Tel Aviv devient-il le nouveau Berlin de l’extrême-droite internationale ?

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Le "bataillon Azov" utilise le symbole nazi Wolfsangel comme logo. Son fondateur, Andriy Biletsky (au centre), a décidé d'interdire le «métissage racial» au Parlement ukrainien. La propagande en ligne du bataillon Azov montre des fusils Tavor sous licence israélienne - Image : Twitter
The New ArabNetanyahu est soumis aux critiques en Israël pour courtiser des alliés politiques qui nient le massacre des communautés juives en Europe durant la seconde guerre mondiale.

L’accueil chaleureux que le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a réservé au premier ministre lituanien cette semaine marque son dernier rapprochement avec les dirigeants de l’Europe de l’Est qui lui ont offert un soutien politique fort tout en faisant la promotion d’une représentation déformée de l’holocauste nazi.

Netanyahu a rencontré mardi le Premier ministre lituanien Saulius Skvernelis. Les deux dirigeants ont souligné les intérêts communs des deux pays.

La Lituanie fait partie d’un groupe d’anciennes nations communistes entraînées dans une vague de révisionnisme à propos de l’ère de la Seconde Guerre mondiale qui cherche à réduire leur culpabilité dans l’Holocauste, en faisant leurs héros des figures connues parmi les nationalistes anti-soviétiques impliquées dans le massacre de Juifs.

En Israël, beaucoup disent que Netanyahou trahit cyniquement la mémoire des victimes.

La Lituanie, par exemple, a joué un rôle de premier plan dans la création d’un « Jour du souvenir » commun à toutes les victimes du totalitarisme, brouillant la distinction entre les crimes des nazis et ceux des communistes qui les ont combattus.

Elle a également fait pression pour qu’une législation interdise la vente de livres qui « déforment l’histoire lituanienne » en citant la collaboration rampante et documentée de la population du pays avec les nazis.

Dernièrement, le gouvernement lituanien a résisté aux appels visant à retirer les différentes plaques commémorant le combattant anti-soviétique Jonas Noreika, malgré les révélations récentes de sa propre petite-fille, Silvia Foti, selon lesquelles il était un antisémite féroce qui avait joué un rôle dans le meurtre de milliers de Juifs.

Presque tous les 200 000 Juifs de Lituanie ont été assassinés dans l’Holocauste.

Lorsque Netanyahu, qui a des racines lituaniennes, s’est rendu à Vilnius l’année dernière, il a félicité le Premier ministre Saulius Skvernelis pour avoir « fait un grand pas en avant pour commémorer les victimes de l’Holocauste » et pour sa lutte contre l’ « antisémitisme moderne ».

« C’est impardonnable. Netanyahu leur donne le feu vert », a déclaré Efraim Zuroff, le chasseur de nazis en chef du Centre Simon Wiesenthal. « C’est comme louer le Ku Klux Klan pour l’amélioration des relations raciales dans le Sud. »

« Nous devons dire la vérité. Nous le devons aux victimes », a-t-il ajouté.

Lors d’une réunion avec le président israélien Reuven Rivlin mardi, M. Skvernelis a déclaré que « la Lituanie tirait les leçons du passé » et « améliorait la vie de la communauté juive et restaurait des sites historiques ».

Lors de la réunion de mardi, Netanyahu a fait preuve de prudence. Il a évoqué les « tragédies du passé » mais en évitant toute critique de la Lituanie moderne, louant « l’esprit d’amitié » et « un pont entre le passé et l’avenir ».

La visite de Skvernelis a lieu une semaine après que Netanyahu ait déroulé de la même manière le tapis rouge au président ukrainien Petro Porochenko, dont le parlement vient de célébrer l’anniversaire de son collaborateur ukrainien de premier plan, Stepan Bandera, durant la seconde guerre.

Une loi régionale a déclaré 2019 « l’année de Stepan Bandera ».

Les forces de Bandera ont combattu aux côtés des nazis et ont été impliquées dans le meurtre de milliers de Juifs.

Alors que Porochenko était en visite en Israël, un autre mémorial était érigé à Kiev pour Symon Petliura, dont les troupes sont impliquées dans des pogroms qui ont massacré jusqu’à 50 000 Juifs après la Première Guerre mondiale.

La présence de Netanyahu en Europe orientale fait partie de sa stratégie plus large consistant à forger des alliances pour contrer les critiques adressées à Israël aux Nations Unies et dans d’autres instances internationales pour son occupation des territoires palestiniens et son traitement des Palestiniens.

Les critiques considèrent qu’il s’agit d’un accord avec le diable. Ils disent que Netanyahu – qui invoque souvent l’Holocauste lorsqu’il s’excite contre l’Iran- ferme les yeux quand il s’agit d’alliés antisémites.

« C’est une manœuvre délibérée qui légitime l’antisémitisme et flirte avec les négationnistes de l’Holocauste », a déclaré Tamar Zandberg, dirigeant du parti dovish Meretz.

Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Netanyahu a également formé une alliance étroite avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a vanté les mérites de Miklos Horthy, dirigeant hongrois de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, qui a introduit des lois antisémites et collaboré avec les nazis.

Orban a également utilisé des propos antisémites contre le philanthrope milliardaire juif américano-hongrois George Soros et a soutenu un musée financé par l’État qui, selon les experts, minimise le rôle des collaborateurs hongrois.utilisé des tropes

31 janvier 2019 – The New Arab – Traduction : Chronique de Palestine