Les six évadés de Gilboa ont ridiculisé le système carcéral israélien

Mahmoud Al-Ardah, résistant palestinien du Jihad Islmaique, et "cerveau" présumé de l'évasion collective - Image : via Al-Quds News Network

Par Al-Quds News Network

Six prisonniers palestiniens se sont échappés lundi de la prison israélienne de Gilboa – une prison de haute sécurité – ont rapporté les médias et la police israéliens.

Les rapports indiquent que les six prisonniers, dont la plupart sont condamnés à perpétuité, appartiennent au mouvement du Jihad islamique et que l’un d’entre eux est un ancien commandant de la branche armée du Fatah.

Selon les rapports, les six prisonniers étaient emprisonnés dans la prison de Gilboa – au nord de la Palestine occupée – dans la même cellule, et ils en sont sortis par un tunnel.

“Pendant la nuit, nous avons reçu un certain nombre d’alarmes concernant des silhouettes suspectes dans les champs agricoles et de l’administration pénitentiaire, qui a découvert très rapidement que des prisonniers avaient disparu de leurs cellules et que six d’entre eux s’étaient échappés”, a déclaré un porte-parole de la police à la radio israélienne Kan.

Les forces d’occupation israéliennes étaient à la recherche des prisonniers et pensaient qu’ils pourraient tenter de rejoindre la Cisjordanie occupée, les territoires occupés par Israël ou la frontière jordanienne, ont rapporté les médias israéliens.

Les médias israéliens ont identifié l’un des prisonniers comme étant Zakaria Zubeidi, ancien commandant des Brigades des Martyrs Al Aqsa du Fatah dans la ville de Jénine, en Cisjordanie.

Les autres prisonniers sont : Mahmad Aardiya, Muhammed Aardiya, Yakub Kadari, Iham Kamagi et Mondal Ainfaat.

Un responsable de l’administration pénitentiaire israélienne a qualifié l’incident “d’échec majeur en matière de sécurité et de renseignement”.

Dans une déclaration faite peu après l’évasion, le Jihad islamique a qualifié l’opération “d’héroïque” et ajouté qu’elle “choquera le système de défense israélien.”

“C’est un groupe de liberté, qui a brisé toutes les mesures de sécurité israéliennes et a accordé à notre peuple un jour précieux et un passage sûr des cellules israéliennes vers la liberté”, a ajouté Al-Nakhalah.
Al-Nakhalah a souligné que le peuple palestinien de Cisjordanie devait protéger les combattants, “qui nous ont dédié leur liberté. Nous ne voulons pas que quelqu’un puisse dire que qui que ce soit a aidé les forces israéliennes à les poursuivre.”

Cinq des évadés sont issus du mouvement du Jihad islamique, tandis que le sixième est un dirigeant des Brigades des Martyrs Al Aqsa, la branche militaire du Fatah.

Le porte-parole du mouvement Hamas, Fawzi Barhoum, a fait l’éloge des fugitifs en déclarant que “l’évasion prouve la bravoure de ces prisonniers, parvenant à la liberté malgré des mesures de sécurité aussi strictes. C’est une action héroïque et impressionnante”.

“C’est une victoire de la volonté et de la détermination de nos héroïques prisonniers, et un véritable défi au système de sécurité sioniste, que l’occupation se vante d’être le meilleur au monde”, a déclaré le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhum, ajoutant que “l’ennemi sioniste n’a jamais gagné et ne gagnera jamais, quelle que soit la puissance qu’il possède. La lutte pour se libérer de l’occupant continue.”

Qui sont les six évadés ?

Selon les rapports israéliens, les six personnes étaient emprisonnées dans la prison de Gilboa, et partageaient la même cellule.

Selon le Shin Bet, les prisonniers ont réussi à s’échapper en se coordonnant avec des collaborateurs à l’extérieur de la prison à l’aide d’un téléphone portable de contrebande et une voiture les attendait.

Ils ont été remarqués par des fermiers israéliens qui ont prévenu les forces d’occupation vers 3 heures du matin. On a découvert que les six prisonniers s’étaient échappés vers 4 heures du matin lors d’un comptage.

Les six prisonniers ont été identifiés comme suit:

Mahmoud Arda, 46 ans, originaire de la ville d’Arraba à Jénine, emprisonné depuis 1996, condamné à la perpétuité et à 15 ans et appartenant au mouvement du Jihad islamique. Selon les médias palestiniens, c’est lui qui a dirigé l’opération d’évasion.
Né en 1975 dans la localité Arabat, dans la province de Jénine, il a été arrêté une première fois en 1992, à l’âge de 17 ans à peu près. Il était en classe de première raconte sa mère. C’est en prison qu’il poursuivi ses études scolaires et obtenu son baccalauréat.
Relâché 41 semaines plus tard, en 1996, dans la foulée des accords d’Oslo, il a été arrêté quelques mois plus tard, en septembre de la même année, puis condamné à perpétuité et à 15 années de prison pour appartenance au mouvement de résistance palestinien Jihad islamique et participation à des opérations de résistance au cours desquelles des soldats israéliens ont été tués.
Pendant sa détention il a été condamné à l’isolement plusieurs fois : en juin 2011, pour une durée de 4 mois qui a été renouvelée pour une durée de 60 jours, puis à nouveau en juin 2014, après la découverte d’une tentative d’évasion à travers d’un tunnel dans la prison Chatat où il était incarcéré.
Il est l’un des premiers représentants du Jihad islamique dans les prisons israéliennes : il a été élu membre du Haut-commandement des détenus du mouvement puis son vice-secrétaire général.
En prison, il a rédigé plusieurs livres dont al-Rawahel qui a été publié ainsi que La jurisprudence du Jihad et L’influence de cheikh Ghazali sur le mouvement du Jihad islamique en Palestine. On l’appelait en prison l’émir des détenus du Jihad.
Quatre de ses frères et sœurs ont aussi été faits prisonniers par les autorités de la l’occupation israélienne.

Mohammad Arda, 39 ans, de la ville d’Arraba à Jénine, emprisonné depuis 2002, condamné à perpétuité et appartenant au mouvement du Jihad islamique.
C’est un cousin de Mahmoud. Arrêté en 2002, il est condamné à trois perpétuités et 20 ans. Membre des Brigades al-Qods du Jihad islamique, il avait supervisé des opérations martyres au cours desquelles plusieurs soldats israéliens ont péri.

Yaaqob Qadri, 49 ans, de la ville de Beir al-Basha à Jénine, emprisonné depuis 2003, condamné à perpétuité et appartenant au mouvement du Jihad islamique.
Natif du village Bir al-Bacha dans la province de Jénine, il a participé à la défense du camp de Jénine en 2002, pendant la seconde intifada. Il a commencé sa lutte en participant à des opérations contre des patrouilles israéliennes en Cisjordanie occupée. Dans l’une d’entre elles, deux colons ont succombé.
Il était traqué depuis l’an 2000, mais n’a été arrêté qu’en octobre 2003. En 2004, il a été condamné à deux perpétuités et à 35 années. Il a fait partie des détenus de la prison de Chatat qui ont tenté de s’évader en 2011 avec Mahmoud Arda.

Ayham Kamanji, 35 ans, de la ville de Kufr Dan à Jénine, emprisonné depuis 2006, condamné à perpétuité et appartenant au mouvement du Jihad islamique.
Natif du village Kfar Dan de Jénine, les forces de l’occupation israélienne l’ont arrêté en 2006 après une traque de 3 ans. Il a été condamné à deux peines à perpétuité.
Il avait participé à plusieurs opérations dont l’enlèvement d’un colon qui s’est terminé par sa mort.

Zakaria Zubeidi, 46 ans, du camp de réfugiés de Jénine, emprisonné depuis 2019, n’a pas été condamné, et est un ancien commandant des Brigades des martyrs d’Al Aqsa du Fatah. Né dans le camp de Jénine, il est un ancien chef des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, bras armé du Fatah. Il a été élu membre du Conseil révolutionnaire de ce mouvement en 2006.
Sa mère et son frère sont tombés en martyrs lors de l’invasion israélienne du camp de Jénine.
Il a été arrêté en 2019 dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée, pour appartenance à ces brigades. Son verdict n’a pas encore été rendu.

Munadel Infeiat, 26 ans, de la ville de Yabad à Jénine et emprisonné depuis 2019, n’a pas été condamné et appartient au mouvement du Jihad islamique. Il en est de même pour ce prisonnier dont le verdict n’avait pas encore été rendu à l’issue sa troisième arrestation en 2020 pour appartenance aux Brigades al-Qods, bras armé du Jihad islamique et participation à des opérations de résistance.
Il avait été capturé une première fois en 2006 et a été libéré 9 années plus tard en 2015. Puis une seconde fois en 2016.

Mohammad al-Arda

A l’aube d’aujourd’hui, les premiers pas du prisonnier Mahmoud Al-Ardah vers la liberté, accompagné de cinq prisonniers, ont célébré la liberté retrouvée après s’être arraché du cœur de la prison la plus complexe au niveau sécuritaire, après 25 années consécutives au cours desquelles il n’a cessé de rêver de liberté.

Les forces d’occupation ont arrêté Al-Adra en 1996, puis l’ont condamné à la réclusion à perpétuité pour son rôle dans les opérations de résistance au sein du mouvement du Jihad islamique.

Le modèle de résistance est originaire de la ville d’Araba, dans le district de Jénine. Ce n’était pas sa première tentative pour arracher sa liberté aux prisons de l’occupation. Il avait auparavant été isolé pendant plus d’un an, après que l’administration pénitentiaire de l’occupation a découvert – en 2014 – un tunnel dans une pièce où il était détenu à la prison de Shatta, au nord de la Palestine occupée.

Al-Ardah a été enfermé dans les prisons de l’occupation alors qu’il était étudiant, et pour 4 ans. Il a poursuivi sa carrière dans la résistance après sa libération.

Mahmoud occupe le poste d’émir des prisonniers du mouvement Jihad islamique à la prison de Gilboa.

Tout au long de sa détention, l’administration pénitentiaire lui a infligé plusieurs sanctions pour son rôle majeur dans la confrontation avec celle-ci, et des sources israéliennes le tiennent pour le responsable du processus de libération de la prison de Gilboa aujourd’hui.

6 septembre 2021 – QNN – Traduction : Chronique de Palestine

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