L’étudiante palestinienne Mays Abu Ghosh soumise à la torture dans les geôles israéliennes

Photo : Al-Qods network
L'étudiante palestinienne en journalisme Mays Abu Ghosh - Photo : Al-Qods network
SamidounL’étudiante palestinienne en journalisme Mays Abu Ghosh s’est entretenue avec des avocats de la Commission palestinienne des affaires des prisonniers. Elle a parlé de la torture et des mauvais traitements subis pendant plus de 30 jours.

Étudiante à l’Université Bir Zeit et originaire du camp de réfugiés de Qalandiya, Mays Abu Ghosh, âgée de 22 ans est écrivain et militante étudiante dont l’action a pour but de faire connaître les luttes des prisonniers politiques palestiniens et des réfugiés palestiniens.

Dans sa déclaration aux avocats, Abu Ghosh a rapporté qu’elle avait été enlevée par les forces d’occupation israéliennes lors d’un raid violent le 29 août 2019, lorsque les soldats armés ont forcé la porte de la maison de sa famille et l’ont envahie, en saccageant ses biens et ceux de sa famille, puis lui ont bandé les yeux, l’ont menottée puis emmenée dans un camp militaire de l’occupation près du barrage de Qalandiya.

Photo : Médias sociaux
Scène du kidnapping de Mays Abu Ghosh au barrage militaire de Qualandya – Photo : Médias sociaux

Pendant qu’elle était détenue à cet endroit, les soldats l’ont traînée violemment sur le sol alors qu’elle était menottée et les yeux bandés, tout en la maudissant et en lui criant des injures au visage.

Plus tard, Mays a été transférée au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh. Elle a été déshabillée et fouillée, puis transférée dans les cellules d’interrogatoire. Elle a rapporté que ses interrogatoires ont duré plusieurs heures à chaque fois, alors qu’elle était enchaînée à une petite chaise à l’intérieur d’une cellule glaciale.

Après six jours, « l’interrogatoire militaire » a commencé avec elle, ce qui comprenait l’utilisation de positions hyper-douloureuses comme la « banane » et le « squattage » ou « fausse chaise » pendant de longues périodes, dans le but de lui arracher une fausse confession.

Image : Samidoun
Cette position impose que le corps du détenu forme un arc extrêmement douloureux au niveau de la poitrine et de l’estomac. Les détenus sont contraints de rester dans cette position plus que ce que le corps peut supporter, jusqu’à ce que leur dos finisse par toucher le sol ou les genoux d’un interrogateur assis derrière eux – Image : Samidoun

Mays a été giflée, battue et privée de sommeil. Cet « interrogatoire militaire » s’est poursuivi pendant trois jours, au cours desquels toutes ces tactiques de torture se sont succédées. Abu Ghosh a raconté qu’à un moment donné, elle avait tenté d’échapper à ses interrogateurs en se recroquevillant dans l’un des coins de la cellule, mais l’interrogateur avait commencé à cogner sa tête contre le mur, la frappant tout en hurlant des obscénités.

Ensuite, ses interrogateurs ont délibérément amené son frère et ses parents dans le but de la forcer à avouer en menaçant de les emprisonner eux aussi.

Son frère âgé de 17 ans a ensuite été condamné à la détention administrative, sans inculpation ni jugement, bien qu’il soit mineur.

Mays a déclaré que les conditions qui prévalaient dans les cellules d’interrogatoire étaient extrêmement difficiles, sans la moindre commodité pour les prisonniers. Les murs sont en béton et rugueux, le matelas est mince, sans housse ni oreiller, et les lumières sont allumées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et des bruits forts et intrusifs forts empêchent constamment les détenus de dormir. Elle a également noté que les repas fournis étaient très médiocres et que des eaux usées entraient dans sa cellule et imprégnaient le matelas.

A un moment donné, un gros rat est entré dans sa cellule, lequel, selon elle, a été intentionnellement amené par les interrogateurs afin de la tourmenter encore davantage. Ses geôliers ont à plusieurs reprises tardé à répondre aux demandes les plus simples, par exemple pour accéder aux toilettes, et ont été à plusieurs reprises provocateurs et moqueurs. Après 30 jours de ce traitement sous interrogatoire, elle a été transférée à la prison de Damon, où elle se trouve encore aujourd’hui, avec ses concitoyennes palestiniennes.

Elle est à présent accusée par les tribunaux militaires israéliens – qui condamnent plus de 99% des détenus palestiniens – d’avoir participé à des activités étudiantes sur le campus de l’Université Bir Zeit. La détention administrative de son frère a de nouveau été renouvelée et il continue d’être emprisonné sans inculpation ni jugement.

Photo : médias sociaux
L’étudiante palestinienne emprisonnée Mays Abu Ghosh a toujours pris fait et cause pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah Georges Ibrahim Abdallah – Photo : médias sociaux

Plus tôt, sa famille de Mays a parlé de son expérience d’avoir été amenée voir Mays durant son interrogatoire, notant que des signes de torture étaient visibles sur son visage et son corps. « Son visage était plein d’ecchymoses et son corps était très pâle. Je ne pouvais pas la serrer dans ses bras à cause de la douleur qu’elle éprouvait sur tout son corps », a rapporté sa mère.

L’association Addameer de soutien aux prisonniers a convoqué une conférence de presse le 23 décembre pour souligner la torture et les mauvais traitements infligés à des prisonniers palestiniens, dont Abu Ghosh.

Mays Abu Ghosh et Samah Jaradat sont deux des nombreux étudiants palestiniens qui sont pris pour cible par l’occupation israélienne, et arrếtés et emprisonnés pour leur implication dans des activités étudiantes sur le campus. Shatha Hassan, présidente du conseil du conseil étudiant de l’Université Bir Zeit, a été condamnée à quatre mois de détention administrative, à une peine d’emprisonnement sans inculpation ni jugement.

Il y a des centaines d’étudiants universitaires palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 80 venant de Bir Zeit.

Le réseau de solidarité des prisonniers palestiniens Samidoun demande instamment la plus large action et mobilisation pour soutenir Mays Abu Ghosh et les étudiants palestiniens emprisonnés par les forces d’occupation israéliennes. Nous exhortons les étudiants du monde entier à organiser des événements, des veillées et des actions d’information pour faire connaître et soutenir la lutte des étudiants palestiniens sous occupation, et nous appelons toutes les personnes de conscience à développer la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. La liberté pour Mays Abu Ghosh et tous les étudiants palestiniens !

2 janvier 2019 – Samidoun – Traduction : Chronique de Palestine

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