Gaza : Israël multiplie les provocations contre la résistance palestinienne

Photo : ActiveStills.org/Mohammed Zaanoun
Funérailles d'un Palestinien abattu par les troupes israéliennes d'occupation le 14 mai 2018, lors de la Grande Marche pacifique pour le Droit au retour - Photo : ActiveStills.org/Mohammed Zaanoun
D’après Al-JazeeraAprès avoir multiplié les provocations meurtrières contre la population civile de Gaza ainsi que contre ses organisations de la résistance, Israël a essuyé un tir de roquettes en provenance de l’enclave soumise à un blocus vieux de 12 ans.

L’armée israélienne a lancé une série de frappes aériennes sur les positions palestiniennes à Gaza après un barrage de tirs de roquettes – le plus important depuis des années – venant de la bande de Gaza, au milieu d’une immense frustration dans l’enclave côtière.

Les avions de combat israéliens ont frappé mardi plus de 35 cibles appartenant au Hamas et au Jihad islamique, selon l’armée israélienne.

Le tir des roquettes et d’obus de mortiers est survenu après que le Jihad islamique ait juré de se venger après une attaque meurtrière contre ses combattants la semaine dernière.

Dans une déclaration, les branches armées du Hamas et du Jihad islamique ont fait savoir que leur « réponse conjointe avec des dizaines de roquettes sur les positions militaires de l’occupation … est une déclaration que ces crimes ne peuvent être tolérés d’aucune façon ».

Les Brigades Al-Qassam et les Brigades Al-Quds ont accusé Israël de « d’agression contre notre peuple », décrite comme « une tentative de détourner l’attention des crimes commis contre nos civils pacifiques ».

Ismail Radwan, un responsable du mouvement Hamas qui administre la bande de Gaza, a déclaré à Al Jazeera qu’Israël avait intensifié les tensions. « Cette escalade est très dangereuse de la part de l’occupation sioniste, et l’occupant est responsable de cette escalade et de ses implications », a expliqué Radwan.

« Les occupants devraient savoir que leurs crimes feront face à la résistance. »

Depuis le 30 mars, au moins 121 Palestiniens non armés ont été assassinés par les forces israéliennes dans des manifestations près de la clôture avec Israël. Par ces rassemblements, les Palestiniens revendiquent leur droit de retourner dans leurs foyers et leurs terres dont leurs familles ont été expulsées lors de l’établissement par la force d’Israël en 1948.

« Il y a beaucoup de frustration ici. Après plus de deux mois de protestations et plus de 100 personnes assassinées, les Palestiniens ne voient aucune fin au blocus de Gaza imposé par Israël », a déclaré Bernard Smith d’Al Jazeera, rapportant depuis Gaza.

Gaza a été soumis à un blocus dévastateur imposé par les Israéliens au cours des 12 dernières années, limitant sévèrement l’accès aux biens de première nécessité et aux équipements nécessaires au maintien des infrastructures.

Mardi, un groupe de Palestiniens a quitté Gaza pour tenter de forcer par bateau le blocus naval israélien.

Le navire, transportant des patients ayant besoin de soins médicaux, des étudiants et des diplômés universitaires en quête de travail, a ensuite été capturé par des navires de guerre israéliens.

Agression délibérée

Les dernières tensions surviennent un jour après que les troupes israéliennes aient assassiné un Palestinien qui aurait approché la clôture de Gaza avec Israël et deux jours après que les tirs de chars israéliens aient tué trois personnes lors d’une attaque contre un poste militaire d’observation du Jihad islamique.

Un dirigeant du Jihad islamique à Gaza a déclaré mardi que « tant qu’il y a occupation, la résistance est un droit légitime pour le peuple palestinien ».

« Tant qu’Israël poursuit son agression, nous avons deux options : les protestations populaires et la résistance pour répondre à l’agression sioniste », a déclaré Khaled al-Batsh.

Plus de deux millions de Palestiniens sont entassés dans la bande de Gaza, une étroite enclave côtière.

Israël a retiré ses troupes et ses colons de Gaza en 2005 mais, prétextant des problèmes de sécurité, l’État sioniste maintient un contrôle strict de ses frontières terrestres et maritimes, ce qui a poussé l’économie à Gaza dans un état d’effondrement.

L’Égypte limite également les mouvements à l’intérieur et à l’extérieur de Gaza sur sa frontière à Rafah.

Les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens sont au point mort depuis 2014 et les colonies israéliennes dans les territoires occupés ne font que s’étendre.

Gaza a connu son conflit le plus important en 2014, quand au moins 2251 Palestiniens, dont la plupart étaient des civils, ont été assassinés. Soixante-six soldats et six civils israéliens ont également été tués par la résistance.

Si l’escalade actuelle doit signifier un retour à la guerre pour Gaza, cela dépend de « la partie israélienne », a déclaré à Al Jazeera Mukhaimer Abu Saada, professeur de sciences politiques à l’université Al Azhar de Gaza.

« Si ces frappes israéliennes se traduisent par de nouveaux tués et une effusion de sang dans le peuple palestinien, je pense que les groupes de la résistance palestinienne n’auront d’autre choix que de répondre à Israël », a-t-il ajouté.

« Les heures et les jours à venir seront très critiques et vont certainement décider si nous nous approchons d’une autre confrontation militaire entre Israël et Gaza. »

30 mai 2018 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine