La nouvelle ère de l’expansionnisme israélien et l’économie de guerre qui l’alimente

Les forces israéliennes arrivent dans le village d'Al Mughayyir, en Cisjordanie, à l'est de Ramallah, le 17 janvier 2026. Les soldats et les policiers israéliens ont fait une descente dans la propriété de la famille Abu Hamam dans le village, arrêtant l'une des femmes de la famille après qu'un colon lui ait bloqué le passage vers sa maison et ait appelé les forces israéliennes sous de faux prétextes. Au cours de la descente, la police a également expulsé les militants solidaires qui étaient présents pour assurer la protection de la famille, régulièrement victime d'attaques. Le photographe Avishay Mohar, de l'organisation Activestills, a également été arrêté lors de cet incident et s'est vu interdire l'accès au village pendant 14 jours. La veille, un enfant de 14 ans avait été tué par les forces israéliennes lors d'un autre raid dans le village - Photo : Avishay Mohar / Activestills

Par Ahmed Alqarout

Dans sa quête de domination régionale, Israël ouvre une nouvelle période d’expansionnisme en mettant son économie au service de la guerre, des réalignements régionaux et et la volonté de Netanyahu d’atteindre l’indépendance militaire.

Israël est entré dans une nouvelle ère d’expansionnisme territorial et d’agression militaire au-delà des frontières de la Palestine historique. Ses actions belliqueuses se sont accélérées en Jordanie, au Liban, en Syrie, au Yémen, en Iran, au Qatar, en Libye et, plus récemment, au Somaliland. Ces développements ne sont pas dus à un changement dans les ambitions stratégiques d’Israël, mais plutôt à l’assouplissement des contraintes qui le limitaient avant octobre 2023.

Ce virage expansionniste reflète un rééquilibrage structurel des risques, de la pression et de la tolérance internationale plutôt qu’un changement idéologique soudain. Mais il est également dû à la manière dont l’économie israélienne est désormais structurée : c’est l’industrie militaire qui soutient l’économie depuis deux ans, depuis qu’Israël connaît un isolement mondial tel qu’il a décimé la plupart des autres secteurs.

Résultat ? Israël a désormais encore plus besoin de se maintenir dans un état de guerre perpétuel.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé cette réalité lorsqu’il a annoncé qu’Israël devrait devenir une « super Sparte », un État guerrier hautement militarisé doté d’une industrie militaire autosuffisante, et qui serait capable de défier la pression internationale et les embargos sur les armes parce qu’il n’aurait plus à dépendre du soutien militaire américain.

Une récente déclaration stratégique cruciale accentue cette trajectoire. En janvier 2026, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël d’ici une dizaine d’années, présentant cela comme une voie vers l’autosuffisance militaro-industrielle et l’autarcie stratégique.

Cette annonce indique qu’Israël ne veut plus être subordonné aux États-Unis, mais veut agir en tant que partenaire stratégique dans la région, à un moment où la stratégie de sécurité nationale des États-Unis déplace son attention du Moyen-Orient vers l’hémisphère occidental.

La déclaration de Netanyahu amplifie l’urgence du modèle de croissance axé sur les exportations, qui repose en grande partie sur l’industrie de l’armement. Le problème est que si Israël veut remplacer les 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle des États-Unis, il doit augmenter considérablement sa production nationale et sa capacité d’exportation.

1er octobre 2024 – Essaim de missiles iraniens au-dessus de Tal-Habib/Yafa – L’armée iranienne a commencé à lancer des missiles balistiques sur Israël en représailles à une série d’assassinats en Iran et au Liban – Photo : via Teheran Times

L’État israélien tente d’inscrire politiquement cette augmentation des exportations dans les institutions, en engageant environ 350 milliards de NIS (nouveau shekel israélien) – équivalant à 100-108 milliards de dollars – au cours de la prochaine décennie pour développer une industrie nationale indépendante de l’armement.

Sur le plan économique, cela signifie que la production militaire deviendra un élément central de la stratégie industrielle à long terme d’Israël, détournant les capitaux, la main-d’œuvre et le soutien de l’État vers la fabrication d’armes plutôt que vers une relance de l’industrie civile impossible en temps de guerre.

Cela renforce également l’ancrage des entreprises israéliennes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en matière de sécurité, alors même que l’État lui-même se retrouve diplomatiquement isolé.

Dimension structurelle : la nécessité d’être toujours en guerre

Depuis 2023, les exportations militaires israéliennes sont devenues l’un des rares secteurs à compenser le ralentissement économique général. En 2023, les exportations de défense ont atteint environ 13 milliards de dollars, et en 2024, elles ont encore grimpé pour atteindre environ 14,7 à 15 milliards de dollars, établissant des records successifs.

Cette expansion s’est produite alors que la croissance économique civile s’affaiblissait, que la pénurie de main-d’œuvre et le chômage s’intensifiaient en raison de la mobilisation prolongée de l’armée, et que de larges segments du secteur des petites et moyennes entreprises enregistraient des pertes régulières et des faillites.

Les exportations d’armes ont essentiellement fonctionné comme un stabilisateur contracyclique pendant les tensions de la guerre, mais elles deviennent désormais un élément permanent de la nouvelle forme que prend économie israélienne.

En 2025, cette trajectoire s’est encore accélérée. Israël a signé certains de ses plus importants accords de défense à ce jour avec les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Allemagne, la Grèce et l’Azerbaïdjan, couvrant les systèmes de défense aérienne, les missiles, les drones et les technologies de surveillance avancées.

Bien que la valeur totale des contrats ne soit pas toujours divulguée, ces accords devraient faire passer le total des exportations de défense au-delà du record de 2024, renforçant ainsi le secteur de l’armement en tant qu’industrie d’exportation la plus dynamique d’Israël, alors même que d’autres exportations, telles que l’agriculture, sont confrontées à un « effondrement » imminent, selon les agriculteurs israéliens.

L’économie de guerre est devenue le principe organisateur de la survie politique et de la sécurité du régime.

Alors que les secteurs civils stagnent, l’économie de guerre apporte la croissance, les recettes en devises étrangères et l’isolement politique. Ces trois facteurs créent une incitation structurelle à la mobilisation permanente : la guerre soutient la demande, protège le gouvernement de toute obligation de répondre de ses crimes et renforce une vision du monde dans laquelle la force détermine les relations internationales.

L’agression militaire et l’expansionnisme territorial sont les mécanismes sur lesquels s’appuie désormais l’économie israélienne. Par conséquent, la coalition au pouvoir en Israël repose sur l’impératif éternel d’empêcher l’effondrement du pays. L’économie de guerre est devenue le principe organisateur de la survie politique et de la préservation du régime.

Dimension mondiale : la fin du droit international

La dimension internationale est tout aussi décisive. L’expansionnisme territorial et l’agression militaire d’Israël ont été rendus possibles par l’affaiblissement des mécanismes de contrainte mondiaux tels que le droit international.

Les États occidentaux ont démontré qu’il n’y a pas de ligne rouge significative lorsque la violence est assimilée à la lutte contre le terrorisme ou la défense de la civilisation.

Les normes juridiques restent intactes sur le plan rhétorique, mais sont suspendues sur le plan opérationnel. Cela a modifié le calcul stratégique d’Israël, car si Gaza produit du bruit diplomatique sans aucune sanction matérielle, alors le coût ses attaques sur le Liban, la Syrie ou l’Irak sera encore plus faibles.

Avec l’échec de la normalisation, plus aucune raison de se modérer

La politique de normalisation joue également un rôle. L’effondrement des pourparlers de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite — qui s’étaient accélérés tout au long de l’année 2023 sous la médiation des États-Unis, mais qui ont échoué après le lancement du génocide israélien à Gaza — n’a pas discipliné Israël, au contraire il l’a libéré.

Sans la reconnaissance saoudienne pour compenser une certaine retenue, Israël a abandonné toute prétention d’utiliser les compromis territoriaux comme outil de négociation. Il a redoublé d’efforts pour établir des faits sur le terrain tout en recherchant des liens bilatéraux en matière de sécurité avec des acteurs plus petits ou plus vulnérables.

Israël remplace désormais son soft power déclinant par l’expansion et force la reconnaissance par des pressions au lieu des négociations.

En soutien au peuple palestinien et à la résistance à Gaza et suite à l’agression israélienne sur les différents villages du Sud-Liban, la Résistance islamique [Hezbollah] a continué à attaquer les sites d’occupation sioniste près de la frontière libanaise – Photo : médias de guerre de la résistance

Ce qui rend la période post-2023 particulière, c’est qu’Israël mène des combats simultanément sur plusieurs fronts, au grand jour et avec la certitude que l’escalade ne déclenchera pas de réaction systémique.

De plus, la stratégie d’Israël est désormais rendue possible par un recours toujours plus important aux nouvelles technologies développées pendant la guerre. Il ne s’agit plus d’une réponse aux menaces, mais d’une méthode de gouvernance intérieure et de pression internationale.

Depuis 2023, Israël ne recherche plus la paix en se contenant, comme il l’a fait pendant la période du Printemps arabe. Au contraire, il s’est orienté vers une occupation permanente, la confiscation de terres et le redécoupage des cartes politiques afin de maintenir et d’étendre sa machine de guerre.

Comment Israël cherche à dominer la région

Au niveau national, l’expansionnisme territorial israélien vise à résoudre définitivement la question palestinienne par une combinaison d’expulsions, divisions en petits territoires, cooptation et, pour finir, déplacements.

La logique sous-jacente est d’éliminer une fois pour toutes ce qui est perçu comme le principal problème de sécurité intérieure d’Israël, à savoir la présence même du peuple palestinien sur son territoire, afin de restaurer la confiance de l’élite et de la société dans la survie à long terme de l’État.

Au niveau régional, Israël poursuit divers objectifs dans les pays où il intervient, comme l’acquisition de territoires, l’occupation semi-permanente, la subordination, la fragmentation et la neutralisation des menaces perçues.

En Iran, l’agression prend la forme d’une tentative de déstabilisation du régime et de dégradation militaire par des frappes aériennes soutenues sur des installations nucléaires et militaires, parallèlement à des efforts visant à exacerber les troubles sociaux et politiques.

La guerre de juin 2025 entre Israël et l’Iran a marqué la confrontation militaire la plus directe entre les deux États à ce jour, mais elle s’est terminée par une pause informelle plutôt que par une escalade vers une guerre totale, aucune des deux parties n’ayant franchi les seuils de dissuasion malgré l’intensité des échanges.

Depuis, les manifestations à grande échelle en Iran ont introduit un nouveau point de pression interne que les acteurs extérieurs voient de plus en plus comme une vulnérabilité stratégique.

Cela a coïncidé avec les menaces de guerre explicites de Donald Trump et les nouveaux signaux militaires américains, qui renforcent ensemble la vision de longue date d’Israël selon laquelle l’Iran constitue une menace existentielle à laquelle il faut faire face par un changement de régime.

Malgré tout, Israël se garde d’escalader ses attaques, ce qui met en lumière le fait que l’agression contre l’Iran s’inscrit dans des limites implicites auxquelles l’expansionnisme territorial en Palestine ou en Syrie n’est pas confronté, même si la fusion des troubles internes et de la rhétorique coercitive externe rend cet équilibre plus fragile.

Au Liban, Israël cherche à démanteler le Hezbollah non seulement en tant qu’acteur militaire, mais aussi en tant que pilier d’un ordre politique chiite qui fait obstacle à sa domination régionale.

L’objectif plus profond est de fracturer le Liban au profit de minorités, comme les druzes, les chrétiens et d’autres groupes qui devront rechercher une protection extérieure et des liens économiques avec Israël.

Un Liban faible et segmenté offre une profondeur stratégique sans les coûts et les responsabilités d’une occupation directe. Pour l’instant, l’escalade transfrontalière au Liban sert moins à obtenir une victoire militaire totale qu’à remodeler progressivement l’équilibre politique interne du Liban.

En janvier 2026, malgré le cessez-le-feu nominalement en vigueur, Israël a maintenu des positions « temporaires » dans cinq endroits « stratégiques » du sud du Liban, refusant de compléter son retrait. Il en résulte une impasse tendue dans laquelle Israël conserve son influence militaire sur le Liban tout en refusant de se retirer complètement et en laissant ouverte la possibilité d’une nouvelle escalade majeure.

Les frappes israéliennes en Syrie, un peu plus complexes, sont devenues un théâtre central de l’intervention militaire israélienne et de la fragmentation politique orchestrée après la chute du régime d’Assad en décembre 2024.

La stratégie israélienne en Syrie comprend à la fois des actions militaires directes et des efforts visant à empêcher la consolidation d’un État syrien unifié en fournissant un soutien militaire et une coordination aux forces kurdes syriennes (les FDS) dans le but de fragmenter l’autorité du nouveau gouvernement syrien.

En mars 2025, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé publiquement qu’Israël autoriserait les travailleurs druzes syriens à entrer dans le plateau du Golan pour y effectuer des travaux agricoles et de construction, présentant cette mesure comme un geste humanitaire tout en cultivant simultanément la dépendance en matière de main-d’œuvre et les liens économiques qui lient les communautés frontalières à Israël.

En juillet 2025, Netanyahu a adopté une politique officielle de « démilitarisation du sud de la Syrie », déclarant que les forces israéliennes resteraient indéfiniment dans le sud de la Syrie et qu’aucune force militaire syrienne ne serait autorisée au sud de Damas, partitionnant ainsi de facto le territoire syrien. Netanyahu a présenté cette politique comme une « protection des Druzes ».

Revers israéliens en Syrie

À la fin de 2025 et au début de 2026, la position des Forces démocratiques syriennes (FDS) s’est effondrée. Les défections des tribus arabes à Raqqa et Deir Ez-Zour, la pression croissante des forces turques au nord et l’absence de soutien extérieur durable ont conduit à un retrait rapide des FDS d’une grande partie du nord et de l’est de la Syrie en janvier 2026.

Cet effondrement du principal allié kurde d’Israël, associé à l’échec de la résistance des milices druzes soutenues par Israël pour empêcher Damas de consolider son autorité dans le sud de la Syrie, a sapé la stratégie d’Israël visant à empêcher la reconstruction d’un État syrien unifié par le biais d’une guerre par procuration.

Les populations druzes et alaouites représentent de potentiels atouts économiques et démographiques à un moment où Israël est confronté à une pénurie structurelle de soldats et de travailleurs. Depuis 2023, cette pénurie est devenue aiguë.

La périphérie syrienne offre un réservoir de main-d’œuvre qui peut être intégré de manière sélective dans le cadre d’accords d’autonomie ou d’annexion informelle, ce qu’Israël a déjà fait en autorisant un certain nombre de Druzes syriens à travailler dans les hauteurs du Golan. Ce qui se dessine, c’est une stratégie d’annexion économique sans frontières officielles, intégrant la périphérie sud de la Syrie dans l’économie israélienne, aux conditions d’Israël.

Janvier 2025 – Blindés israéliens bloquant les entrées de la ville syrienne de Quneitra – Photo : via al-Mayadeen

Quant au Yémen, son alignement avec Gaza et sa capacité avérée à perturber le trafic maritime en mer Rouge l’ont fait passer d’un conflit périphérique à une menace stratégique pour Israël, d’autant plus que le blocus d’Ansar Allah sape l’architecture commerciale mondiale d’Israël et ses relations en matière de sécurité avec les assureurs maritimes, les entreprises de logistique et les opérateurs portuaires occidentaux.

Les liens croissants du Yémen avec la Russie et la Chine n’ont fait qu’aggraver cette menace. C’est pourquoi attaquer le Yémen ne concerne pas uniquement le Yémen, mais vise à préserver un ordre maritime aligné sur l’Occident dans lequel Israël est intégré en tant que nœud de sécurité clé.

Création d’États clients

C’est là qu’intervient la reconnaissance du Somaliland par Israël, qui permet à ce dernier de contourner les États internationalement reconnus et de travailler directement avec des entités sous-étatiques.

Le Somaliland aurait accepté l’établissement d’une base militaire israélienne sur son territoire et l’accueil de Palestiniens déplacés de Gaza en échange de cette reconnaissance.

En ce qui concerne l’implication directe d’Israël en Afrique du Nord de manière plus générale, Israël n’a pas mené d’opérations militaires directes en Égypte ni d’intervention militaire soutenue au Soudan ou en Libye, mais il a poursuivi des stratégies indirectes d’influence et de collecte de renseignements, allant des contacts avec les deux parties de la guerre civile soudanaise à des rencontres secrètes avec des responsables libyens avant octobre 2023.

Coût de l’expansionnisme et potentiel de la résistance

Si la trajectoire actuelle d’Israël est présentée au niveau national comme un triomphe, ses perspectives à long terme restent sombres et coûteuses.

La guerre permanente enferme Israël dans une mobilisation militaire permanente, accélère l’épuisement démographique et moral et augmente l’exposition à long terme à des représailles asymétriques de la part de la résistance palestinienne, de la Syrie, du Liban et d’autres.

A mesure que ces attaques n’entraînent aucune conséquence pour Israël, les deux côtés recalibrent leurs positions.

En Israël, cela renforce la conviction que l’usage de la force n’entraîne aucun coût réel. Quant à leurs cibles, cela les incite à développer des stratégies d’usure et de représailles à plus long terme.

L’excessive extension géographique d’Israël aggrave encore ces vulnérabilités. Les efforts israéliens pour s’implanter dans des infrastructures militaires étrangères dans des endroits tels que le Somaliland et le sud du Yémen (et pour établir des bases par l’intermédiaire de mandataires régionaux comme les Émirats arabes unis) nécessitent des lignes d’approvisionnement étendues, lointaines, peu sûres et vulnérables à l’interception.

Plutôt que des bases gérées par Israël, ces accords s’appuient sur des bases tierces (principalement émiraties), dont la stabilité – qui dépend de l’évolution des rapports de force régionaux et des priorités des États – échappe au contrôle direct d’Israël.

Le maintien d’une présence efficace à une telle distance augmente le risque de nouveaux obstacles militaires, de contraintes financières et d’enchevêtrements imprévus qui pourraient s’avérer difficiles à gérer à long terme, d’autant plus que le mouvement Ansar Allah au Yémen menace de prendre pour cible toute future base militaire au Somaliland.

2 février 2026 – Mondoweiss – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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