La liberté pour le scientifique palestinien Ubai Aboudi !

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Hind Shraydeh lors d'un rassemblement pour la libération d'Ubai - Photo : réseaux sociaux

Par Samidoun

Le 10 janvier dernier, une salle comble du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, Massachusetts, a accueilli la troisième conférence internationale des Scientifiques pour la Palestine, une initiative mondiale visant à soutenir les scientifiques palestiniens, en particulier ceux qui se trouvent en Palestine occupée.

Attirant des scientifiques du monde entier, dont neuf scientifiques palestiniens – bien que ceux de Gaza n’aient pas été autorisés à quitter la bande sous blocus – la conférence a souligné la situation actuelle des scientifiques palestiniens ainsi que le rôle des scientifiques à l’échelle internationale dans la fourniture d’une solidarité et d’un soutien universitaire significatifs.

Cependant, les scientifiques de Gaza n’étaient pas les seuls à être absents de force des débats. Ubai Aboudi, directeur exécutif du Centre Bisan pour la recherche et le développement, l’une des organisations à l’origine de la conférence, a été emprisonné en Israël et donc privé de la possibilité de participer à la conférence qu’il a contribué à organiser. Il avait prévu de présenter ses recherches sur la suppression et l’inhibition du développement scientifique palestinien par l’occupation israélienne.

Ubai Aboudi, né et élevé à Bloomington, Indiana, est un proche partenaire de Scientists for Palestine et un citoyen américano-palestinien vivant en Palestine. Au petit matin du 13 novembre 2019, une dizaine de soldats israéliens armés ont envahi le domicile de sa famille à Kufr Aqab, l’emmenant ensuite de sa femme et de ses trois jeunes enfants, Khaled (5 ans), Ghassan et Basel (deux jumeaux de 3 ans).

Ubai a été condamné à la détention administrative sans inculpation ni jugement et a depuis été traduit devant un tribunal militaire israélien, qui a condamné 99,74% des Palestiniens sur la base des ordres militaires israéliens. Alors que le régime israélien d’apartheid souhaitait peut-être l’isoler, la présence et la voix d’Ubai ont été relayées haut et fort lors de la conférence internationale au MIT.

Hind Shraydeh, l’épouse d’Ubai et militante des droits humains à part entière, s’est adressée à la conférence par liaison vidéo. Elle a souhaité la bienvenue aux participants au nom de son mari et a souligné la situation des prisonniers palestiniens, parlant de la torture et des violations graves du droit international. Elle a expliqué comment il lui était interdit d’apporter des livres à son mari et comment les prisonniers se voyaient refuser des visites familiales, en mesures punitives pour avoir défendu leurs compatriotes palestiniens privés de soins médicaux.

« Ubai croit fermement en la défense de la justice et de la solidarité, même s’il doit en payer le prix. Malgré tout, Ubai conserve un bon moral et est optimiste quant à l’avenir de la science dans une Palestine libre », a-t-elle conclu.

19 janvier 2020 – Samidoun.net – Traduction : Chronique de Palestine