Parlez donc du siège israélien de Gaza, mais n’oubliez pas la Nakba

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Palestiniens participant à la Grande Marche du Retour - Photo: ActiveStills.org
Rima NajjarVous ne pouvez justifier ce qui arrive maintenant aux Palestiniens de Gaza que si vous pouvez justifier notre Nakba – la création par la violence d’un État juif en Palestine en 1948 contre la volonté des Arabes non juifs palestiniens, la grande majorité de la population à l’époque.

Jewish Voice for Labor (JVL) au Royaume Uni réclame « la fin inconditionnelle du siège inhumain de Gaza par Israël ».

Ils devraient réclamer la fin du régime d’apartheid sioniste d’Israël, c’est-à-dire la fin de l’État juif qui contrôle désormais l’ensemble du territoire et toutes les frontières de la Palestine historique, et réclamer un État démocratique laïque.

Ils devraient interroger le fait que lorsque les juifs immigrent en Palestine historique, on dit qu’ils émigrent légalement de la « diaspora » vers la « Terre d’Israël », alors que les Arabes palestiniens (aussi bien musulmans que chrétiens), les réfugiés et les exilés cherchant à retourner sur leurs terres et récupérer leurs biens comme le stipule la Résolution 194, sont considérés comme une « menace pour la sécurité » ou une « menace démographique » dans leur propre pays d’origine.

Les Palestiniens sont abattus même lorsqu’ils tentent d’y retourner de manière symbolique. Après la création d’Israël, le Premier ministre David Ben Gurion a émis un ordre de tirer pour tuer sur tout Arabe palestinien de retour au pays, dont la plupart étaient des civils aux abois cherchant à récupérer leurs récoltes, leurs biens ou leurs maisons.

L’homme politique républicain irlandais Gerry Adams dit : « Israël ne peut justifier ou excuser le massacre prémédité par des tireurs d’élite militaires israéliens de manifestants palestiniens non armés à la frontière de Gaza avec Israël. »

Il devrait plutôt dire qu’il n’y a aucune justification à notre Nakba. Le fait que la réponse d’Israël à la résistance palestinienne soit la même, quelle que soit la forme de protestation, indique clairement que l’existence même des Palestiniens sur cette terre est le problème d’Israël.

Soixante-dix ans après notre Nakba, les États-Unis bloquent une déclaration du Conseil de sécurité condamnant le massacre par Israël de manifestants à la frontière.

Et « le gouvernement britannique après toutes ces années ne manifeste aucun repentir. Il n’a toujours pas pris la moindre mesure de responsabilité morale, aussi symbolique soit-elle, pour ce qu’il a fait aux Palestiniens ».

Les Palestiniens, qui ne font pas le poids face à la puissance militaire d’Israël, renforcée maintenant par une aide américaine annuelle de 3,8 milliards de dollars, n’ont que la force du caractère juste de leur cause.

Comme l’a dit Edward Said :

« Souvenez-vous de la solidarité manifestée à la Palestine ici et partout… et rappelez-vous aussi qu’il y a une cause envers laquelle beaucoup de gens se sont engagés, en dépit des difficultés et des obstacles terribles. Pourquoi ? Parce que c’est une cause juste, un idéal noble, une quête morale pour l’égalité et les droits de l’homme. »

* Rima Najjar est une Palestinienne dont la famille du côté paternel vient du village de Lifta dans la banlieue ouest de Jérusalem, dont les habitants ont été expulsés. C’est une militante, chercheuse et professeure retraitée de littérature anglaise, Université Al-Quds, en Cisjordanie occupée. Ses articles sont publiés ici.

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2 avril 2018 – The Palestine Chronicle – Traduction: Chronique de Palestine – MJB