Aseel Abu Oun, 8 ans, assassinée par un colon israélien…

Photo : Anne Paq/ActiveStills.org
Qu'ils soient tués dans des bombardements ou écrasés par les voitures des colons, pour l'occupant israélien les enfants palestiniens sont des cibles légitimes - Photo : Anne Paq/ActiveStills.org
Lina AlsaafinLes parents doutent que la police israélienne enquête sérieusement sur le meurtre de la fillette de huit ans, dont la maison familiale était sur le point d’être confisquée.

Une fillette palestinienne âgée de huit ans et qui a été écrasée par la voiture d’un colon israélien en Cisjordanie occupée, a été enterrée dimanche.

Aseel Abu Oun a été tuée un jour plus tôt par un colon en voiture, près du village de Foroush Beit Dajan, dans le district de Naplouse.

Elle a été renversée par la voiture alors qu’elle quittait un supermarché vers midi avec une amie.

Le quotidien israélien Haaretz a signalé que la police a arrêté le conducteur du véhicule pour un interrogatoire. Toujours selon Haaretz, la police a déclaré avoir ouvert une enquête mais sans préciser si le colon avait été relâché ou non.

Mais es membres de la famille d’Aseel ont déclaré que l’annonce d’une enquête policière était simplement une tentative du gouvernement israélien de détourner la colère des habitants.

« Nous sommes habitués aux manigances la police israélienne lors des agressions ou attaques de colons contre des Palestiniens », a déclaré à Al Jazeera Jawdat Abu Oun, un parent d’Aseel.

« Nous avons demandé que ce soit un organisme indépendant qui supervise l’enquête, mais nous ne pensons pas que cela aboutisse », a-t-il dit, ajoutant qu’il croyait que le colon avait déjà été libéré.

Tareq Abu Oun, le père de la fillette, a été témoin du moment où Aseel a été renversée et avec l’aide d’autres personnes présentes, il a réussi à empêcher la voiture de s’enfuir.

« Le colon était armé et nous avons confisqué son arme jusqu’à ce que la police israélienne soit arrivée », a déclaré Jawdat.

Alors que les colons sont autorisés à porter des armes en Cisjordanie occupée, les Palestiniens n’ont pas le droit d’être armés.

Aseel espérait un avenir meilleur

La courte vie de la victime a été fortement affectée par l’occupation israélienne.

Après avoir emmené sa famille du village de Jaba jusqu’à Foroush Beit Dajan, Abu Oun a travaillé dans l’agriculture mais a été harcelé de visites et d’ordres constants de l’armée israélienne pour démolir sa maison.

Aref Daraghmeh, un expert en matière de colonisation et de violations israéliennes, a déclaré aux médias locaux qu’il avait visité vendredi cette famille large de 10 membres pour documenter ses souffrances – le jour où les forces israéliennes les ont officiellement informés que leur domicile serait saisi.

« J’ai parlé à Tareq [Abu Oun] des menaces que les autorités israéliennes ont faites pour démolir sa maison et expulser sa famille », a déclaré Daraghmeh. « Aseel était assise sur le sol, tenant des papiers, et était pleine d’espoir pour un avenir meilleur pour elle et sa famille. »

Une porte-parole de la police israélienne a déclaré aux médias que les services d’urgence avaient essayé de réanimer l’enfant, et qu’elle avait été déclarée morte à son arrivée à l’hôpital.

Les violences des colons juifs sur les enfants palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est sous occupation ne sont pas rares et font très rarement l’objet d’enquêtes, même dans des cas mortels.

En 2014, Inas Khalil, âgée de cinq ans, et son amie Touleen Asfour rentraient à la maison de leur école maternelle près d’un village de Ramallah, lorsqu’elles furent renversés par une voiture de colons. Inas est morte quelques heures plus tard.

Il y a deux semaines, quatre garçonnets palestiniens – tous âgés de six ans – ont été gravement blessés lorsqu’un colons a fait rouler sa voiture sur un trottoir dans la ville de Silwan à l’est de Jérusalem, et les a renversés. Les jeunes garçons ont tous été transférés à l’hôpital de Hadassah à Jérusalem.

* Linah Alsaafin, diplômée de l’université de Birzeit en Cisjordanie, est née à Cardiff au pays de Galles et a été élevée en Angleterre, aux États-Unis et en Palestine. Jeune palestinienne , elle écrit pour plusieurs médias palestiniens et arabes – Twitter :@LinahAlsaafin

27 août 2017 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine