3 mars 2026 - Des élèves participent à une séance de récitation du Coran dans le cadre de la Semaine nationale du Coran, à la mosquée Awad, dans le quartier d'Al-Mawasi, à l'ouest de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza. Selon le ministère palestinien des Donations et des Affaires religieuses, au moins 909 mosquées ont été complètement réduites en ruines par les attaques israéliennes depuis octobre 2023, tandis que 251 autres ont subi de graves dommages. Trois églises de la ville de Gaza ont également été détruites - Photo : Doaa Albaz / Activestills
Alors que l’attention s’est recentrée sur la guerre en Iran, le durcissement des restrictions imposées à Gaza entraîne des pénuries, une flambée des prix et une souffrance croissante, transformant une période de fête en une période d’angoisse pour des millions de personnes.
Alors que l’attention du monde entier est rivée sur la guerre en Iran, Israël a discrètement resserré son étau sur Gaza, restreignant encore davantage la circulation des marchandises et de l’aide humanitaire.
À l’aube de l’Aïd al-Fitr, une période censée être marquée par la joie et les réunions familiales, des millions de personnes à Gaza sont confrontées à des pénuries de plus en plus graves et à des conditions de vie de plus en plus difficiles.
Ce qui devrait être un moment de fête s’est transformé en une période d’angoisse, la crise qui s’aggrave privant l’Aïd de ses plaisirs les plus simples.
La crise économique n’est pas simplement un cas d’inflation ordinaire ou de pénurie temporaire de marchandises, mais le résultat d’une interaction complexe entre l’occupation israélienne, la dynamique des marchés locaux et des stratégies régionales et internationales plus larges.
Israël a à maintes reprises profité de tensions externes, telles que celles impliquant l’Iran ou le Liban, pour justifier le durcissement des restrictions sur la circulation des marchandises aux points de passage tout en intensifiant la pression militaire sur Gaza.
La famine menace à nouveau à Gaza alors qu’Israël durcit les restrictions sur l’aide
Cela expose directement les habitants à la flambée des prix et à la pénurie de produits de première nécessité.
Même lorsque les produits sont disponibles sur les marchés, certains commerçants ont profité de la crise pour réaliser des profits excessifs en augmentant les prix de manière injustifiée.
Les tomates, par exemple, qui coûtaient 3 shekels (0,97 $) avant les événements récents, coûtent désormais 20 shekels (6,48 $). Les produits de première nécessité en conserve ont connu des hausses similaires.
Le gaz de cuisine coûte désormais 80 shekels (25,92 dollars) pour une bouteille de 8 kg, ce qui signifie qu’une famille peut avoir besoin d’environ 640 shekels (207,37 dollars) par mois rien que pour s’approvisionner en gaz de cuisine.
Les prix de l’électricité ont également augmenté, passant de 18 shekels (5,83 $) par unité à 25 shekels (8,10 $), tandis que le coût de la vie des familles qui ont souvent recours à des alternatives telles que les réchauds à kérosène (babur) pour cuisiner au lieu du bois a fortement augmenté.
La flambée des prix ne s’arrête pas là. La viande est devenue d’un coût prohibitif, les médicaments essentiels sont de plus en plus difficiles à se procurer à des prix raisonnables, et même les traditions les plus simples de l’Aïd sont désormais hors de portée pour beaucoup.
Cette manipulation des prix montre comment certains commerçants exploitent la fragilité économique et la pression psychologique auxquelles sont confrontés les habitants, ce qui exacerbe le sentiment d’injustice et de frustration au sein de la population.
La guerre en cours, les violations répétées des accords de cessez-le-feu et la stratégie plus large d’Israël consistant à utiliser les conflits externes comme justification de la pression militaire ont transformé le discours sur les « menaces sécuritaires continues en provenance de Gaza » en un prétexte récurrent pour fermer les points de passage ou les utiliser comme un outil de contrôle.
De cette manière, Gaza s’est de plus en plus empêtrée dans des tensions régionales plus larges et des calculs militaires.
Dans ces circonstances, l’Aïd al-Fitr à Gaza est devenu le symbole des difficultés quotidiennes.
Les familles sont contraintes de choisir entre les produits de première nécessité et les traditions de la fête. La viande, les légumes et le gaz de cuisine sont devenus des produits de luxe pour beaucoup, tandis que la majorité peine simplement à se procurer l’essentiel pour vivre au quotidien.
Même lorsque les approvisionnements existent, la monopolisation des marchandises et les hausses de prix injustifiées fragilisent le marché local et mettent en évidence la faiblesse de la structure économique de Gaza.
Toute tentative de stabilisation des prix ou d’augmentation de l’offre se heurte à des restrictions strictes liées au blocus, ce qui permet aux commerçants de réaliser des profits rapides au détriment des gens ordinaires.
En fin de compte, la crise de Gaza n’est pas seulement une question économique ; elle reflète une interaction complexe entre l’occupation, le blocus, l’exploitation commerciale et les politiques régionales et internationales qui ont conduit à la marginalisation du territoire.
L’Aïd al-Fitr, autrefois symbole de joie, est devenu le rappel d’une fête perdue, mais aussi un appel à la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures concrètes : garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, protéger les civils contre l’exploitation et empêcher que la souffrance humaine ne soit transformée en opportunité de profit.
Auteur : Amal Mohammed Abu Saif
* Amal Mohammed Abu Saif est étudiante en laboratoire médical à l'université Al-Israa et autrice d'Atheer Gaza, un roman né des décombres et écrit au rythme de la survie. Elle vit dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, où la guerre n'est pas seulement une toile de fond, mais une réalité quotidienne.Son objectif est de faire entendre la voix de Gaza à travers le monde et de partager la vérité de son peuple avec ceux qui ne l'ont jamais vécue.
20 mars 2026 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

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