Les exigences non-négociables de la résistance libanaise

Cheikh Naïm Qassem, secrétaire général du mouvement Hezbollah, la résistance libanaise - Photo : via al-Manar

Par Al-Mayadeen

Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, rejette les négociations directes, les qualifiant de « nulles et non avenues », et formule cinq exigences non négociables.

Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, a affirmé lundi dans un communiqué que l’occupation israélienne « ne restera pas sur un seul centimètre carré de notre territoire occupé, et que notre peuple retournera sur ses terres ».

S’adressant à la communauté de la résistance, il a déclaré : « Ô notre peuple, tout comme nous avons résisté ensemble, nous reconstruirons ensemble. »

Cheikh Qassem a souligné que le point de départ et la solution à ce qui se passe aujourd’hui au Liban consistent à imposer cinq points précis avant toute autre chose.

Les cinq exigences sont les suivantes :

  • La fin de l’agression israélienne par voie terrestre, maritime et aérienne
  • Le retrait d’« Israël » de tous les territoires libanais occupés
  • La libération de tous les détenus
  • Le retour des habitants déplacés dans leurs villes et villages
  • La reconstruction.

Il a déclaré que l’ennemi israélien, « soutenu par le tyran américain », avait misé sur l’élimination de la Résistance islamique et de la communauté de la Résistance, mais qu’en dépit d’avoir recouru à tous les moyens possibles, il avait échoué depuis le lancement de la bataille des Héros, le 23 septembre 2024.


La Résistance au Liban a publié des images d’une opération visant un groupe de soldats israéliens et une unité d’évacuation, menée dans la ville d’Al-Taybeh, dans le sud du Liban, à l’aide de deux drones [FPVs] équipés d’une caméra et d’un système de retransmission en temps réel.

Le cheikh Qassem a déclaré que l’ennemi avait franchi son pas décisif le 2 mars 2026, mais que les combattants de la Résistance l’avaient affronté lors de la bataille qui avait surpris non seulement « Israël » et ses alliés, mais aussi le monde entier par leur résilience, leur courage et leur détermination, ainsi que par des tactiques variées et efficaces, un commandement discipliné et une unité publique inébranlable malgré les déplacements forcés et les lourdes pertes.

Cette fermeté, a-t-il déclaré, a conduit l’ennemi dans une impasse. « Cette résistance est durable, puissante et ne peut être vaincue », a-t-il souligné.

« Une concession humiliante… le pouvoir doit revenir au peuple »

Dans ce contexte de fermeté, le cheikh Qassem a critiqué les autorités libanaises pour s’être précipitées dans une « concession gratuite et humiliante », une concession inutile qui équivalait à « une soumission sans contrepartie aucune ».

Il a réitéré son rejet catégorique des négociations directes, avertissant que la conduite des autorités « ne servira ni le Liban ni elles-mêmes », ajoutant que « ce que l’ennemi israélo-américain attend d’elles [les autorités libanaises] ne leur appartient pas de le donner, et ce qu’elles [les autorités libanaises] attendent de [l’ennemi américano-israélien] ne leur sera pas accordé ».

Le cheikh Qassem a souligné que les dirigeants actuels « ne peuvent pas continuer à renoncer aux droits du Liban, à céder du territoire et à s’opposer à leur propre peuple », les exhortant plutôt à revenir à une gouvernance en tant qu’autorité de la nation tout entière plutôt que d’une faction, à travers le consensus qui sous-tend l’Accord de Taëf et la Constitution libanaise.

Il a ajouté que les autorités devaient revenir sur leurs « graves erreurs », mettre fin aux pourparlers directs avec « Israël » au profit de négociations indirectes, et abroger la décision du 2 mars criminalisant la résistance et ses partisans, qui représentent plus de la moitié de la population libanaise, afin de permettre un dialogue interne constructif, libre de toute pression extérieure.

« Nous ne rendrons pas nos armes »

Le cheikh Qassem a expliqué que les armes de la résistance sont de nature défensive, destinées à repousser l’agression et non à en être la cause.

Il a ajouté que le véritable objectif de l’agression est désormais clair pour tous : « l’occupation du Liban dans le cadre d’un projet dit du ‘Grand Israël’ », et c’est précisément contre cet objectif que les armes de la résistance restent, à ce stade, essentielles à la survie.

Reconnaissant l’ampleur du sacrifice, il a présenté le choix en termes clairs : « la libération et la dignité, ou l’occupation et l’humiliation, et l’humiliation n’est pas une option pour nous ».

Il a réaffirmé que la résistance ne déposera pas les armes, affirmant que les développements sur le champ de bataille ont démontré sa disposition au sacrifice, ajoutant que de tels sacrifices sont « le prix de la libération et d’une vie digne ».

« Pas de cessez-le-feu sans l’Iran »

Le cheikh Qassem a critiqué les partisans de la capitulation, affirmant qu’ils « ne sont pas directement visés, mais tirent profit de la souffrance d’autrui », se contentant de « miettes de pouvoir et de gains insignifiants » au prix de la mort de leurs compatriotes et de l’occupation d’une partie de leur patrie. Il a appelé à un retour à l’unité nationale, arguant que c’est là la voie vers la victoire collective et la défaite de l’ennemi.

Il a attribué le cessez-le-feu au rôle joué par l’Iran lors des négociations à Islamabad, après la « fermeté légendaire » de la résistance et du peuple libanais.

Il a remis en question la position des autorités, affirmant que toute proposition de cessez-le-feu, quel que soit le médiateur, devait être acceptée, tout en insistant sur le fait que seul le Liban pouvait négocier ses propres conditions.

« Une journée de honte à Washington »

Le cheikh Qassem a évoqué le « mercredi noir », jour où l’occupant israélien a lancé 200 frappes aériennes sur Beyrouth et le Liban en l’espace de dix minutes, tuant plus de 300 civils et en blessant plus de 1200, prétendant que les autorités libanaises ne respectaient pas le cessez-le-feu.


La Résistance au Liban a publié une vidéo montrant une opération visant deux chars Merkava israéliens dans la ville de Mays al-Jabal, au sud du Liban, à l’aide de drones FPVs.

Ce qui a suivi, a-t-il déclaré, était pire encore. Les responsables libanais ont rencontré directement l’ennemi à Washington lors de ce qui a constitué « un jour de honte », après quoi le Département d’État américain a annoncé que les autorités libanaises avaient signé un accord, sans même qu’elles se soient réunies.

Les termes de l’accord imposaient un cessez-le-feu unilatéral au Liban tout en accordant à « Israël » la liberté de poursuivre son agression, et comprenaient une reconnaissance par les deux gouvernements de la nécessité de freiner les activités de la résistance et celles d’autres soi-disant « groupes rebelles ».

Le cheikh Qassem s’est alors demandé si les autorités au pouvoir avaient choisi d’agir aux côtés de l’ennemi israélien contre leur propre peuple.

Il a néanmoins exprimé l’espoir qu’elles reviennent sur leur décision, précisant que les négociations directes et leurs résultats étaient « nuls et non avenus pour nous et ne nous concernent en aucune manière ».

Une résistance des plus déterminées

Le cheikh Qassem a affirmé que la résistance continuerait à défendre le Liban et son peuple, s’engageant à ce qu’il n’y ait pas de « retour à la réalité d’avant le 2 mars ».

Il a promis que la résistance continuerait à « répondre à l’agression israélienne et à y faire face. « Quelles que soient les menaces, nous ne battrons pas en retraite, nous ne céderons pas et nous ne serons pas vaincus ».

S’adressant à « Israël », il a déclaré : « Menacez autant que vous le souhaitez. Les hommes de Dieu sur le terrain ne céderont pas. »

Il a affirmé son unité avec le Mouvement Amal, les forces politiques nationales et les personnalités de toutes les régions et confessions du Liban.

Le cheikh Qassem a juré que la résistance ne trahirait pas le sang de ses martyrs, « au premier rang desquels le maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, ainsi que Sayyed Hashem Safieddine et tous les martyrs », ni les blessures des victimes, la souffrance des détenus ou les sacrifices des déplacés.

Sur la question des capacités de la résistance, le cheikh Qassem a rejeté toute mesure limitée dans le temps, précisant qu’« elles ne se mesurent pas en mois ou en années. Elles reposent sur une triade : la foi, la volonté et la puissance, et cette triade est inépuisable ».

Il a souligné que ces piliers sont indestructibles, citant à la fois la résilience des combattants et le soutien divin, avant de conclure en saluant tout soutien à la libération et à la reconstruction du Liban, tout en rejetant ceux qui servent les intérêts de l’ennemi.

27 avril 2026 – Al-Mayadeen – Traduction : Chronique de Palestine

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