Le plan de Trump : conclusion logique du leurre à « deux États » – Partie 2

Photo : Hanini/Wikipedia
Scène de la Nakba, l'expulsion de Palestine en 1948 de la population autochtone palestinienne par les milices sionistes - Photo : Hanini/Wikipedia

Par Asa Winstanley

Le projet de création d’un état juif en Palestine a toujours été un projet fondamentalement raciste – et le restera tant qu’il durera.

Première partie.

Jusqu’à ce que les milices sionistes expulsent violemment la moitié de la population autochtone en 1948, la Palestine était un pays à majorité non juive.

Par conséquent, la tentative d’imposer une majorité juive par les déplacements de population imposés par la violence était par définition même un acte colonialiste et raciste. Et les premiers penseurs sionistes étaient très explicites à cet égard : lisez les documents des Congrès Sionistes Mondiaux des années 1930 et vous verrez qu’ils qualifient explicitement de « colonial » leur projet en Palestine.

Les discours hypocrites actuels des sionistes de « gauche » sur Trump sont donc tout à fait exaspérants. Le directeur adjoint du groupe sioniste progressiste Yachad, par exemple, écrivant dans The Independent de mercredi, se lamentait que les « vrais amis d’Israël » ne soutiendraient pas ce « plan dangereux » qui « ne sert » aucun des « intérêts » d’Israël.

Une telle duperie mise à part, le texte même du document est en réalité tout à fait fidèle au leurre des deux États.

L’Apartheid en Palestine… Un ensemble de bantoustans éventuellement reliés par des tunnels et des ponts sous haute surveillance, imposés par l’occupant israélien à la population autochtone palestinienne.

Il contient tous les mensonges habituels sur les « compromis difficiles » entre les deux « parties » du « conflit » – plutôt que de présenter la réalité objective sur le terrain d’un mouvement colonial de peuplement violent multipliant les efforts pour la liquidation du peuple autochtone de Palestine.

En outre, il s’appuie explicitement sur le patrimoine de la « gauche » sioniste et les héros racistes de la mythologie sioniste progressiste.

Le document s’épanche sur le fait que le dirigeant du Parti Travailliste israélien et ancien Premier Ministre Yitzhak Rabin « a donné sa vie pour la cause de la paix ». En réalité, ce criminel de guerre raciste a ordonné à ses troupes de « briser les os » des enfants palestiniens en représailles parce qu’ils avaient osé protester contre la dictature militaire lors de la Première Intifada.

Mais les auteurs du document ont raison de faire ressortir les similitudes entre leur plan raciste pour la liquidation du peuple palestinien, et le plan raciste de la « gauche » sioniste pour la liquidation du peuple palestinien.

Il est tout à fait vrai, comme le stipule le document, que Rabin a aussi exigé que de vastes parties de la Cisjordanie soient annexées (« incorporées) à Israël. Surtout, il indique également que Rabin affirmait que les Palestiniens n’obtiendraient qu’une « autonomie civile dans ce qui serait, a-t-il dit, « moins qu’un État » »

Le plan s’appuie donc sur cet héritage toxique pour faire comprendre que quand il utilise les mots « État palestinien » (avec le mot ÉTAT écrit délibérément en lettre capitales) il n’est pas réellement question d’un État palestinien.

Le plan est clair : « Une solution réaliste » imposerait aux Palestiniens « des limites à certains pouvoirs de souveraineté dans les zones palestiniennes (désormais dénommées « État Palestinien ») »

C’est là la véritable signification et l’aboutissement logique de la « solution à deux États ». Il est temps que ceux qui sont solidaires des Palestiniens prennent conscience de cette vérité fondamentale et l’admettent.

Ce qui s’est passé en Palestine au cours des 130 dernières années n’est pas un conflit abstrait, inévitable entre deux « camps » égaux qui peut être résolu par des négociations entre les « parties ».

Israël est un projet colonial de peuplement, raciste, violent, dont le but ultime est l’élimination de la population autochtone afin d’imposer un État ethniquement homogène – le soi-disant État juif.

Comme l’historien palestinien Rashid Khalidi l’a, à juste titre, fait valoir dans le Guardian cette semaine, dans un extrait de son nouveau livre à paraître, des négociations basées sur le faux postulat que les États-Unis sont une sorte de négociateur neutre sont vouées à l’échec.

Au lieu de cela, une nouvelle réalité devra être imposée à Israël ; les droits des Palestiniens sont des droits humains, et en tant que tels ne sont pas négociables. Le droit de vivre hors dictature militaire, avec des droits égaux pour tous garantis par la loi, et le droit au retour pour les réfugiés, sont des droits humains universels.

Ce sont ces droits qui ne peuvent jamais être abrogés, annulés, réduits à néant par négociation, quel que soit le nombre de dirigeants collabos imposés au peuple palestinien.

Malgré 130 années de tentatives ratées pour détruire la cause palestinienne, les Palestiniens eux-mêmes ont refusé de disparaître, de se taire, ou de cesser d’exister et de lutter pour leur liberté.

Le plan de Trump n’est que le dernier de ces efforts infructueux – lui aussi échouera.

Asa Winstanley * Asa Winstanley est un journaliste indépendant basé à Londres qui séjourne régulièrement dans les TPO. Son premier livre “Corporate Complicity in Israel’s Occupation” est publié chez Pluto Press. Voir son site web

31 janvier 2020 – Middle East Monitor – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

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