En Syrie, quand la désinformation d’une « guerre civile » sent le gaz…

Réfugiés syriens
La Syrie, véritable terrain d’affrontement pour les superpuissances et les pays de la région, est aujourd’hui un pays dévasté – Photo : courtoisie
Daniel Vanhove – Je ne sais pas quelles sont vos connaissances en stratégie militaire. Et j’avoue humblement que les miennes sont limitées, n’étant pas adepte de la violence et encore moins des conflits armés. Mais avec les années, j’ai quand même observé et appris une chose : c’est qu’en matière de stratégie militaire, l’on ne révèle jamais sa tactique ni ses intentions à son ennemi, misant plutôt sur le secret et l’effet de surprise.

Ben, si vous pensiez comme moi, on avait tout faux ! En effet, la « coalition internationale » (comme nos journaleux l’appellent), se prépare depuis des mois à la graannnde offensive de Mossoul en Irak, devenue capitale de l’EI, pour en chasser Daesh, cet ennemi que nous combattons officiellement, tout en l’armant secrètement – mais, là aussi, c’est un truc qui nous échappe, à nous qui ne comprenons rien à la stratégie des puissants – en diffusant jour après jour les avertissements et les préparatifs en cours à l’intention de ceux qui allaient déguster. Renseignant jusqu’aux plans du déclenchement des hostilités au sol, cartes à l’appui, pour montrer qu’au sud de Mossoul, ce serait officiellement l’armée irakienne soutenue par les USA et la France qui allait opérer, qu’à l’est de Mossoul ce seraient les forces kurdes (Peshmergas) toujours soutenues par les USA et la France, et qu’au nord, ce seraient d’autres forces irakiennes soutenues par la Turquie. Dans les faits, il faut bien sûr retourner ces propositions pour approcher de la vérité. Ben oui, que serait aujourd’hui l’armée irakienne sans les USA et leurs alliés qui l’ont combattue et dévastée depuis des décennies ? Donc, on voit bien qui est à la manœuvre.

Bref, il n’y a qu’à l’ouest que rien n’est prévu. Raisonnablement, vous vous demanderez comme moi, pourquoi… ? Sinon qu’à l’ouest de l’Irak se trouve la Syrie. Ce pays dévasté par cinq années de guerre, où les deux super puissances actuelles du monde – les USA et la Russie – se livrent à une escalade qui pourrait bien finir par embraser jusqu’à l’Europe, voisine de la Syrie en méditerranée, et alliée via l’OTAN aux USA et leurs aventures belliqueuses.

Les forces de Daesh ont donc eu tout le loisir d’organiser leur repli et de se « réfugier » en Syrie depuis qu’elles sont informées des intentions futures de la « coalition internationale ». Et comme le disait il y a quelques jours, Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah libanais : « Washington ne combat pas Daesh, il le déplace… ». Dans quel but ? Sinon à rendre la Syrie encore plus ingouvernable qu’elle ne l’est déjà, à la déstabiliser totalement, et tout faire pour que dans ce chaos généralisé soit enfin renversé Bachar Al Assad dont les Occidentaux veulent la tête, afin de briser cet axe – du mal – qui va du Liban à l’Iran en passant par la Syrie…

A moins que, derrière ce que l’on nous vend officiellement depuis 5 ans d’une « guerre civile », ce soit d’un axe gazier dont il s’agit… ?

Lire l’article d’ObjectifTerre

a1* Daniel Vanhove est Observateur civil et membre du Mouvement Citoyen. Il a publié aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire : Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2004 et La Démocratie mensonge – 2008

Contribution communiquée par l’auteur le 20 octobre 2016