Le prince Harry, tueur en série et digne reflet des crimes occidentaux contre les pays musulmans

Dans un précédent rapport, Amnesty International avait dénoncé l’impunité réservée aux auteurs de crime de guerre perpétrés lors des opérations militaires de l’OTAN et des Etats-Unis en Afghanistan. Les familles de milliers de civils afghans tués par les forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan ont été privées de justice - Photo : Amnesty International

Par Nabila Ramdani

Les 25 morts du prince Harry en disent long sur les assauts aériens de l’Occident contre les pays à majorité musulmane.

Envoyer Harry, un prince du royaume, en Afghanistan pour contribuer à apporter la démocratie a quelque chose d’indécent. Le fils du roi du Royaume-Uni doit ce qu’il est au privilège héréditaire et non au mérite, loin de toute idée d’égalité ou de justice.

Ses mémoires intitulées « Le suppléant » qu’il a fait écrire par un « prête-plume » et qui sont truffées d’inexactitudes factuelles et d’allégations non prouvées, montrent à quel point il ignore ou dédaigne les principes éthiques, dont il ne se fait d’ailleurs qu’une idée grossière.

Au point même de se vanter des attaques au cours desquels il a massacré plus de deux douzaines d’Afghans non identifiés dans leur propre pays depuis la position extrêmement sûre d’un hélicoptère d’attaque Apache de 52 millions de dollars.

Il s’agit du genre d’appareil équipé de missiles capables de liquider des êtres humains à plus de huit kilomètres de distance, ou de déchiqueter leur corps à la mitrailleuse.

Harry nous épargne les détails opérationnels qui expliquent pourquoi ces exécutions depuis le ciel étaient nécessaires, il dit seulement qu’il ne considérait pas ses victimes comme des « personnes », mais plutôt comme des « pièces d’échecs » qu’il fallait éliminer.

« Donc, mon chiffre est vingt-cinq », déclare-t-il sans équivoque dans son livre, ajoutant : « Ce n’était pas un chiffre qui me donnait une quelconque satisfaction. Mais ce n’était pas non plus un chiffre qui me faisait honte. »

Les vétérans militaires ont été parmi les nombreux à condamner l’insensibilité de Harry – Les soldats professionnels n’ont pas l’habitude de s’attarder sur le nombre de tués, et encore moins de déshumaniser leurs victimes en les assimilant à des pièces d’échecs.

Cela n’a pas empêché, le célèbre prince, si imbu de lui-même, de prétendre ensuite avec cynisme que sa modeste vantardise, consistant à « partager ce détail », visait en quelque sorte à empêcher des soldats de se suicider. Comme d’habitude, rien n’était de sa faute, et il a reproché à la presse d’être responsable de la mauvaise opinion qu’on avait de lui.

Ces tours de passe-passe sont typiques de la stratégie de communication d’Harry – il se répand en confidences bien choisies sur ses odieuses aventures, puis tente de les atténuer avec d’autres déclarations ambiguës. Mais ce qui est bien plus important que l’image de Harry, c’est celle que ce fanfaron nous donne des conflits asymétriques de l’Occident dans les pays à majorité musulmane.

Sans les citer tous – et ils sont nombreux, de l’Irak à la Libye -, on peut dire que le désastre afghan reflète la barbarie style Harry qui y a présidé.

Selon le ministère américain de la défense, près de mille milliards de dollars ont été dépensés pour cette guerre de deux décennies qui s’est finalement soldée par une défaite en août 2021. Mais ce qui est vraiment odieux, c’est qu’au moins 114 000 Afghans ont été tués – dont des dizaines de milliers de civils – contre 3587 militaires combattant pour les Américains et leurs alliés.

Ce sont le plus souvent des armes aériennes qui ont tué ou blessé des centaines de milliers d’Afghans. Les insurgés en sandales brandissant des fusils soviétiques ou même de l’ère victorienne n’avaient aucune chance, pas plus que les femmes et les enfants qui se trouvaient avec eux.

Harry, un fan d’Hollywood qui a grandi avec les jeux vidéo et la vision simpliste d’un monde en noir et blanc, prétend que les Afghans qu’il a massacrés étaient « des ‘méchants’ qu’il fallait tuer avant qu’ils ne puissent tuer des ‘bons’ », mais il n’y a aucune preuve de cela.

Il affirme qu’ils étaient des Talibans, mais le groupe islamiste extrémiste est bien connu pour mélanger ses combattants avec des civils innocents, et même pour forcer des non combattants à se battre avec lui sous peine de mort.

La vérité est que les tribus qui dominent les chaînes de montagnes de l’Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres du monde, ont repoussé les invasions pendant des siècles, et – qu’elles soient britanniques, américaines ou russes – les armées étrangères sont naturellement considérées comme des ennemis, surtout lorsque leur mission ultime n’est pas claire.

Alors qu’il servait dans l’armée de sa grand-mère – de fait le souverain britannique est le commandant de toutes les forces britanniques -, Harry a traité les combattants afghans de « têtes de chiffon », une insulte raciste qui fait référence au turban porté par de nombreux musulmans.

Son racisme à l’égard des musulmans se révèle aussi dans le fait qu’il appelait les Pakistanais, des « Pakis ». L’excuse pathétique qu’il offre à ce sujet dans son livre est qu’il ne savait pas que ce mot était péjoratif.

En fait, le vocabulaire raciste de Harry rappelle celui des fanatiques qui utilisent allègrement le concept de culpabilité collective pour justifier moralement la destruction des pays musulmans.

Harry dit lui-même qu’à un moment donné, on lui a fait croire qu’il faisait partie d’une « armée chrétienne, combattant une milice proche des musulmans ».

Il prétend également qu’il était en Afghanistan pour, en quelque sorte, se venger des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre l’Amérique, même si aucun Afghan n’a été impliqué dans les atrocités du 11 septembre.

Harry emploie le mot « autres » quand il parle de ses victimes afghanes, un langage qui évoque la catégorie nazie des sous-hommes. (Harry a déjà porté un uniforme de l’Afrika Korps avec une croix gammée lors d’une soirée déguisée).

Malgré les allégations de Harry, ce n’est pas ainsi que sont formés les soldats professionnels de l’armée britannique moderne. Au contraire, la Convention de Genève ordonne aux soldats de respecter leurs ennemis.

Des efforts considérables ont été consacrés à la campagne « des cœurs et des esprits » en Afghanistan – une campagne qui visait à présenter les soldats occidentaux comme des pacificateurs chargés de reconstruire une nation brisée, et non comme des croisés fanatiques assoiffés de mort et de destruction.

Le « prête-plume » de Harry tente avec sa prose mélodramatique de donner l’impression que le prince au frais visage (il suffit de voir à quel point il avait l’air jeune et serein dans toutes ses images de relations publiques mises en scène en Afghanistan) ressemble aux tragiques héros des récits militaires classiques comme « A l’Ouest rien de nouveau ».

En fait, Harry, pendant sa carrière militaire, n’a connu ni les tranchées, ni les combats au corps à corps, ni les combats d’arrière-garde dans des trous de tirailleurs isolés.

Il a même déclaré que son passage dans l’armée était une sorte de thérapie personnelle. « J’étais capable de me concentrer sur un objectif plus grand que moi », ajoutant, apparemment sans ironie, que « c’était comme si une mission prenait la place de ma douleur ».

Les fanfaronnades d’Harry sur le meurtre d’Afghans ont commencé en 2013, lorsqu’il a déclaré aux journalistes qu’il s’agissait de : « Prendre une vie pour sauver une vie », sans encore suggérer qu’il était parti pour faire 25 morts.

Une vidéo, très mal faîte, de l’époque montre un Harry souriant en train d’actionner une mitrailleuse depuis ce qui ressemble à une position de tir sur un champ de bataille, mais il est tout à fait évident qu’il n’y a aucun ennemi en face de lui. Non, ce n’est que lors de courts séjours dans des hélicoptères blindés comme des forteresses qu’Harry s’est livré à ces tueries.

Peu de temps auparavant, Harry avait mystérieusement omis de se présenter à un test de dépistage de drogues sur sa base aérienne en Grande-Bretagne, et il a depuis admis qu’il consommait régulièrement toutes sortes de substances illégales, y compris de la cocaïne, et qu’il était un gros buveur souffrant de problèmes psychologiques.

En révélant le nombre d’Afghans qu’un officier subalterne, qui avait autant de problèmes personnels graves, a été autorisé à abattre en toute impunité, Harry ne donne pas une bonne image des forces armées britanniques.

Ses révélations ont certainement menacé la sécurité des militaires d’hier et d’aujourd’hui, y compris celle des vétérans qui participent aux Invictus Games, l’événement sportif réservé aux soldats infirmes ou blessés dont il est le parrain.
 
Le but ultime des bavardages d’Harry est, bien entendu, d’augmenter les ventes de son livre, et donc de gagner le plus d’argent possible. Cela exclut toute forme de compassion pour les 25 Afghans anonymes qu’il a massacrés.

Comme lui, ils avaient probablement des familles aimantes, mais cela n’a strictement aucune importance pour le triste égoïste destructeur qu’est Harry.

13 janvier 2023 – Middle East Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet