Le Droit au Retour des Palestiniens, seule alternative légitime à l’UNRWA

La clé, symbole du Droit au retour - Photo : ActiveStills.org
La clé est un symbole du droit au retour des Palestiniens - Photo : ActiveStills.org
Ramona WadiDepuis que des allégations d’abus et de corruption de la part de certains membres du personnel de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) ont vu le jour, les défenses comme les critiques de l’agence ont épargné l’ONU pour son rôle dans le renouvellement du mandat de l’agence.

En permettant à Israël de poursuivre son expansion coloniale, l’ONU a également favorisé le déséquilibre politique qui a créé environ 5 millions de réfugiés palestiniens. Le droit au retour des Palestiniens a, quant à lui, été privé d’une éventuelle incarnation pour que la spécialité de l’ONU, à savoir les violations des droits de l‘homme, se perpétue, et qu’ainsi l’Organisation puisse créer et manipuler un programme humanitaire.

Le président états-unien Donald Trump peut bien avoir facilité la victimisation des réfugiés palestiniens en décidant de couper les fonds à l’UNRWA, mais bien qu’elle clame l’importance du financement tout en continuant d’exploiter les plus vulnérables de la société palestinienne, l’ONU est loin d’être une figure de proue lorsqu’il s’agit de protéger les réfugiés palestiniens. Sa solution pour palier les dysfonctionnements organisationnels et structurels de l’UNRWA a consisté à consulter des ONG israéliennes.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU a demandé à des ONG pro Israël de lui « soumettre des propositions pour les opérations de l’UNRWA, » a rapporté le quotidien Israël Hayom. Comment une puissance coloniale – celle qui par son existence même a créé les réfugiés palestiniens – peut-elle être habilitée à participer à la prise de décisions qui ont une incidence directe sur la population qu’elle a dépossédée ?

Quelques jours plus tôt, le même quotidien publiait un article dont l’objet principal était le mandat de l’UNRWA. Il citait l’ambassadeur israélien auprès des Nations Unies, Danny Danon : « Tant que l’URNWA ne sera pas définitivement fermée, nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour accroître la surveillance dont elle fait l’objet. » L’UNRWA, a-t-il déclaré, « utilise des fonds internationaux pour diffuser de faux récits contre Israël et évite systématiquement de s’acquitter de la mission pour laquelle elle a été créée. »

Cette affirmation, bien sûr, est en soi « un faux récit », mais l’exceptionnalisme Israélien garantira qu’il sera accepté par les médias et hommes/femmes politiques du courant dominant.

David Bedein du Centre for Near East Policy Research a justifié son implication dans le choix fait pour le « remplacement » de l’UNRWA en citant les supposées aspirations de l’ONU à « résoudre les conflits et œuvrer pour la paix », malgré les nombreuses preuves du contraire fournies par l’action de l’ONU. L’UNRWA, selon Bedein, « a adopté les principes de l’Organisation de Libération de la Palestine – qui aspire à la destruction de l’état d’Israël. »

Voilà un « faux récit » de plus, étant donné qu’en 1993 l’OLP a reconnu le droit d’exister d’Israël, et prône le compromis à deux États, comme l’a affirmé Saeb Erekat il y a quelques jours au colloque de J Street à Washington.

Ce que Guterres met en évidence par sa dernière trahison du peuple palestinien, c’est que les efforts internationaux, tels que le mandat de l’UNRWA, seront désormais soumis aux exigences et diktats d’Israël. L’accusation de corruption qui sévit au sein de l’agence ne doit être portée au compte des préoccupations israéliennes.

Il est, cependant, clair que Guterres, Israël et les États-Unis exploitent ces allégations dans le but d’avancer et trouver comment éradiquer les réfugiés palestiniens du discours international ; quel meilleur moyen d’y parvenir si ce n’est de faire le jeu du complot israélo-américain qui vise à mettre fin à toute référence au droit au retour des Palestiniens.

Les défaillances de l’UNRWA relèvent de la responsabilité internationale. Accorder à Israël l’accès exclusif à un service qui est censé protéger les Palestiniens est à ce jour la pire contribution de Guterres à la violation des droits de l’homme. Israël a colonisé la Palestine et dépossédé les Palestiniens, les laissant à la merci d’une organisation internationale prétendument fondée sur les droits de l’homme et qui maintenant confie le sort d’une population réfugiée à ses oppresseurs.

Il n’y a qu’une seule solution de rechange légitime à l’UNRWA et pas besoin d’une quelconque implication d’une ONG israélienne. Plutôt que de perpétuer la mauvaise gestion des droits politiques des Palestiniens, la communauté internationale doit adopter une position sans équivoque en soutenant et en mettant en œuvre le droit des réfugiés palestiniens au retour en Palestine.

Ramona Wadi* Ramona Wadi est rédactrice au Middle East Monitor où cet article a été publié en premier. Elle contribue régulièrement au PalestineChronicle.com.


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17 novembre 2019 – The Palestine Chronicle – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

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