Même en usant de la violence la plus extrême, l’État génocidaire ne fera pas disparaître les Palestiniens

« Une de mes photos préférées est celle d'une fille qui saute à la corde et derrière laquelle se trouve un bâtiment détruit par les bombardements israéliens. Elle exprime la force et la puissance de la volonté. Après la mort, il y a la vie. Elle montre la vraie Gaza, où les gens trouvent de quoi espérer au milieu de la destruction » - Photo Mohammed Zaanoun

Par Salman Abu Sitta

Israël dispose d’une puissance militaire écrasante, mais le pouvoir moral ancré dans la paix et la justice est totalement absent du sionisme. C’est ce pouvoir qui a inspiré des millions de personnes à scander « Libérez la Palestine » dans les villes du monde entier comme jamais auparavant.

Alors que j’écris cet article au Koweït, j’entends le sifflement des drones qui survolent ma tête, en provenance et à destination de l’Iran, d’Israël et des bases militaires américaines de la région.

C’est un bon exemple de la puissance des armes. Mais elle est bien inférieure à la puissance de la pensée.

Benjamin Netanyahu, accusé de crimes de guerre, n’est pas réputé pour sa sagesse historique, mais il a involontairement mis le doigt sur l’analogie entre Gengis Khan et Jésus-Christ — c’est-à-dire entre le pouvoir des armes et le pouvoir de la pensée.

Le pouvoir des armes est éphémère. Il se dissipe et disparaît en peu de temps lorsque sa source ne peut plus maintenir son pouvoir. L’histoire regorge d’exemples de ce genre. Hitler en est un bon exemple. Netanyahu et le sionisme en sont des exemples en devenir.

Le pouvoir de la pensée est durable. Aujourd’hui, des milliards de personnes adhèrent au christianisme et à l’islam sans que le pouvoir des armes ne les contrôle.

J’ai été témoin du parcours des deux.

Depuis 1948, lorsque je suis devenu réfugié à l’âge de dix ans, après l’invasion sioniste de la Palestine, j’ai été témoin et j’ai vécu l’expérience de la Nakba de 1948, de l’agression tripartite de 1956, de la crise du détournement du Jourdain en 1964 lorsque Israël a construit le National Water Carrier, des attaques contre le Liban en 1982 et 2006, de l’Intifada (1987-2005), la guerre d’octobre de 1973, l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, la Grande Marche du retour de 2014 à 2018, la tentative de retour des réfugiés de Gaza dans leurs foyers en octobre 2023.

Aucun de ces événements, aussi meurtriers soient-ils, n’a changé la donne.

Israël attaque la Palestine et les pays de la région, avec l’aide des États-Unis, pour atteindre son objectif permanent : leur assujettissement. Il n’y est pas parvenu en sept décennies.

Son hostilité est bien ancrée dans la région. Sa position dans le monde en tant qu’État paria est confirmée. Il n’a pas compris que la puissance des armes n’est pas éternelle.

La puissance de la pensée, c’est-à-dire fondée sur la paix et la justice, est absente de la mentalité sioniste. D’autre part, les Palestiniens n’ont jamais faibli dans leur détermination à rentrer chez eux.

Sur la scène mondiale, le tableau est plus clair. Il y a environ 2 milliards de chrétiens dans le monde. Ils ont suivi le message de Jésus-Christ qui est apparu il y a 2000 ans et continueront à le faire.

Il y a aujourd’hui environ 2 milliards de musulmans. Ils ont suivi le message de Mohammad, qui a vu le jour il y a 15 siècles. On peut affirmer qu’ils constituent aujourd’hui la religion dont le nombre d’adeptes croît le plus rapidement.

L’héritage d’Israël au cours des sept dernières décennies repose sur l’occupation, les meurtres, le nettoyage ethnique et le génocide.

Au cours de la même période, la population palestinienne est passée de 1,5 million à 15 millions. Aujourd’hui, la moitié d’entre eux vit sur sa terre natale, mais sous occupation et dans un régime d’apartheid.

L’autre moitié est dispersée à travers le monde, représentant la Palestine réduite au silence. De nombreuses personnalités les représentent alors qu’ils ne se trouvent pas dans leur patrie occupée, comme Edward Said, Ghada Karmi, Susan Abulhawa et bien d’autres. Ils diffusent la véritable histoire à travers le monde.  

Aujourd’hui, les Palestiniens comptent le plus grand nombre de titulaires de doctorat par habitant au monde. Ils réussissent partout où ils vont : en politique, en science et dans la finance. Pourtant, Israël, pays désormais peuplé de nouveaux immigrants d’Europe de l’Est, les prive du droit de rentrer chez eux.

Le cri « Libérez la Palestine » résonne dans les rues des villes du monde entier comme jamais auparavant.

Pour les Palestiniens, le droit au retour est sacré, légal et inévitable. Ils n’y renonceront pas et, sans aucun doute, ils l’obtiendront.

Ainsi, le pouvoir de la pensée l’emportera sur le pouvoir des armes.

1er avril 2026 – Mondoweiss – Traduction : Chronique de Palestine – YG

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