouvrière non qualifiée. Là, elle comprend pourquoi les esclaves enchaînées aux chaînes de production ne peuvent pas développer une « conscience de classe », au grand désespoir des syndicats. C’est que la souffrance de ces femmes n’est pas seulement physique, comme elle le pensait avant de la partager, c’est aussi et avant tout un « écrasement de l’âme ».

A force de souffrir, ces ouvrières n’ont même plus la force de penser, de vouloir, sans parler d’être en colère ou de se révolter. Elles survivent d’instant en instant en s’adaptant comme elles peuvent à une oppression qui détruit leur conscience même. La solution qu’on leur propose, pour alléger leur sort, se résume à des revendications salariales.

« Imaginons que le diable veuille acheter l’âme d’un malheureux et que quelqu’un, pour lui venir en aide, dise au diable : ‘Il est honteux de votre part de n’offrir que ce prix, l’objet vaut au moins le double !’ Cette farce sinistre est celle qu’a joué le mouvement ouvrier avec ses syndicats, ses partis, ses intellectuels de gauche », s’indigne Simone Weil dans un de ses derniers écrits.

Au bout de 28 semaines, son corps la lâche et elle doit quitter l’enfer de l’usine. Mais cela lui a suffi pour se convaincre, s’il en était besoin, qu’« On ne peut pas comprendre quelque chose de l’extérieur et ce qu’on comprend de l’intérieur appartient à celui qui l’a vécu ».

Avant de mourir à 34 ans, Simone Weil fera deux autres expériences qui lui permettront de trouver la réponse à la question qu’elle se pose depuis qu’elle a 5 ans. Elle, qui avait perçu avant tout le monde l’ascension irrésistible d’Hitler et du fascisme, renonce, en 1936, à ses aspirations pacifistes pour aller se battre contre Franco en Espagne.

Mais elle est déçue lorsqu’elle se rend compte que son camp commet lui aussi des crimes, et, de toute façon, elle est trop malade. Elle fuit alors aux Etats-Unis avec sa famille qui refuse de partir sans elle, mais en 1940, elle rejoint la France Libre à Londres, où on la cantonne dans les bureaux, alors qu’elle rêve d’aller sur le front avec une équipe d’infirmières qui soignerait les blessés des deux camps pour apporter un peu de compassion dans l’enfer du front. Ce qui lui vaut évidemment d’être qualifiée de folle par de Gaulle et de don Quichotte par Georges Bataille

La réponse, elle la trouvera en s’ouvrant à la spiritualité. Elle réalise que le christianisme est la religion des esclaves et découvre, à travers Jésus, la « possibilité d’aimer au milieu du malheur », mais elle ne se laisse pas embrigader par l’Eglise, car, pour elle, la vérité spirituelle traverse toutes les religions. Elle développe ce qu’elle appelle « l’attention », qui consiste à observer le réel, tout en restant ouvert à une réalité qui dépasse le visible.

Cela me rappelle la pleine conscience, l’attention sans attente, sans projection, bref sans intervention de l’Ego qu’on enseigne dans le Bouddhisme, que d’ailleurs Simone Weil connaissait bien. Cette forme d’« attention gratuite, sans mobile, tendre et divinatrice, qui est amour », permet de comprendre même ceux qui n’ont plus de mots pour exprimer leur douleur, tant ils ont reçu de coups.

Pour Simone Weil, il y a une forme de jouissance, d’ivresse, à abuser de sa force, à soumettre et à tuer (on le voit dans les vantardises sanguinaires des soldats israéliens), et par conséquent la perfection, le sommet de la vertu morale, consiste à ne pas utiliser la force, la puissance, le pouvoir que les circonstances nous ont donné. Elle cite en exemple Achilles, qui, dans l’Odyssée, accepte de rendre le corps de son fils Hector, à Priam, venu seul dans le camp ennemi pour l’en prier, alors qu’il aurait pu en profiter pour assassiner le vieux roi.

« Nous ne sommes pas des chiffres » ou le cri de l’âme blessée

Nulle part ailleurs qu’à Gaza, l’abus de la force n’a pris de telles proportions depuis le troisième Reich.

« Nous ne sommes pas des chiffres – Les voix de la jeunesse de Gaza » est un ouvrage collectif, paru le 26 juin 2026 et coordonné par Ahmed Alnaouq et Pam Bailey, membres de l’association « We Are Not Numbers », qui donne la parole à la jeunesse gazaouie. Ce recueil rassemble les contributions les plus marquantes (74 sur un millier) de la dernière décennie, rédigées par 59 jeunes auteurs.

Les Éditions Demi-Lune le présentent ainsi :

« Une adolescente contemple son toit, craignant qu’il ne s’effondre sur elle.
Un jeune étudiant parcourt Internet à la recherche de photos de bibliothèques du monde entier, rêvant de pouvoir les visiter un jour.
Une autre arpente la ville, répertoriant tous les bâtiments qu’elle rêve de restaurer.
Voici les histoires des jeunes de Gaza, nés sous l’occupation et le blocus israéliens.
Ce sont des personnes qui ont enduré des épreuves et des pertes indicibles, qui continuent de se battre pour être reconnues non comme de simples chiffres, mais comme des êtres humains avec leurs espoirs, leurs rêves et une vie qui vaut la peine d’être vécue. 
»

 Dans un entretien avec Anne de Vergnette sur Radio Galère du 22/07/2026, Claude Zurbach, l’administrateur de Chronique de Palestine en Français qui a traduit le recueil, parle de la difficulté de ne rien perdre, en traduisant, de la force émotionnelle et instructive du texte. Cela nécessite de mâcher et remâcher le texte, ce qui est assez éprouvant, étant donné la souffrance dont chaque mot est imprégné.

Puis Claude Zurbach fait un bref retour historique de ces trente mois de génocide, pendant lesquels 10% de la population de Gaza a été exterminée, oui 10 % ! Le monde détourne le regard de ces assassinats de masse, comme de tous les massacres israéliens de Gazaouis successifs depuis la crise de Suez fin 1956. C’est pourquoi, conclut-il, nous devons continuer à parler d’eux, même si nous avons l’impression que cela ne sert à rien ou nous met en danger, il faut continuer pour soutenir la motivation à survivre et résister des Palestiniens.

Quant à moi, J’ai commencé, il y a quelques jours, la lecture des témoignages de ces jeunes victimes de la barbarie israélo-occidentale. Arrivée à la page 59, j’ai dû m’arrêter car j’ai été saisie d’un profond désespoir. Depuis presque un siècle que dure la colonisation et le nettoyage ethnique de la Palestine, je ne n’étonne plus de la brutalité des Israéliens, ni de leurs perpétuels carnages, mais j’en souffre toujours autant, car les sentiments ne s’érodent pas avec le temps.

Ils sont là, toujours aussi puissants qu’au premier jour et peut-être encore plus puissants, parce que, à l’horreur s’ajoute de plus en plus l’impuissance et l’indignation devant le silence complice des régimes occidentaux.

Je me suis dit que, si ces témoignages m’avaient particulièrement touchée, c’était parce que, même si les mots ne seront jamais suffisants pour exprimer la monstruosité de ce qu’ils subissent, ils expriment la souffrance et le désarroi d’adolescents ou de très jeunes gens qui ne comprennent pas pourquoi la soi-disant Communauté internationale laisse le démoniaque régime israélien, le fer de lance de l’Occident parvenu au dernier stade de la volupté sanguinaire, les martyriser de la sorte.

Pourquoi me fait-on du mal ? est la question lancinante que se posent ces étudiants, comme toutes les victimes de violences, ainsi que l’a parfaitement compris Simone Weil.
Alors que je n’arrêtais pas de penser à l’inhumanité et l’injustice de leur calvaire, je suis tombée sur un texte très éclairant que Simone Weil a écrit en 1943, La personne et le sacré, lu par Alètheia.

Si Simone Weil était vivante aujourd’hui, elle serait à Gaza avec les Gazaouis, ça ne fait aucun doute. Nul mieux qu’elle ne peut comprendre et partager leur malheur, qu’elle distingue de la souffrance qui est un épiphénomène, quand le malheur est structurel. Nul ne sait mieux qu’elle que l’être humain est tout entier sacré et que le torturer et l’assassiner est un sacrilège.

A l’image de Jésus, de Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, du Bouddha, de Saint François d’Assise, et de bien d‘autres être compatissants et clairvoyants, elle a consacré sa vie à écouter les malheureuses victimes des abus de force des puissants. Elle pensait que si les opprimés sont invisibles, c’est parce qu’on ne leur accorde pas d’attention. En conséquence, la question « Que ressens-tu ? » constituait pour elle l’expression ultime de l’amour du prochain.

C’est cette question que l’association We are not numbers a posée à tous ces jeunes. Je sais par expérience que lorsqu’il nous arrive quelque chose d’insoutenable on perd l’image (la pensée) et le son (la parole). En offrant à ces jeunes victimes de la sauvagerie occidentale un moyen de s’exprimer et de se faire entendre, ils ont contribué à leur guérison et à leur émancipation, comme le note Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés : « Ces jeunes gens brillants font de l’écriture un moyen de libération… »

Simone Weil n’a donné la force de reprendre la lecture de ces témoignages bouleversants. Nous qui faisons partie de cet occident maudit et qui sommes donc collectivement responsables du tragique destin des Palestiniens, nous pouvons au moins faire une chose pour eux : ne pas détourner les yeux de leur calvaire et souffrir avec eux.

Revendiquer ses droits ne mène nulle part

Dans La personne et le sacré Simone Weil explique de manière lumineuse que ce qui rend un être sacré, ce n’est pas sa personne, car même si on crève les yeux d’une personne, pour s’amuser, elle n’en reste pas moins une personne. « Ce qui me retient de lui crever les yeux, dit-elle, c’est de penser qu’il aurait l’âme déchirée si je lui faisais du mal ». Car, « tout être humain s’attend invinciblement, de la naissance à la mort, à ce qu’on lui fasse du bien et non du mal. C’est cela, qui est sacré ».

C’est cette partie profonde, enfantine, innocente, en nous, qui ne s’habitue jamais à l’idée qu’on puisse lui faire du mal, qui est sacrée, et la violenter est un sacrilège et une injustice.

Le cri de douloureuse surprise qui jaillit d’un être qu’on maltraite, n’a rien à voir avec une revendication, comme celle des droits humains, insiste Simone Weil. Les droits de la personne humaine est « une notion qui s’est révélée impuissante à exercer la fonction qu’on lui confiait ».

Dans L’Enracinement, qu’elle a aussi écrit la dernière année de sa vie, elle oppose l’obligation au droit : « La notion d’obligation prime sur celle du droit qui lui est subordonnée et relative. Un droit n’est pas efficace par lui-même mais seulement par l’obligation à laquelle il correspond. L’accomplissement effectif d’un droit provient, non pas de celui qui le possède, mais d’autres qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. Un droit qui n’est reconnu par personne n’est pas grand-chose. Les droits apparaissent toujours liés à certaines conditions. L’obligation est inconditionnelle. L’homme a des obligations envers tout être humain, du seul fait que c’est un être humain ».

Ces obligations consistent à satisfaire ses besoins vitaux, matériels et spirituels, besoins qu’elle énumère dans la suite du texte. 

« L’esprit de marchandage », note-t-elle dans La personne et le sacré, « … est implicite dans la notion de droit. Elle est liée à celle de partage, d’échange de quantité. Elle a quelque chose de commercial. Elle évoque par elle-même le procès, la plaidoirie. Le droit ne se soutient que sur un ton de revendication, et quand ce ton est adopté, c’est que la force n’est pas loin derrière lui pour le confirmer ou sans cela il est ridicule. Les notions de droit, de personne, de démocratie, sont dans cette catégorie. Les mensonges et les erreurs qui voilent ces vérités sont extrêmement dangereux parce qu’ils empêchent d’avoir recours à ce qui seul se trouve soustrait à la force et en préserve, c’est-à-dire une autre force qui est le rayonnement de l’esprit.

« La notion de droit nous vient de Rome. Les Romains qui avaient compris, comme Hitler, que la force n’a la plénitude de l’efficacité que vêtue de quelques idées, employaient la notion de droit à cet usage », quand, en réalité l’Allemagne nazie, tout comme la Rome antique (tout comme l’Occident d’aujourd’hui), ne reconnaît que le droit d’obéir. Les Grecs n’avaient pas la notion de droit. Ils n’avaient pas de mot pour l’exprimer. Ils se contentaient du nom de la Justice.

Comme la notion de droit est étrangère à l’esprit grec, elle est étrangère aussi à l’inspiration chrétienne. On n’imagine pas Saint François d’Assise parlant de droit. Si l’on dit à quelqu’un qui soit capable d’entendre : ce que vous me faites n’est pas juste, on peut frapper et éveiller à la source un esprit d’attention et d’amour. Mais des paroles comme « j’ai le droit de…, vous n’avez pas le droit de… » éveillent un esprit de guerre.

« Il est impossible, lorsqu’on en fait un usage presque exclusif, de garder le regard fixé sur le vrai problème : une jeune fille qu’on est en train de mettre de force dans une maison de prostitution ne parlera pas de ses droits. Dans une telle situation, ce mot semblerait ridicule à force d’insuffisance. L’usage de ce mot a fait de ce qui aurait dû être un cri jailli du fond des entrailles (des victimes de toutes les véritables violences), une aigre criaillerie de revendication sans pureté ni efficacité.

« La question : Pourquoi l’autre a-t-il plus que moi ? est relative au droit. La question : Pourquoi me fait-on du mal ? est relative à la justice, à la vérité, à l’amour.

« Le malheur est par lui-même inarticulé. Les malheureux supplient qu’on leur fournisse des mots pour s’exprimer. Il y a des époques où ils ne sont pas exaucés. Il y a en d’autres où on leur fournit des mots, mais mal choisis car ceux qui les choisissent sont étrangers au malheur qu’ils interprètent ». Les mots droits, démocratie, personne, sont des pièges dont usent et abusent, sans s’en rendre compte, les défenseurs de la cause palestinienne. « Si l’on veut armer les malheureux, il faut mettre dans leur bouche des mots qui viennent du ciel, des mots qui n’expriment que le bien : vérité, beauté, justice, compassion ».

Les jeunes qui ont collaboré à Nous ne sommes pas des chiffres sont, à mon avis, la preuve vivante de ce qu’avance Simone Weil. Je ne sais pas s’ils ont compris que les droits humains ne sont que le gant qui recouvre la main de fer occidentale, mais le fait est que, dans le livre, on ne trouve l’expression droits humains que dans deux témoignages :

Dans « La créativité dépendrait-elle de la souffrance ? », Dana Besaiso, qui espère obtenir une bourse pour aller étudier le droit international en Europe, écrit : « Ma passion pour l’écriture se nourrit de la lutte permanente pour défendre mes droits humains les plus fondamentaux (…) en tant que Gazaouie je constate clairement que le droit international est ignoré. Mais en tant qu’étudiante en droit, je refuse de croire qu’il ne s’agit que d’encre sur du papier. Je crois qu’un jour, le droit international pourra servir à demander des comptes aux auteurs de ce génocide. »

Et dans « J’ai été déplacée de deux maisons… maintenant, j’attends la troisième » Maram nous confie : « Je suis en colère, désespérée et j’ai peur de m’accoutumer à voir les gens autour de moi se faire tuer et chasser. Je ne veux plus entendre personne me faire la leçon sur l’humanité, les valeurs et la paix. C’est l’humanité qu’on assassine.

Je ne suis pas un simple numéro. Je suis en personne qui a des rêves et des sentiments. Je rêve du jour où je deviendrai professeure d’anglais ou militante des droits humains. Si je meurs souvenez-vous de moi. Je m’appelle Maram ».

Dana étudie le droit, c’est compréhensible qu’elle s’interroge sur les droits humains et leur violation. Quant à Maram, il est clair que militante des droits humains représente simplement pour elle, un exemple de vie normale.

Comme le souligne Claude Zurbach dans son interview sur radio Galère, Dana et Maram font aussi partie de ces jeunes de Gaza, qui sont confrontés par l’occupant à un choix aussi inique que douloureux : échapper à l’enfer en quittant Gaza et leur famille adorée grâce à la bourse qu’on leur offre pour aller étudier à l’étranger, ou rester avec ceux qu’ils aiment au risque d’être assassiné avec leur famille par Israël. Dana est partie et étudie en Egypte, Maram allait partie quand Israël a refermé le siège.

Naya Nashwan raconte dans « L’esprit sous occupation » qu’arrivée première de toute la Palestine au Tawjihi, l’examen de fin de scolarité, elle n’a pas pu se résoudre à accepter la bourse qui lui aurait permis « d’aller à l’université en Egypte, au Qatar ou même aux Etats-Unis » elle a décidé de rester à Gaza : « Si je partais à l’étranger et qu’une autre guerre éclatait ? Pourrais-je vivre en paix alors que des membres de la famille seraient attaqués, voire tués ? J’ai préféré m’inscrire à l’Université islamique et perdre ma bourse plutôt que de risquer de voir disparaitre ma famille pendant que je serais au loin ».

Mais, comme tout a une fin, un jour viendra où le régime étasunien et ses vassaux européens dégénérés n’auront plus les moyens d’assurer leur suprématie sur le monde, et où les Palestiniens seront libérés du joug israélien et retrouveront leur liberté et leur patrie. 

Et ce jour-là, ce livre s’ajoutera à toutes les preuves directes et indirectes qui permettront aux innombrables victimes palestiniennes d’obtenir justice et réparation devant les tribunaux, comme les victimes de l’Allemagne Nazi à Nuremberg.

Montreuil, 26 juillet 2026 – Transmis par l’auteure.

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