Gaza : l’occupant israélien assassine un commandant de la résistance palestinienne

Photo : Ezz Zanoun/ActiveStills
Des proches se rassemblent autour de la dépouille de Yousif Shaaban Abu Athra, âgé de 15 ans, lors de ses funérailles au camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 mars 2018. Abou Athra a été assassiné dans un bombardement israélien à l'est de Rafah près de la clôture entre Israël et Gaza - Photo : Ezz Zanoun/ActiveStills
Al JazeeraSelon des responsables de Gaza, 7 Palestiniens ont été assassinés dans un raid israélien. Un commandant du mouvement Hamas a été tué par un commando israélien dans une opération d’assassinat ciblé. Un soldat israélien a été abattu dans une fusillade.

Les forces israéliennes d’occupation ont assassiné sept Palestiniens dans la bande de Gaza lors d’un raid clandestin visant un commandant du Hamas, et par des frappes aériennes qui ont permis au commando de se réfugier en voiture en Israël.

L’incursion israélienne et les attaques aériennes ont entraîné ce dimanche les tirs de nombreuses des roquettes sur l’enclave administrée par le Hamas. Un responsable du Hamas, l’organisation en charge de la bande de Gaza, a déclaré que le commando des forces spéciales israéliennes s’était infiltré dans un véhicule civil à proximité de la ville de Khan Younis, dans le sud du pays.

Nour Baraka, un commandant éminent des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas [résistance islamique], figurait parmi les victimes de l’attaque.

Une opération terrestre à l’intérieur de la bande de Gaza est rare et va probablement renforcer considérablement les tensions.

« Nous avons entendu dire qu’une unité spéciale israélienne s’était rendue à l’intérieur de Khan Younis et avait assassiné Nour Baraka, ainsi qu’un autre [commandant] », a déclaré à Al Jazeera Ghazi Hamad, haut responsable du Hamas.

« Après [cette attaque], la voiture qui transportait cette unité spéciale ou certains collaborateurs, a essayé de s’échapper … mais ils ont été suivis par le Hamas et les brigades d’al-Qassam et après cela, Israël a essayé de couvrir cette voiture en frappant ici à Gaza », a-t-il ajouté.

« Je m’attends à ce que cette nuit à Gaza ne soit ni facile ni calme. »

Selon des témoins, lors de la poursuite, un avion israélien a tiré plus de 40 missiles dans la zone où l’incident s’est produit, faisant au moins quatre morts.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a dénoncé ce qu’il a appelé une « lâche attaque israélienne ».

Échange de tirs

Un soldat israélien a été abattu lors d’un échange de tirs au cours de l’opération, a déclaré l’armée d’occupation, alors que la tension montait avec l’enclave palestinienne dirigée par le Hamas.

Après les attaques, des sirènes ont été entendues dans le sud d’Israël, indiquant des tirs de roquettes en représailles depuis la bande de Gaza.

Dix tirs de fusées depuis Gaza vers Israël ont été vus et deux auraient été interceptés par les défenses anti-missiles israéliennes, a annoncé l’armée. On ne sait pas où les autres tirs ont abouti.

Un retour d’Israël à une politique d’assassinats ciblés visant les différents commandants du Hamas – tactique un peu abandonnée ces dernières années – pourrait considérablement aggraver les tensions le long de la clôture de séparation.

L’armée israélienne d’occupation à attaqué Gaza à trois reprises depuis 2008 et les violences israéliennes de ces derniers mois ont fait craindre une quatrième attaque d’envergure par l’occupant.

Gaza est victime d’un blocus paralysant

La violence a fréquemment éclaté à la clôture depuis que les Palestiniens ont commencé à manifester chaque semaine à partir du 30 mars.

Les Palestiniens de la bande de Gaza ont manifesté le long de la barrière avec Israël [Palestine de 1948] pour réclamer leur droit de retourner dans leurs foyers et les terres d’où leurs familles ont été violemment expulsés il y a 70 ans.

Ils demandent également la fin du blocus paralysant de la bande de Gaza par Israël, qui a dévasté l’économie de l’enclave côtière et privé ses deux millions d’habitants de nombreux produits de première nécessité.

Depuis le début des manifestations de la Grande Marche du Retour, le 30 mars, plus de 200 Palestiniens ont été assassinés et des milliers d’autres blessés par les troupes israéliennes d’occupation déployées de l’autre côté de la clôture.

Mouin Rabbani, membre principal de l’Institut d’études palestiniennes, a déclaré à Al Jazeera qu’il était clair que l’opération secrète de dimanche était « un assassinat prémédité ».

« La question qui se pose est de savoir quelles étaient les motivations d’Israël. S’ils essayaient, comme si souvent dans le passé, de frapper le mouvement Hamas juste pour leur rappeler que ceux sont eux qui commandent et qu’ils décideront des termes de tout cessez-le-feu à venir ? »

« Est-ce qu’ils essaient peut-être en revanche d’essayer de saboter cette initiative du cessez-le-feu et peut-être de s’engager dans une agression plus large comme en 2008, 2009, 2012 et 2014 ? » dit Rabbani.

« Mon sentiment est qu’Israël à ce stade est probablement plus intéressé à intimider le Hamas et à essayer de rappeler à tout le monde qui est le chef et que c’est Israël qui décidera de la mesure dans laquelle le blocus illégal de la bande de Gaza sera maintenu. »

12 novembre 2018 – Al Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

1 Commentaire

  1. On peut pas dire échange de tirs ! Tirs de quoi ? de pierres contre des missiles !! Honte a Israël un État (puissant) et qui s’en prend a un État sans rien, on se demande pourquoi… Pour tous les exterminer oui !!

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