Juin 2025 - Affrontements entre manifestants pro-palestiniens et policiers à Trafalgar Square, à Londres - Photo : Mohammad Saleh / MEE
Par Al-Akhbar
Après 73 jours de grève de la faim collective, trois militants emprisonnés de Palestine Action ont annoncé qu’ils mettaient fin à leur protestation, déclarant une victoire majeure contre le fabricant d’armes israélien Elbit Systems.
Le 15 janvier, Kamran Ahmed, Heba Muraisi et Lewie Chiaramello ont confirmé qu’ils avaient recommencé à s’alimenter sous surveillance médicale, après avoir appris qu’Elbit Systems UK s’était vu refuser un contrat de 2 milliards de livres sterling avec le gouvernement britannique.
Cet accord aurait permis à Elbit de former jusqu’à 60 000 soldats britanniques par an pendant dix ans.
Les trois militants rejoignent leurs compagnons de grève de la faim Teuta Hoxha, Jon Cink, Qesser Zuhrah et Amu Gib, qui avaient tous commencé à se réalimenter.
La grève de Heba Muraisi a pris fin au bout de 73 jours, marquant la fin officielle d’une protestation qui, selon les militants, a redéfini le paysage de l’action directe en Grande-Bretagne.
La perte de ce contrat représente un coup dur pour Elbit Systems, qui a obtenu plus de dix contrats publics au Royaume-Uni depuis 2012, reflétant son intégration croissante dans l’infrastructure militaire britannique.
Il faut sauver la vie des grévistes de la faim de Palestine Action
Le contrat de formation de 2 milliards de livres sterling aurait été poursuivi à la fois par le ministère de la Défense et par de hauts responsables de l’armée britannique, malgré les révélations d’une coordination intensive en coulisses avec Elbit Systems UK et sa société mère israélienne.
Cette décision intervient dans un contexte de surveillance accrue des relations militaires entre la Grande-Bretagne et Elbit et de retombées politiques liées à l’emprisonnement de militants de Palestine Action en vertu d’une législation antiterroriste largement condamnée par les organisations de défense des droits humains.
Dans un communiqué, le groupe militant Prisoners for Palestine a présenté une série d’autres avancées obtenues pendant la grève de la faim.
Parmi celles-ci figure la mobilisation de plus de 500 nouveaux militants qui s’engagent à mener des actions directes contre ce que le groupe qualifie de « complexe militaro-industriel génocidaire ».
Ce chiffre dépasse le niveau de participation enregistré pendant les cinq années de campagne de Palestine Action, qui avait précédemment abouti à la fermeture de quatre usines d’armes israéliennes.
Le groupe a également confirmé que le transfert de Heba Muraisi à la prison de Bronzefield avait été accepté, mettant fin à son isolement de sa famille et de ses amis à la prison de Newhall.
Teuta Hoxha s’est vu proposer une rencontre avec le chef de la Joint Extremism Unit, l’organisme chargé de superviser le classement des prisonniers comme « terroristes ».
Plusieurs prisonniers ont commencé à recevoir du courrier qui leur avait été refusé auparavant, l’un d’entre eux ayant reçu des excuses pour un retard de six mois, tandis que des livres sur Gaza et le féminisme, longtemps bloqués, ont enfin été autorisés.
Surtout, la demande des grévistes de la faim en matière de transparence concernant les licences d’exportation d’Elbit a été partiellement satisfaite, le ministère du Commerce ayant divulgué cinq années de données sur les licences à un chercheur indépendant pendant la grève.
« Il s’agissait d’un acte de pure défiance et d’une humiliation pour l’État britannique », a déclaré Prisoners for Palestine, affirmant que la protestation avait révélé l’existence de prisonniers politiques détenus au service d’un régime militaire étranger.
Bien que la grève de la faim ait pris fin, les militants insistent sur le fait que la lutte est loin d’être terminée. « Interdire notre mouvement et emprisonner nos camarades s’est retourné contre eux », a déclaré le groupe.
« L’action directe est bien vivante, et elle chassera Elbit de Grande-Bretagne pour de bon. »
Auteur : Al-Akhbar
* Al-Akhbar est un quotidien arabophone libanais né en 2006, en pleine agression israélienne contre le Liban. Ce journal de référence est dirigé par Joseph Samaha, ancien rédacteur en chef du quotidien libanais As-Safir. Il est l’un des journalistes les plus influents du Libans.Al-Akhbar s'affiche comme anti-impérialiste, nationaliste libanais, en défense de la résistance, et proche de courants marxistes.
15 janvier 2026 – Al-Akhbar – Traduction : Chronique de Palestine

Soyez le premier à commenter