La crise politique aux Pays-Bas illustre la complicité de l’UE dans le génocide

29 août 2025 - Extrait d'une vidéo montrant une jeune femme arrêtée et maltraitée par les flics allemands à Berlin, simplement pour avoir participé à une manifestation pacifique en solidarité avec Gaza.

Par Robert Inlakesh

Les démissions au sein du gouvernement néerlandais à propos des sanctions contre Israël prouvent la complicité de l’UE dans le génocide. Le lobby israélien continue d’exercer son emprise sur de nombreux gouvernements occidentaux et le simple fait qu’un homme politique soit lié à des groupes sionistes est devenu synonyme de corruption et de trahison des intérêts nationaux.

La récente démission du ministre néerlandais des Affaires étrangères, Kaspar Veldkamp, après le refus du gouvernement néerlandais d’imposer des sanctions à Israël, prouve que le gouvernement sait que des crimes de guerre sont commis ; cette preuve s’ajoute à celles de plus en plus nombreuses selon quoi les gouvernements européens agissent à l’encontre de la volonté de leur propre peuple.

La décision du cabinet néerlandais, à la fin de la semaine dernière, d’empêcher que des sanctions soient imposées à Israël, a déclenché un énorme tollé politique. Non seulement le pays se retrouve désormais sans ministre des Affaires étrangères, mais tous les membres du Nouveau contrat social (NSC), parti de centre-droit, ont également démissionné de leurs fonctions au sein du gouvernement.

L’ancien ministre des Affaires étrangères avait récemment imposé des interdictions d’entrée sur le territoire aux ministres israéliens Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, pour avoir encouragé la violence des colons, et révoqué trois permis d’exportation de composants navals militaires israéliens, mais ces mesures ont été jugées insuffisantes par l’opposition néerlandaise.

Pour renforcer l’action des Pays-Bas contre les crimes de guerre israéliens, le ministre des Affaires étrangères a voulu aller plus loin et imposer des sanctions ; malheureusement il a échoué.

Un événement similaire s’est produit au Royaume-Uni, où le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a annoncé l’annulation de 30 des 350 licences d’exportation d’armes vers Israël invoquant le risque qu’ils soient utilisés pour commettre des crimes de guerre. Cette décision a toutefois été critiquée comme étant essentiellement symbolique.

Les Pays-Bas et le Royaume-Uni continuent de vendre des composants pour les avions de combat F-35 israéliens, l’un des nombreux appareils responsables des massacres de civils à Gaza. Pourtant, dans le cas de la Grande-Bretagne, aucun haut responsable du Parti travailliste n’a démissionné en signe de protestation.

Les Pays-Bas sont à la veille d’élections anticipées qui se tiendront en octobre prochain. La démission de Veldkamp nous livre donc deux enseignements principaux. Le premier est qu’elle constitue une reconnaissance par les hauts responsables du fait qu’Israël non seulement viole le droit international, mais que ces violations sont si graves qu’elles justifient la démission d’un membre d’un gouvernement qui refuse de traiter la question.

La deuxième conclusion majeure est que, compte tenu des élections à venir, un parti politique de centre-droit (le NSC, donc) a pris la mesure de la situation et comprend les implications électorales d’une absence d’action significative. D’ailleurs, quand le NSC s’est retiré du débat du cabinet sur les sanctions contre Israël, l’opposition néerlandaise l’a accusé d’abandonner ses engagements et de préférer sauver la face en démissionnant, que de se battre pour obtenir gain de cause.

Au début du génocide perpétré par Israël contre Gaza, le 7 octobre 2023, environ 29 % de la population néerlandaise soutenait la position pro-israélienne de son gouvernement ; un an plus tard, ce chiffre était tombé à seulement 15 %.

Plus révélateur encore, selon les données du sondage Ipsos I&O, réalisé en mai dernier, au moins 47 % des électeurs de centre-droit se sont déclarés opposés à la fourniture d’armes, tandis que seulement 23 % y sont favorables. À gauche, 70 % des électeurs néerlandais s’opposent également à la vente d’armes à Israël.

Les Pays-Bas ont récemment cosigné, avec leurs alliés occidentaux, une lettre qui condamnait la décision d’Israël de mettre en œuvre le projet de colonie E1 en Cisjordanie occupée, qualifié dans le document de violation du droit international.

L’ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères, Veldkamp, avait également essayé, avec d’autres, d’obtenir de l’Union européenne qu’elle suspende son accord commercial stratégique avec Israël, une initiative qui a été bloquée à plusieurs reprises par le gouvernement sioniste allemand.

L’opinion publique à travers le continent européen est favorable aux Palestiniens et opposée à la guerre menée par Israël ; de fait, la grande majorité des sondages montre un soutien multipartite en faveur d’un cessez-le-feu immédiat. Cela a entraîné un changement dans le discours des gouvernements, les pays de l’UE et le gouvernement britannique se sont mis à condamner publiquement Israël, mais leurs menaces ne sont suivies que de mesures symboliques.

Même si, pour l’instant cela n’a pas d’effet concret, le fait est que les partis politiques commencent à prendre en considération l’opinion publique et à comprendre qu’il y aura des conséquences électorales s’ils ne s’opposent pas à Israël.

La position des politiciens européens ne peut donc plus être aussi pro-israélienne et, dans de nombreux cas, leurs électeurs exigent une position ouvertement anti-israélienne.

Le lobby israélien continue d’exercer une emprise sur de nombreux gouvernements occidentaux, mais le simple fait qu’un homme politique soit lié à des groupes sionistes est devenu synonyme de corruption et de trahison de l’intérêt national aux yeux des peuples. Nous assistons donc aux premiers signes d’une pression publique qui transforme l’ensemble du paysage politique, tant à gauche qu’à droite.

Il s’agit là, pour Israël, d’une évolution tout à fait dommageable, que les décennies de propagande et de financement massif du lobby israélien ne pourront pas empêcher ; en fait, son édifice de mensonges est en train de s’effondrer et, désormais, la population dans son ensemble voit clair dans le jeu meurtrier de l’état hébreu.

26 août 2025 – The Palestine Chronicle – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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