L’Iran sur le pied de guerre

Unité combattante de la marine iranienne - Photo : Mostafa Tehrani - via Tasnim News

Par Abdel Bari Atwan

Quatre réalisations notables sur le plan militaire pourraient permettre d’anticiper les résultats du prochain conflit, écrit Abdel Bari Atwan.

Nous avons depuis longtemps déclaré ici même une maxime bien connue et fondée sur des faits : « L’Amérique n’est pas à l’abri de la défaite ».

L’Afghanistan, l’Irak et le Yémen en sont des exemples.

Nous avons toujours été sceptiques face aux affirmations contraires, en raison de leur exagération de la puissance et de la supériorité américaines, ainsi que de leur amplification par ceux qui se battent sous la bannière US dans les mondes arabe et islamique, en promouvant leurs mensonges soigneusement élaborés, que ce soit dans les médias traditionnels ou dans les médias sociaux numériques modernes.

Nuit du 14 au 15 juin, Haïfa sous les missiles iraniens.

Quatre événements importants se sont produits maintenant qui confirment notre position et expliquent les discours occidentaux fondés sur le mensonge et la tromperie, en particulier ceux des États-Unis et d’Israël :

  • Le premier événement est l’annonce par le ministère américain de la Défense, à la demande de Trump, du limogeage du général Jeffrey Kruz, chef des services de renseignement militaire, après plus de 34 ans de service. Son crime est d’avoir dit les faits bruts, en admettant, dans un rapport « professionnel » rédigé par lui-même et ses collègues, que la double attaque américano-israélienne contre des installations nucléaires iraniennes en juin n’avait pas atteint son objectif principal, à savoir la destruction de ces installations.
    Il a affirmé, sur la base de preuves documentées dans ce rapport détaillé, que l’impact de ces frappes, malgré les bombes massives utilisées, avait été limité et n’avait fait que suspendre le programme nucléaire iranien pendant quelques mois, contredisant ainsi les affirmations du président Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu selon lesquelles la destruction avait été totale et dévastatrice.
  • Deuxième développement : le ministre iranien de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh, a révélé aujourd’hui, dans une interview accordée à une chaîne locale affiliée à la télévision officielle, d’importants « secrets » sur la guerre de 12 jours que représente la récente double agression israélo-américaine contre l’Iran, déclarant : « Si cette guerre avait duré trois jours de plus, la défaite israélienne aurait été beaucoup plus grande. »
    Il a ajouté qu’au cours des trois derniers jours (le neuvième jour de la guerre), « les Israéliens n’ont pas été en mesure d’intercepter un seul missile iranien en raison des capacités élevées de nos missiles et de l’incapacité des systèmes de défense israéliens à intercepter la plupart d’entre eux, grâce à leur gestion avancée et à leur précision tant en matière de destruction que de frappe ». Cette question sera abordée à nouveau à la fin de l’article.
  • Troisième développement : selon des sources militaires iraniennes précises, la Russie et la Chine ont fourni à l’Iran de nouvelles armes sophistiquées, notamment dans le domaine de la défense aérienne, permettant à son armée d’affronter les avions et les missiles américains et israéliens qui pourraient tenter de réitérer l’agression précédente. Et l’aide chinoise et russe permet de « réparer » toutes les installations nucléaires endommagées à la suite de la double agression israélo-américaine.
  • Quatrième développement : le ministre iranien de la Défense, le général Zadeh, a déclaré que l’Iran avait construit des usines militaires dans plusieurs pays amis de la région, sans toutefois préciser lesquels. Selon des sources proches de l’Iran, elles pourraient se trouver en Irak, au Yémen ou au Liban.
    Il a également déclaré dans un discours prononcé avant-hier lors de la célébration de la Journée de la défense iranienne à Téhéran, que de nouveaux missiles d’une charge utile de 25 tonnes et équipés d’ogives à fragmentation capables de détruire tout une agglomération de taille réduite, entre autres surprises, seraient utilisés pour répondre à toute nouvelle agression israélienne.

Ces quatre développements interviennent à un moment où les menaces américaines et israéliennes de lancer une nouvelle agression contre l’Iran refont surface afin de tenter de corriger l’échec, voire la défaite, subis lors de la première agression et l’incapacité du président américain et du Premier ministre israélien à détruire d’abord le programme nucléaire iranien, puis le programme de missiles très avancé, et enfin à changer le régime islamique iranien en allumant la mèche d’une guerre interne.

Tel-Aviv sous les missiles iraniens.

Après avoir présenté les quatre améliorations susmentionnées, nous conclurons ce travail par deux points clés :

  • Premièrement, nous avons été frappés par l’interview télévisée du général Aziz Nasir Zadeh, en particulier par sa déclaration selon laquelle « si la réponse iranienne à l’agression israélienne s’était poursuivie avec les missiles qui ont frappé Tel-Aviv, Haïfa, Beersheba, Safed et d’autres villes palestiniennes occupées, la défaite et la destruction auraient été plus grandes ».
    Cela soulève une question cruciale pour le général Nasir Zadeh : pourquoi les bombardements de missiles n’ont-ils pas été prolongés de trois jours, d’autant plus que les roquettes iraniennes avaient presque détruit et rendu inutiles les défenses antimissiles israéliennes ?
    Ce fait est confirmé par la grande efficacité des bombardements iraniens et l’évacuation de 7 millions de colons israéliens vers des abris pendant la durée de la guerre (12 jours).
    Nous espérons que le général Nasir Zadeh, ou tout autre responsable iranien, répondra à cette question, ainsi qu’aux millions d’Arabes et de responsables qui se posent la même question.
  • Deuxièmement : nous étions parmi les premiers à croire à la défaite du duo américano-israélien dans la guerre de douze jours, et nous n’avons jamais cru aux déclarations contraires de Trump et Netanyahu, car nous obtenions, et obtenons toujours, nos informations de sources fiables représentées par de nombreux médias américains et russes qui contredisaient les récits israéliens et américains.
    Ces informations venaient aussi de la bouche même de Trump et Netanyahu immédiatement après le cessez-le-feu obtenu grâce aux supplications d’Israël pour réduire ses pertes, tout comme nous l’apprenons également des témoignages oculaires de notre peuple en Palestine, c’est-à-dire les territoires occupés en 1948 et en Cisjordanie, qui sont montés sur les toits de leurs maisons pour observer les missiles iraniens qui brillaient dans le ciel en route vers leurs cibles à Tel-Aviv et Haïfa, frappant des gratte-ciel et des centaines de bâtiments, des cibles militaires et des villes, notamment l’Institut Weizmann de technologie, le plus grand institu de recherche au monde.

L’un de nos collègues arrivé à Amman depuis Jérusalem occupée a décrit comment Tel-Aviv et Haïfa ont été transformées en villes fantômes et comment le moral des sept millions de colons s’est effondré, la majorité d’entre eux prévoyant de partir sans retour.

Convaincus qu’Israël ne connaîtra jamais la sécurité et la stabilité et que son armée n’est plus capable de protéger ses colons et de mener à bien le projet sioniste, le démantèlement par les États-Unis de la base d’Ain al-Assad en Irak et l’évacuation de ses soldats et de ses armes sont l’un des signes les plus visibles de la deuxième agression imminente.

D’autres bases pourraient suivre prochainement.

21 août 2025 – Raï-al-Yaoum – Traduction : Chronique de Palestine

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